Perdre son père ou sa mère, c'est perdre la personne qui vous a vu naître. Je sais ce que ce vide pèse. Je suis là, et nous allons avancer doucement, à votre rythme.

L'essentiel en 3 points

Ce que vous ressentez a un sens

Vous vous demandez peut-être si vous réagissez "comme il faut". Posez cette question de côté.

La colère qui monte sans prévenir. La culpabilité de ce qui n'a pas été dit. La confusion des premiers jours, où le temps n'a plus de forme. Le découragement qui vous coupe les jambes. Tout cela appartient au deuil. Ce ne sont pas des erreurs. Ce sont des passages.

Il n'y a pas de bon ordre, pas de calendrier. Certains jours vous tiendrez debout. D'autres non. Les deux sont vrais.

Le deuil de son parent n'a pas de durée

On vous dira peut-être qu'au bout de quelques mois "ça devrait aller mieux". Cette phrase fait souvent plus de mal que de bien.

L'intensité de votre deuil dépend de la relation que vous aviez avec votre parent. Un deuil normal peut durer très longtemps. Il n'y a pas un seul chemin valable. Le vôtre est le vôtre.

Ce qui change avec le temps, ce n'est pas tant l'absence que la place que vous lui faites. La peine ne disparaît pas. Elle s'apprivoise.

Vivre la souffrance plutôt que la contourner

C'est sans doute la chose la plus difficile à entendre. Il n'y a pas de raccourci. La seule façon de traverser le deuil, c'est de le vivre pleinement, y compris dans sa souffrance.

Cela ne veut pas dire souffrir sans soutien. Cela veut dire ne pas vous forcer à "tourner la page" avant l'heure, ne pas avoir honte de pleurer, accepter de ralentir. Mettre des mots, quand vous le pouvez, sur ce qui vous traverse.

Vers qui vous tourner en Suisse

Quand la nuit est trop longue, vous pouvez appeler La Main Tendue au 143. C'est le premier secours émotionnel le mieux connu de Suisse, accessible de jour comme de nuit, par téléphone, par chat ou par e-mail. L'échange est personnel, anonyme et confidentiel. Le deuil fait partie des motifs pour lesquels on appelle, au même titre que la solitude ou l'angoisse.

Si vous avez besoin de partager votre vécu avec d'autres personnes qui traversent la même chose, l'association Vivre Son Deuil Suisse offre une écoute et organise des groupes de parole et des cafés-deuil. À Genève, l'association Entrelacs propose des rencontres Café-Deuil le premier mardi du mois, et la Ville recense des organismes officiels d'accompagnement.

Si votre parent a été suivi en soins palliatifs, sachez que cet accompagnement ne s'arrête pas au décès : selon palliative.ch, les soins palliatifs soutiennent les proches dans le deuil, et des groupes de bénévoles accompagnent les personnes endeuillées sur le plan émotionnel.

Et si des enfants sont touchés

Si vous portez ce deuil tout en accompagnant vos propres enfants qui perdent un grand-parent, la fondation As'trame accompagne les enfants, les adolescents et les familles après une rupture de lien comme un décès. Elle est présente dans les cantons de Vaud, Genève et Valais.

Quand la peine et les démarches se mélangent

Il y a une chose qui rend le deuil d'un parent particulièrement lourd : la peine arrive en même temps que les démarches. On vous demande des décisions, des papiers, des signatures, alors que vous voudriez seulement vous asseoir.

Vous n'êtes pas obligé de tout faire d'un coup. Certaines choses ont un délai, d'autres peuvent attendre. Si le décès a eu lieu en dehors d'un établissement médicalisé, l'autorité compétente doit en être informée dans un délai de deux jours. Pour le reste, vous avancez pas à pas.

Si vous cherchez à y voir clair sur l'ordre des choses, j'ai préparé des repères calmes : que faire après le décès d'un proche, selon que le décès a eu lieu à domicile ou à l'hôpital, et un guide dédié au décès d'un parent.

Questions fréquentes

Combien de temps dure le deuil d'un parent ?

Il n'existe pas de durée normale. L'intensité dépend du lien que vous aviez avec votre parent, et un deuil sain peut durer très longtemps. Ne laissez personne vous imposer un calendrier. Votre rythme est le bon.

Est-ce normal de ressentir de la colère ou de la culpabilité ?

Oui. La colère, la culpabilité, la confusion et le découragement sont des réactions normales du deuil. Ce ne sont pas des signes que vous vous trompez. Ce sont des passages, et ils ont le droit d'exister.

Vers qui me tourner si je n'arrive plus à porter cette peine ?

En Suisse, vous pouvez appeler La Main Tendue au 143, jour et nuit, de façon anonyme et confidentielle. Vous pouvez aussi rejoindre un groupe de parole ou un café-deuil avec Vivre Son Deuil Suisse ou, à Genève, l'association Entrelacs.

Comment gérer les démarches alors que je suis effondrée ?

Pas tout en même temps. Seul ce qui a un délai presse vraiment ; le reste peut attendre que le moment soit venu. Je peux vous aider à trier ce qui compte avec que faire après le décès d'un proche et, si besoin, comment obtenir l'acte de décès.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

  • ch.ch · portail officiel des autorités suisses
  • bankingombudsman.ch · recherche d'avoirs bancaires en déshérence
  • sfbvg.ch · recherche d'avoirs de prévoyance professionnelle (2e pilier)
  • ahv-iv.ch · rentes de survivants AVS (veuve, veuf, orphelin)
Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.