Il est parti au travail un matin comme les autres. Et il n'est pas revenu. Je sais qu'aucune phrase ne peut tenir face à ça. Vous n'avez pas à comprendre les démarches aujourd'hui, ni demain. Je suis là pour les porter avec vous, dans l'ordre, à votre rythme. Vous lisez cette page parce que quelque chose doit être fait, et vous ne savez pas par où. C'est exactement pour ce moment que j'écris.

L'essentiel en 3 points

Avant tout, prenez soin de vous et des vôtres

Si vous êtes encore dans les toutes premières heures, je vous accompagne pas à pas sur les premiers gestes des 24-48 heures. Un décès brutal sur un lieu de travail entre souvent dans le cadre d'une mort soudaine, avec ses propres règles ; si c'est votre situation, lisez aussi décès soudain : les 48 premières heures. Rien ne presse au point de vous oublier vous-même. Les démarches attendront le temps qu'il faut.

Pourquoi on parle d'accident du travail

Quand une personne est victime d'un malaise lié à la chaleur sur son chantier, pendant ses heures, c'est considéré comme un accident du travail. La loi le définit comme un événement soudain survenu par le fait ou à l'occasion du travail, qui entraîne une lésion (article L411-1 du Code de la sécurité sociale). Et il existe une règle qui vous protège, qu'on appelle la présomption d'imputabilité : dès lors que l'accident s'est produit dans les locaux ou sur le site de l'entreprise, même pendant une pause, le lien avec le travail est présumé. Cela veut dire que vous n'avez pas à démontrer que c'est le travail qui est en cause. C'est l'inverse : c'est à l'assurance, le cas échéant, de prouver le contraire. Gardez cette idée en tête, elle change beaucoup de choses pour la suite.

Ce que l'employeur doit faire, et vite

Vous n'avez pas à organiser tout cela, mais c'est utile de savoir ce qui doit se passer pour pouvoir le réclamer si ce n'est pas fait.

En cas de décès d'un salarié, l'employeur doit informer l'inspection du travail immédiatement, et au plus tard dans les 12 heures qui suivent le décès. S'il ne le fait pas dans ce délai, il s'expose à une amende pouvant aller jusqu'à 1 500 € pour une personne physique, ou 7 500 € pour une personne morale. Cette information doit pouvoir être tracée et datée, par exemple par courrier recommandé ou par email.

L'employeur doit aussi déclarer l'accident du travail à la CPAM, ou à la MSA pour le régime agricole, dans les 48 heures, dimanches et jours fériés non compris. Là encore, le défaut de déclaration dans les délais est sanctionné, jusqu'à 750 € pour une personne physique et 3 750 € pour une personne morale.

Sachez aussi que l'employeur peut émettre des réserves motivées sur le caractère professionnel de l'accident, au moment de la déclaration ou dans les 10 jours par lettre recommandée avec accusé de réception. Cela déclenche une enquête contradictoire de la caisse. Ne vous alarmez pas si cela arrive : la présomption d'imputabilité reste votre point d'appui.

L'enquête qui va s'ouvrir

Quand un accident du travail est grave ou mortel, une enquête est systématiquement ouverte par l'Assurance Maladie et sa branche Risques professionnels. Concrètement, l'employeur reçoit la visite d'un enquêteur de la caisse d'assurance maladie, et parfois d'un préventeur de la caisse régionale. L'inspecteur du travail, de son côté, peut aussi se rendre sur place pour analyser les circonstances. Tout cela peut conduire à un rappel des règles de sécurité, voire à des poursuites si l'employeur a manqué à son obligation de protection. Vous n'avez rien à conduire dans cette enquête. Mais elle existe, et elle travaille aussi pour votre proche.

Je précise un point qui peut vous tenir à cœur sans que vous osiez le dire : depuis le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 oblige l'employeur à intégrer le risque de fortes chaleurs dans son document unique d'évaluation des risques, et à mettre en place des mesures concrètes. Dans le BTP, l'eau potable fraîche doit être fournie en quantité suffisante, avec un minimum de 3 litres par jour et par travailleur en l'absence d'eau courante. Si vous vous demandez si tout cela a été respecté, c'est légitime, et c'est précisément ce que l'enquête a pour mission de regarder.

Combien de temps avant la reconnaissance

La Sécurité sociale dispose de 30 jours pour statuer sur le caractère professionnel de l'accident. Ce délai peut être prolongé de 2 mois supplémentaires si une enquête complémentaire est nécessaire. C'est une attente difficile, je sais. Mais cette reconnaissance ouvre des droits importants pour vous, et c'est pour cela qu'il faut la laisser suivre son cours.

Les droits qui reviennent à votre famille

C'est souvent ici que les familles se sentent perdues, parce que rien ne tombe automatiquement. Il faut demander, et savoir quoi demander. Je vous accompagne en détail dans récupérer l'argent d'un proche décédé, mais voici l'essentiel pour ce cas précis.

La rente d'ayant droit. En cas de décès suite à un accident du travail, le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS a droit à une rente viagère égale à 40 % du salaire annuel du défunt. Cette rente est portée à 60 % du salaire annuel à partir de 55 ans, ou en cas d'incapacité d'au moins 50 %. Les deux premiers enfants ont droit chacun à 25 % du salaire annuel, et à partir du troisième c'est 20 % par enfant ; un enfant orphelin de père et de mère a droit à 30 %, versé jusqu'à 20 ans. Les ascendants peuvent aussi percevoir une rente de 10 %, sous conditions. Je ne vous donne pas de montant en euros, parce que ces rentes se calculent sur le salaire de votre proche, et chaque situation est différente. Le principe et les taux viennent des règles officielles (source service-public.gouv.fr). Sachez seulement deux choses : le total versé à l'ensemble des ayants droit ne peut pas dépasser 85 % du salaire annuel, et surtout, cette rente n'est jamais attribuée d'office. Elle doit être demandée par un simple courrier libre auprès de la caisse d'assurance maladie du salarié décédé. C'est un point que beaucoup de familles ignorent, et qui leur coûte cher.

Le capital décès. Le régime général verse un capital décès forfaitaire de 4 009 €, le même quel que soit le salaire (source service-public.gouv.fr). Il est versé en priorité, dans l'ordre, à l'époux ou partenaire de PACS, puis aux enfants, puis aux ascendants. La demande doit être faite dans le mois qui suit le décès pour les bénéficiaires prioritaires, et dans un délai de 2 ans pour les autres. Je détaille tout cela dans le capital décès de la Sécurité sociale. Ce délai d'un mois passe vite quand on est dans la peine, je le rappelle souvent.

Les frais funéraires. Lorsque le décès fait suite à un accident du travail, la CPAM ou la MSA prend en charge les frais funéraires, sur justificatifs et dans la limite prévue par la réglementation. Pensez à conserver toutes les factures.

Les documents que vous allez devoir réunir

Pour faire valoir tous ces droits, vous aurez besoin de l'acte de décès, souvent en plusieurs exemplaires. Je vous explique comment l'obtenir simplement dans obtenir l'acte de décès. Si votre proche a été transporté à l'hôpital avant son décès, certaines démarches diffèrent, et je les détaille dans décès à l'hôpital : que faire.

Questions fréquentes

Un coup de chaleur au travail est-il vraiment reconnu comme un accident du travail ?

Oui. Un événement soudain survenu par le fait ou à l'occasion du travail, qui entraîne une lésion, relève de l'accident du travail (article L411-1 du Code de la sécurité sociale). Un coup de chaleur survenu sur le lieu et le temps de travail entre dans ce cadre. Et grâce à la présomption d'imputabilité, vous n'avez pas à prouver le lien avec le travail dès lors que l'accident s'est produit sur le site de l'entreprise, même pendant une pause.

Que faire si l'employeur n'a pas déclaré l'accident ?

L'employeur doit informer l'inspection du travail dans les 12 heures suivant le décès, et déclarer l'accident à la CPAM ou à la MSA dans les 48 heures. S'il ne le fait pas, il s'expose à des amendes. Vous pouvez contacter directement la caisse d'assurance maladie de votre proche et l'inspection du travail pour signaler le décès. Vos droits ne disparaissent pas parce que l'employeur a tardé.

La rente et le capital décès sont-ils versés automatiquement ?

Non, et c'est important de le savoir. La rente d'ayant droit se demande par courrier libre auprès de la caisse d'assurance maladie du salarié décédé. Le capital décès doit être demandé dans le mois suivant le décès pour les bénéficiaires prioritaires, et dans les 2 ans pour les autres. Sans démarche de votre part, rien ne se déclenche. Je vous guide pour récupérer l'argent d'un proche décédé.

Puis-je contester si la responsabilité de l'employeur est en cause ?

Une enquête est systématiquement ouverte en cas d'accident du travail mortel, par l'Assurance Maladie et parfois par l'inspection du travail. Si un manquement à l'obligation de sécurité est constaté, cela peut conduire à des poursuites. Selon les circonstances, votre famille peut aussi se renseigner sur une éventuelle indemnisation ; je vous oriente dans décès accidentel : indemnisation des proches.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.