Vous venez de perdre un proche, et il reste un détail qui revient sans cesse : son téléphone, sa box, son câble continuent de tourner. Tant que personne ne prévient l'opérateur, les prélèvements ne s'arrêtent pas. C'est froid, je sais, mais c'est ainsi que fonctionnent ces contrats. Le bon réflexe est de notifier, pas d'attendre.

Voici comment s'y prendre au Québec et au Canada, opérateur par opérateur. Au décès du titulaire, la résiliation est gratuite et sans pénalité, c'est une protection consommateur. Et si quelqu'un reste dans le logement, mieux vaut souvent transférer le contrat que le résilier. On regarde tout cela ensemble, posément.

L'essentiel en 3 points

Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession au Québec 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.

Le marché télécom canadien et québécois compte quatre opérateurs majeurs : Bell Canada (leader historique), Vidéotron (filiale Québecor, très présent au Québec), Telus (forte présence dans l'Ouest), Rogers (forte présence en Ontario). Plusieurs MVNO complètent l'offre (Fizz, Public Mobile, Lucky Mobile, Chatr). Au décès du titulaire, la résiliation est gratuite et sans pénalité, protection consommateur canadienne.

Les quatre opérateurs majeurs au Québec

Vidéotron, le leader québécois

C'est sans doute le contrat le plus courant si votre proche vivait au Québec.

Bell Canada

Telus

Rogers

Les MVNO et marques low-cost

Votre proche avait peut-être un forfait moins connu. Ces marques appartiennent toutes aux grands opérateurs.

Les démarches, étape par étape

1. Repérer tous les contrats

Commencez par lister ce qui existe : mobile (forfait et appareil), internet, câble TV, téléphonie fixe. Souvent, tout est regroupé en forfaits combinés chez un seul opérateur, par exemple "Internet + Mobile + Câble" chez Vidéotron au Québec. Une seule facture peut donc cacher plusieurs services.

2. Choisir entre résiliation et transfert

C'est la première vraie décision, et elle dépend de qui reste dans le logement.

Option A, la résiliation gratuite.

Option B, le transfert au conjoint survivant ou à un héritier.

3. Réunir les pièces à fournir

4. Rendre le matériel

Récepteur câble, modem, décodeur HD : à restituer dans les 30 jours selon l'opérateur. Une étiquette de retour vous est fournie. En cas de non-restitution, comptez des frais de 100 à 300 $ CAD.

5. Le téléphone du défunt

C'est une particularité canadienne à connaître. Beaucoup d'opérateurs vendaient des smartphones en location-vente sur 24 mois (Tab Vidéotron, Premium Plus Telus, et d'autres). Au décès, vérifiez le statut de l'appareil.

Spécificités canadiennes et québécoises

Le CRTC et la CPRST en cas de litige

Le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) est le régulateur fédéral des télécoms. Si un opérateur vous refuse une résiliation ou réclame des frais injustifiés, un recours est possible auprès du CRTC ou de la CPRST (Commission des plaintes relatives aux services de télécom-télévision).

La Loi sur la protection du consommateur au Québec

Au Québec, en plus des règles fédérales, la Loi sur la protection du consommateur québécoise offre des protections supplémentaires. Pour la résiliation décès : gratuite, sans frais, sans pénalité, quelle que soit la durée d'engagement.

Les forfaits "International"

Beaucoup de Québécois ont des forfaits incluant des minutes vers la France ou les États-Unis (snowbirds en Floride, famille en France). Cela n'a aucun impact sur la résiliation.

Le cas Bell Aliant

Bell Aliant était la filiale Atlantique de Bell, réintégrée à Bell Canada depuis 2014. Si votre proche avait un contrat Bell Aliant historique, les démarches se font via Bell Canada.

Si le défunt vivait hors du Québec

S'il résidait dans une autre province (Ontario, Alberta, et autres) tout en ayant des biens au Québec, les démarches télécom se règlent dans la province de résidence, pas au Québec.

Bonnes pratiques au Québec

  1. Le Directeur de l'état civil peut transmettre automatiquement l'avis de décès à plusieurs ministères et organismes en une seule démarche. Vous n'avez donc pas à fournir l'acte de décès à chacun individuellement.
  2. Vous disposez de 6 mois pour accepter ou refuser la succession, à compter de l'ouverture (date du décès).
  3. Le liquidateur de succession (l'équivalent de l'exécuteur testamentaire en France) est désigné par testament ou élu par les héritiers. Ce n'est pas automatiquement un notaire.
  4. Le Code civil du Québec est spécifique, différent du droit civil français (régime matrimonial société d'acquêts plutôt que communauté, par exemple).
  5. Pas de droits de succession au Canada depuis 1972, mais un gain en capital imposable au décès (impôt sur la plus-value des biens à transmettre).

Quelques repères juridiques québécois

Vous trouverez aussi le portail officiel quebec.ca pour les démarches générales.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour les démarches télécom au Québec

Côté télécom, rien ne presse au point de vous mettre en difficulté. Pour la prestation de décès du RRQ, il n'y a pas de délai strict, mais une demande dans les 60 jours permet un traitement plus rapide. Pour la succession, vous avez 6 mois pour l'accepter ou la refuser.

Le conjoint de fait au Québec a-t-il les mêmes droits que le marié

Non, pas automatiquement. Le conjoint de fait n'a pas de droits successoraux automatiques au Québec. Seul le mariage, ou l'union civile depuis 2002, donne des droits successoraux légaux. Le conjoint de fait peut être désigné bénéficiaire d'une assurance vie ou par testament, mais pas par défaut.

Pourquoi n'y a-t-il pas de droits de succession au Canada

Le Canada a aboli les droits de succession fédéraux depuis 1972. À la place, il existe un gain en capital imposable au décès : les biens sont considérés vendus à leur valeur marchande au jour du décès, et la plus-value est imposable. La résidence principale et les transferts au conjoint survivant en sont exonérés.

Que faire si le défunt résidait hors du Québec mais avait des biens au Québec

C'est une succession interprovinciale ou internationale, donc plus complexe. Le Code civil du Québec s'applique pour les biens immobiliers situés au Québec. Pour les biens meubles, c'est le droit du lieu de résidence du défunt qui s'applique. Dans ce cas, la consultation d'un notaire spécialisé en droit international privé est fortement recommandée.

Pour aller plus loin

→ Vue d'ensemble : toutes les démarches après un décès

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.