Vous venez de perdre votre grand-mère, votre grand-père. Et autour de vous, certains pensent peut-être que c'était « dans l'ordre des choses ». Ce n'est pas ce que vous ressentez. Je le sais.
Asseyez-vous un instant. Vous n'avez rien à expliquer ici.
L'essentiel en 3 points
- La perte d'un grand-parent est un vrai deuil, même quand l'âge ou la maladie l'avaient annoncée. Votre chagrin n'a pas à être justifié.
- En Suisse, plusieurs associations accompagnent le deuil, gratuitement et pour tous : As'trame, Vivre Son Deuil Suisse, les espaces d'écoute cantonaux.
- À côté de l'émotion, il y a des démarches. Vous pouvez les prendre une à une, sans vous presser.
Un deuil qu'on minimise trop souvent
On vous dira qu'il ou elle « a eu une belle vie ». Que « c'est normal, à cet âge ». Ces phrases partent d'une bonne intention. Elles font mal quand même.
Un grand-parent, ce n'est pas seulement quelqu'un d'âgé qui s'en va. C'est souvent une enfance entière. Une cuisine, une odeur, une voix au téléphone le dimanche. Un repère qui était là avant vous et qui vous semblait inébranlable.
Alors si vous pleurez, vous avez raison de pleurer. L'association Vivre Son Deuil Suisse le rappelle avec justesse : savoir que chacun sera un jour confronté à la mort d'un proche ne prépare jamais au séisme émotionnel vécu quand cela arrive vraiment. Personne n'y est prêt.
Quand la maladie avait préparé le terrain
Parfois, la fin était attendue. Une longue maladie, une lente diminution. Vous avez peut-être eu le temps de dire au revoir, et c'est une chance que tout le monde n'a pas.
Mais ce temps-là a son propre poids. Accompagner quelqu'un qui s'éteint, c'est faire un deuil avant le deuil. Et quand le moment arrive, le soulagement et la peine se mêlent d'une façon qui peut vous troubler. C'est humain. Ce n'est pas de la froideur.
En Suisse, les soins palliatifs ne s'arrêtent pas au patient. Selon palliative.ch, ils visent à améliorer la qualité de vie des malades et de leur famille, et soutiennent les proches pendant la maladie comme dans le deuil. L'équipe palliative apporte un accompagnement psychologique, social et spirituel, et continue d'être là au-delà de la phase finale si vous en ressentez le besoin. Des bénévoles formés offrent aussi une présence humaine dans cette période de maladie, de décès et de deuil. Si votre grand-parent a été suivi par une telle équipe, vous pouvez vous tourner vers elle. Si le décès a eu lieu à l'hôpital ou après une longue maladie, ce soutien existait peut-être déjà autour de vous.
Le deuil n'avance pas en ligne droite
Il n'y a pas d'étapes à cocher. Pas de calendrier. Certains jours, vous tiendrez debout. D'autres, une chanson, une photo, une recette suffiront à vous renverser.
C'est ainsi. As'trame, fondation citée par les sites officiels vaudois et genevois, le dit simplement : la perte d'un être cher bouleverse la relation à soi et au monde. Le bouleversement est normal. Vous avez le droit d'être lent, d'être maladroit, de ne pas savoir.
L'État de Vaud, en reprenant l'Organisation mondiale de la santé, rappelle qu'être en bonne santé mentale, c'est pouvoir affronter les sources de stress de la vie, et que cette santé compte tout autant que la santé physique. Demander de l'aide, ce n'est pas faiblir. C'est prendre soin de soi.
Les enfants aussi font leur deuil
Vos enfants ont peut-être perdu leur arrière-grand-parent. Eux aussi ont le droit à leur chagrin, même petit, même exprimé de travers.
As'trame propose des prises en charge adaptées selon l'âge et le nombre de personnes touchées dans l'entourage, ce qui inclut les enfants et les adolescents en deuil. La fondation accompagne chacun dans son contexte familial : en individuel, en famille, en fratrie ou en groupe. Si vous ne savez pas quoi dire à un enfant, c'est une porte vers laquelle vous tourner.
Où trouver du soutien, près de chez vous
Vous n'êtes pas sans soutien, même si vous vous sentez sans soutien.
Le canton de Genève oriente vers des associations et des professionnels spécialisés qui offrent un soutien psychologique et spirituel aux proches : les aumôneries des HUG, la fondation As'trame, l'association AmiVie, et l'espace Médiane avec son groupe deuil « traverser l'absence ». Genève propose aussi des espaces de parole et d'écoute animés par des professionnels, gratuits et ouverts à tous. Y parler, entouré de gens qui traversent les mêmes épreuves, aide à ne pas se sentir isolé.
Vivre Son Deuil Suisse tient une ligne d'écoute pour les personnes ayant perdu un proche, au 079 412 39 63. Vous pouvez appeler quand vous voulez. Juste pour déposer ce qui pèse.
Et les démarches, dans tout ça
Je sais que penser aux papiers, en plein chagrin, semble presque indécent. Pourtant ils sont là, et les laisser de côté trop longtemps ajoute de l'angoisse à la peine.
Le portail officiel ch.ch décrit ce qu'il faut accomplir quand un proche meurt : obtenir l'acte de décès, organiser les obsèques, informer les assurances, la banque, le bailleur. Vous n'avez pas à tout faire aujourd'hui. Vous pouvez avancer une démarche à la fois.
Si votre grand-parent est décédé chez lui, ce premier moment a ses propres gestes : voici que faire et qui appeler en cas de décès à domicile. Pour le fil complet des démarches, je vous ai préparé un guide pas à pas : que faire après le décès d'un proche. Et pour le document que l'on vous réclamera partout, voici comment obtenir l'acte de décès.
Le canton de Genève le formule bien : un cadre apaisé et organisé permet de traverser ces étapes avec un peu plus de sérénité. C'est exactement ce que j'essaie de vous offrir.
Questions fréquentes
Est-ce normal d'être aussi affecté par la perte d'un grand-parent ?
Oui, profondément normal. Un grand-parent porte souvent une part de notre enfance et de notre histoire. La douleur ne se mesure pas à l'âge de la personne partie. Si certains minimisent votre chagrin, écoutez plutôt ce que vous ressentez vraiment. Votre deuil est légitime.
Où trouver de l'aide pour traverser ce deuil en Suisse ?
Plusieurs associations accompagnent le deuil, gratuitement. La fondation As'trame reçoit en individuel, en famille ou en groupe. Vivre Son Deuil Suisse propose une ligne d'écoute au 079 412 39 63. À Genève, des espaces de parole animés par des professionnels sont ouverts à tous, et le canton oriente vers des structures comme les aumôneries des HUG ou l'association AmiVie.
Comment aider un enfant qui a perdu son arrière-grand-parent ?
Laissez-le exprimer sa peine à sa façon, sans la corriger. La fondation As'trame accompagne spécifiquement les enfants et les adolescents en deuil, avec des approches adaptées à leur âge. Vous pouvez la solliciter si vous ne savez pas comment aborder le sujet ou si votre enfant semble très affecté.
Faut-il s'occuper des démarches tout de suite ?
Pas tout en même temps. Certains gestes ont des échéances, mais vous pouvez les prendre une à une. Le portail ch.ch liste les premières démarches : acte de décès, obsèques, information des assurances et de la banque. Mon parcours personnalisé vous les présente dans l'ordre, pour avancer sans vous épuiser. Voyez aussi que faire après le décès d'un proche.
Pour aller plus loin
- Faire le deuil de son parent : avancer sans se brusquer
- Décès d'un parent en Suisse : les 1ères démarches
- Décès d'un frère ou d'une sœur (CH) : démarches et deuil
- Deuil anticipé : pleurer avant le départ, c'est normal
- Faire le deuil d'un ami : un chagrin tout aussi légitime
- Que faire après le décès d'un proche en Suisse : par où commencer ?
Sources officielles à consulter
- ch.ch · portail officiel des autorités suisses
- bankingombudsman.ch · recherche d'avoirs bancaires en déshérence
- sfbvg.ch · recherche d'avoirs de prévoyance professionnelle (2e pilier)
- ahv-iv.ch · rentes de survivants AVS (veuve, veuf, orphelin)