Vous venez de perdre un proche, et il reste un détail qui revient sans cesse : son téléphone, sa box, son câble continuent de tourner. Tant que personne ne prévient l'opérateur, les prélèvements ne s'arrêtent pas. C'est froid, je sais, mais c'est ainsi que fonctionnent ces contrats. Le bon réflexe est de notifier, pas d'attendre.
Voici comment s'y prendre au Québec et au Canada, opérateur par opérateur. Au décès du titulaire, la résiliation est gratuite et sans pénalité, c'est une protection consommateur. Et si quelqu'un reste dans le logement, mieux vaut souvent transférer le contrat que le résilier. On regarde tout cela ensemble, posément.
L'essentiel en 3 points
- Les contrats ne se résilient PAS automatiquement au décès, les prélèvements continuent jusqu'à notification.
- Résiliation pour décès = SANS frais ni préavis dans la majorité des contrats (citez le code consommation si nécessaire).
- Si le conjoint survivant reste dans le logement, demander un TRANSFERT du contrat plutôt qu'une résiliation.
Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession au Québec 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.
Le marché télécom canadien et québécois compte quatre opérateurs majeurs : Bell Canada (leader historique), Vidéotron (filiale Québecor, très présent au Québec), Telus (forte présence dans l'Ouest), Rogers (forte présence en Ontario). Plusieurs MVNO complètent l'offre (Fizz, Public Mobile, Lucky Mobile, Chatr). Au décès du titulaire, la résiliation est gratuite et sans pénalité, protection consommateur canadienne.
Les quatre opérateurs majeurs au Québec
Vidéotron, le leader québécois
C'est sans doute le contrat le plus courant si votre proche vivait au Québec.
- Filiale du groupe Québecor.
- Numéro service client : 1-877-380-2611.
- Couverture : tout le Québec, avec une expansion progressive ailleurs au Canada.
- Démarche décès : appel téléphone et courrier recommandé, ou démarche en boutique Vidéotron.
- Le service en français est de bonne qualité, ce qui aide dans un moment où l'on n'a pas envie de se battre avec la langue.
Bell Canada
- Le numéro 1 historique au Canada.
- Numéro service client : 1-866-310-2355.
- Couverture nationale, forte en Ontario et au Québec.
- Démarche décès : passez par le service successions de Bell.
Telus
- Forte présence dans l'Ouest canadien (Alberta, Colombie-Britannique).
- Numéro service client : 1-866-558-2273.
- Présent au Québec, mais moins dominant.
Rogers
- Forte présence en Ontario principalement.
- Numéro service client : 1-888-764-3771.
- Présent au Québec, mais moins implanté.
Les MVNO et marques low-cost
Votre proche avait peut-être un forfait moins connu. Ces marques appartiennent toutes aux grands opérateurs.
- Fizz (filiale Vidéotron, 100 % digital).
- Public Mobile (filiale Telus, low-cost).
- Lucky Mobile (filiale Bell).
- Chatr (filiale Rogers).
- Cooptel (coopérative québécoise).
Les démarches, étape par étape
1. Repérer tous les contrats
Commencez par lister ce qui existe : mobile (forfait et appareil), internet, câble TV, téléphonie fixe. Souvent, tout est regroupé en forfaits combinés chez un seul opérateur, par exemple "Internet + Mobile + Câble" chez Vidéotron au Québec. Une seule facture peut donc cacher plusieurs services.
2. Choisir entre résiliation et transfert
C'est la première vraie décision, et elle dépend de qui reste dans le logement.
Option A, la résiliation gratuite.
- La loi canadienne sur la protection du consommateur prévoit une résiliation gratuite en cas de décès.
- Pas de frais de résiliation anticipée, même en cas d'engagement (contrat à terme).
- Il faudra l'acte de décès et l'identification de la personne qui fait la démarche.
Option B, le transfert au conjoint survivant ou à un héritier.
- Si quelqu'un continue d'habiter le logement.
- C'est une procédure de changement de titulaire.
- Les conditions tarifaires sont généralement conservées.
3. Réunir les pièces à fournir
- Acte de décès, original ou copie.
- Pièce d'identité du déclarant.
- Numéro de compte chez l'opérateur (il figure sur la facture).
- Justificatif de votre qualité de liquidateur ou de votre lien de parenté.
- Document attestant l'autorité du liquidateur, si applicable.
4. Rendre le matériel
Récepteur câble, modem, décodeur HD : à restituer dans les 30 jours selon l'opérateur. Une étiquette de retour vous est fournie. En cas de non-restitution, comptez des frais de 100 à 300 $ CAD.
5. Le téléphone du défunt
C'est une particularité canadienne à connaître. Beaucoup d'opérateurs vendaient des smartphones en location-vente sur 24 mois (Tab Vidéotron, Premium Plus Telus, et d'autres). Au décès, vérifiez le statut de l'appareil.
- Payé intégralement : il devient propriété de la succession, transmissible aux héritiers.
- Encore sous financement : la dette restante intègre la succession, ou l'appareil est rendu à l'opérateur.
Spécificités canadiennes et québécoises
Le CRTC et la CPRST en cas de litige
Le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) est le régulateur fédéral des télécoms. Si un opérateur vous refuse une résiliation ou réclame des frais injustifiés, un recours est possible auprès du CRTC ou de la CPRST (Commission des plaintes relatives aux services de télécom-télévision).
La Loi sur la protection du consommateur au Québec
Au Québec, en plus des règles fédérales, la Loi sur la protection du consommateur québécoise offre des protections supplémentaires. Pour la résiliation décès : gratuite, sans frais, sans pénalité, quelle que soit la durée d'engagement.
Les forfaits "International"
Beaucoup de Québécois ont des forfaits incluant des minutes vers la France ou les États-Unis (snowbirds en Floride, famille en France). Cela n'a aucun impact sur la résiliation.
Le cas Bell Aliant
Bell Aliant était la filiale Atlantique de Bell, réintégrée à Bell Canada depuis 2014. Si votre proche avait un contrat Bell Aliant historique, les démarches se font via Bell Canada.
Si le défunt vivait hors du Québec
S'il résidait dans une autre province (Ontario, Alberta, et autres) tout en ayant des biens au Québec, les démarches télécom se règlent dans la province de résidence, pas au Québec.
Bonnes pratiques au Québec
- Le Directeur de l'état civil peut transmettre automatiquement l'avis de décès à plusieurs ministères et organismes en une seule démarche. Vous n'avez donc pas à fournir l'acte de décès à chacun individuellement.
- Vous disposez de 6 mois pour accepter ou refuser la succession, à compter de l'ouverture (date du décès).
- Le liquidateur de succession (l'équivalent de l'exécuteur testamentaire en France) est désigné par testament ou élu par les héritiers. Ce n'est pas automatiquement un notaire.
- Le Code civil du Québec est spécifique, différent du droit civil français (régime matrimonial société d'acquêts plutôt que communauté, par exemple).
- Pas de droits de succession au Canada depuis 1972, mais un gain en capital imposable au décès (impôt sur la plus-value des biens à transmettre).
Quelques repères juridiques québécois
- Trois types de testaments au Québec : olographe (manuscrit), devant témoins, notarié.
- Le RDPRM (Registre des droits réels) est l'équivalent de la publicité foncière française.
- La publication du testament au registre des notaires québécois est obligatoire après décès si le testament est notarié.
Vous trouverez aussi le portail officiel quebec.ca pour les démarches générales.
Questions fréquentes
Quel est le délai pour les démarches télécom au Québec
Côté télécom, rien ne presse au point de vous mettre en difficulté. Pour la prestation de décès du RRQ, il n'y a pas de délai strict, mais une demande dans les 60 jours permet un traitement plus rapide. Pour la succession, vous avez 6 mois pour l'accepter ou la refuser.
Le conjoint de fait au Québec a-t-il les mêmes droits que le marié
Non, pas automatiquement. Le conjoint de fait n'a pas de droits successoraux automatiques au Québec. Seul le mariage, ou l'union civile depuis 2002, donne des droits successoraux légaux. Le conjoint de fait peut être désigné bénéficiaire d'une assurance vie ou par testament, mais pas par défaut.
Pourquoi n'y a-t-il pas de droits de succession au Canada
Le Canada a aboli les droits de succession fédéraux depuis 1972. À la place, il existe un gain en capital imposable au décès : les biens sont considérés vendus à leur valeur marchande au jour du décès, et la plus-value est imposable. La résidence principale et les transferts au conjoint survivant en sont exonérés.
Que faire si le défunt résidait hors du Québec mais avait des biens au Québec
C'est une succession interprovinciale ou internationale, donc plus complexe. Le Code civil du Québec s'applique pour les biens immobiliers situés au Québec. Pour les biens meubles, c'est le droit du lieu de résidence du défunt qui s'applique. Dans ce cas, la consultation d'un notaire spécialisé en droit international privé est fortement recommandée.
Pour aller plus loin
- Après un décès : résilier Hydro-Québec et Énergir au Québec
- Résilier les abonnements d'un défunt au Québec : la marche à suivre
- Prévenir la banque après un décès au Québec : comment faire
- Débloquer le compte bancaire d'un proche au Québec
- Que faire après le décès d'un proche au Québec : par où commencer ?
- Tous les organismes à prévenir en cas de décès au Québec
- Résilier Koodo Mobile en cas de décès au Canada
- Résilier Crave en cas de décès au Canada : streaming Bell
Sources officielles à consulter
- quebec.ca · portail officiel du gouvernement du Québec
- revenuquebec.ca · succession, déclarations et biens non réclamés
- retraitequebec.gouv.qc.ca · prestation de décès et rente de conjoint survivant (RRQ)
- cnq.org · Chambre des notaires du Québec, recherche testamentaire