Un collègue s'en est allé, et le bureau n'a plus tout à fait la même couleur. Sa place vide, sa tasse, son nom dans la messagerie. C'est un deuil particulier, ni tout à fait intime, ni vraiment lointain. Je reste près de vous le temps de cette page.
L'essentiel en 3 points
- Le décès d'un collègue, sans lien de parenté, ne donne pas droit à un congé de deuil légal en Suisse. Selon la convention collective de travail, l'entreprise peut accorder une demi-journée ou une journée.
- Pour l'équipe, les bons gestes existent : décider comment annoncer la nouvelle, offrir de la flexibilité, une carte collective, du temps pour les obsèques.
- Si le collègue décédé était salarié, l'employeur doit une indemnité à certains survivants et le décès suit les démarches officielles suisses (office de l'état civil sous deux jours).
Apprendre la nouvelle, et ne pas savoir quoi en faire
C'est souvent flou, un deuil de collègue. On hésite. A-t-on le droit d'être triste, alors qu'on ne le voyait qu'au travail ? Oui. On partageait des journées entières, des pauses, des projets. Le lien était réel, même s'il n'avait pas de nom officiel.
En Suisse, le droit privé ne fixe aucun congé pour le décès d'un proche du travailleur. Le nombre de jours dépend de la convention collective de travail, qui prévoit souvent trois jours pour un parent proche, ou du règlement de l'entreprise. C'est l'article 329 al. 3 CO qui parle des congés usuels.
Pour un collègue sans lien de parenté, le congé de deuil légal n'existe pas. Mais selon la convention applicable, l'entreprise peut accorder une demi-journée ou une journée, notamment pour assister aux funérailles. Si vous en ressentez le besoin, demandez-le simplement à votre responsable ou aux ressources humaines.
Quand vous portez une responsabilité dans l'équipe
Si c'est à vous de faire passer la nouvelle, prenez un instant avant. La manière compte autant que les mots. On recommande de penser ces moments en amont, de désigner des personnes-ressources dans l'institution, et de préférer un accompagnement sur mesure aux simples listes à cocher. Chaque situation est singulière.
Quelques gestes concrets que l'entreprise et les collègues peuvent poser : décider ensemble comment annoncer le décès, proposer de la flexibilité horaire à celles et ceux qui sont touchés, envoyer des fleurs ou une carte collective, accorder du temps pour assister aux funérailles. Un accompagnement plein d'empathie aide chacun à revenir au travail plus apaisé.
N'oubliez pas la famille. Une carte signée par l'équipe, un mot sincère, dit beaucoup. Pas besoin de phrases parfaites. La présence suffit.
Si le collègue décédé était votre salarié
Là, des démarches s'ajoutent au chagrin. En cas de décès du travailleur, l'employeur doit verser une indemnité aux survivants : conjoint, partenaire enregistré, enfants mineurs, ou personne envers laquelle le défunt avait une obligation d'entretien. Cette indemnité correspond à un mois de salaire dès le décès, ou deux mois si les rapports de travail ont duré plus de cinq ans. C'est l'article 338 CO.
Côté démarches officielles, la famille s'occupe de l'essentiel, mais sachez le cadre. Lorsque le décès survient en dehors d'un établissement médicalisé, il doit être annoncé à l'office de l'état civil dans un délai de deux jours, par écrit ou en personne, avec l'original du certificat de décès. Pour comprendre l'ensemble du parcours, je vous ai préparé un guide sur que faire après le décès d'un proche et un autre sur comment obtenir l'acte de décès.
Après le décès, la famille doit notamment se procurer le certificat de décès, organiser les obsèques, puis informer les compagnies d'assurances, la banque et le bailleur du défunt. Et, le cas échéant, son employeur. Si c'est vous l'employeur, attendez-vous à recevoir cette annonce et à transmettre rapidement les informations utiles aux proches.
Penser aux proches, au-delà du dernier salaire
Les survivants ont parfois des droits qu'ils ignorent. L'AVS verse des rentes de survivants, rente de veuve, de veuf ou d'orphelin, pour éviter aux proches de basculer dans la difficulté financière. La fiche officielle 3.03 du Centre d'information AVS/AI les décrit, et l'Office fédéral des assurances sociales détaille le soutien prévu pour les veuves, veufs et orphelins.
Si la famille vous demande conseil, orientez-la vers les bonnes ressources : la rente de survivants de l'AVS, les droits du conjoint survivant, et la façon de récupérer l'argent d'un proche décédé. Pour les questions fiscales liées à la succession, chaque canton applique ses propres règles : un notaire ou l'autorité fiscale cantonale est l'interlocuteur juste.
Prendre soin de l'équipe qui reste
Le deuil ne s'arrête pas à l'enterrement. Certains parleront beaucoup, d'autres se tairont. Les deux sont normaux. Laissez le temps faire, et offrez des espaces où l'on peut souffler.
Des ressources existent en Suisse. La Croix-Rouge suisse propose des séminaires sur le deuil et des cercles de parole, organisés selon les besoins de chaque canton. L'Association Vivre Son Deuil - Suisse offre écoute et cafés-deuil pour partager son vécu. Les sections romandes de palliative.ch sensibilisent à la fin de vie et au deuil. Et Pro Senectute donne des informations officielles sur les démarches en cas de décès dans la famille.
Questions fréquentes
Ai-je droit à un congé pour le décès d'un collègue en Suisse ?
Pas de congé de deuil légal pour un collègue sans lien de parenté. Le droit privé suisse ne fixe aucun congé pour le décès d'un proche du travailleur. Mais selon la convention collective de travail applicable, l'entreprise peut accorder une demi-journée ou une journée, par exemple pour assister aux funérailles. Demandez-le à votre responsable ou aux ressources humaines.
Que doit l'entreprise aux proches d'un salarié décédé ?
L'employeur doit verser une indemnité aux survivants : conjoint, partenaire enregistré, enfants mineurs, ou personne envers laquelle le défunt avait une obligation d'entretien. Elle équivaut à un mois de salaire dès le décès, ou deux mois si les rapports de travail ont duré plus de cinq ans, selon l'article 338 CO.
Comment annoncer le décès d'un collègue à l'équipe ?
Prenez le temps de décider comment, et idéalement à plusieurs. On recommande d'anticiper ces situations, de désigner des personnes-ressources et de préférer un accompagnement sur mesure aux listes toutes faites. Proposez ensuite de la flexibilité horaire, une carte collective et du temps pour les obsèques.
Vers qui orienter la famille pour les aides financières ?
Vers l'AVS, qui verse des rentes de survivants, rente de veuve, de veuf ou d'orphelin. La fiche officielle 3.03 du Centre d'information AVS/AI les décrit. Pour la succession et la fiscalité, qui varient d'un canton à l'autre, le bon interlocuteur reste un notaire ou l'autorité fiscale cantonale.
Pour aller plus loin
- Que faire après le décès d'un proche en Suisse : par où commencer ?
- Décès à l'hôpital en Suisse : le 1er geste à poser
- Décès à domicile en Suisse : qui appeler en premier
- Récupérer l'argent d'un proche décédé en Suisse
Sources officielles à consulter
- ch.ch · portail officiel des autorités suisses
- bankingombudsman.ch · recherche d'avoirs bancaires en déshérence
- sfbvg.ch · recherche d'avoirs de prévoyance professionnelle (2e pilier)
- ahv-iv.ch · rentes de survivants AVS (veuve, veuf, orphelin)