Perdre son parent, c'est perdre celui ou celle qui était là avant tout le monde. Je suis Mathilde. Je ne vais pas vous expliquer comment aller mieux. Je vais simplement marcher à côté de vous, à votre rythme.

L'essentiel en 3 points

Ce qui se passe en vous est normal

Quand on apprend la mort d'un parent, quelque chose se casse. La routine qui vous tenait debout s'arrête net. Et le corps, l'esprit, cherchent à se protéger du débordement.

Alors on remet la situation en question. On marchande. On se révolte. Parfois on n'y croit pas du tout, comme si on attendait encore un appel qui ne viendra plus. Ce déni, cette colère, ce ne sont pas des erreurs. Ce sont des mécanismes qui permettent de se rendre compte, peu à peu, de la réalité. Le mental laisse entrer la vérité à petites doses, parce qu'elle est trop lourde d'un seul coup.

Et puis viennent les pleurs. Le repli sur soi. La culpabilité, parfois, qui souffle « j'aurais dû », « je n'ai pas assez ». Ou ce sentiment d'impuissance qui colle à la peau. Tout cela est normal. Et tout cela diminue avec le temps, même quand on a l'impression que ce sera toujours aussi vif.

Le temps ne guérit pas tout, mais il fait son travail

On vous dira « ça ira mieux avec le temps », et sur le moment ça peut sonner creux. Pourtant c'est vrai d'une certaine manière. C'est au fil des mois, pas des jours, que la vie reprend doucement son cours. Un matin, l'envie de rire revient sans prévenir. Un projet refait surface. Vous repensez à votre parent et, pour la première fois, le souvenir réchauffe plus qu'il ne brûle.

Cela ne veut pas dire oublier. Cela veut dire apprendre à porter le manque autrement. À garder un lien vivant avec celui ou celle qui est parti, sans que ce lien vous empêche d'avancer.

Votre rythme est le bon

Il n'existe pas de durée « correcte » pour faire le deuil de son parent. Chaque deuil est singulier. Le vôtre dépend de votre histoire avec lui ou elle, de la manière dont il est parti, de ce qui vous reste à régler aussi.

Si la perte est survenue après une longue maladie, le chagrin peut avoir commencé bien avant le décès, et l'après ressembler parfois à un soulagement coupable. C'est normal aussi. Si elle a été brutale, le déni peut durer plus longtemps. Quel que soit votre cas, vous avez le droit d'être entendu là où vous êtes, dans le respect de votre propre cheminement. Personne ne décide à votre place du moment où vous « devriez » aller mieux.

Quand les démarches s'invitent dans le chagrin

Le deuil ne laisse pas toujours le temps de pleurer tranquille. En Belgique, les papiers arrivent vite, et c'est souvent l'enfant qui s'en occupe. La sécurité sociale belge reconnaît la situation et oriente les proches vers les démarches à mener.

Si vous êtes au tout début, savoir que faire après le décès d'un proche peut alléger un peu la charge mentale. Selon l'endroit où votre parent est parti, le premier pas diffère : voici les repères pour un décès à domicile et pour un décès à l'hôpital. Et si la succession vous inquiète, le notaire reste votre interlocuteur : il calcule les droits, qui sont un impôt régional dépendant du domicile fiscal du défunt et plus élevés entre frères et sœurs qu'en ligne directe. Vous n'avez pas à tout retenir maintenant. Une chose à la fois.

Où trouver du soutien en Belgique

Vous n'êtes pas obligé de tout porter seul. En Wallonie, l'AViQ, l'agence publique pour une vie de qualité, propose des ressources et des professionnels formés à l'accompagnement du deuil.

Partager son vécu avec d'autres personnes endeuillées aide à mieux comprendre le manque. C'est tout le sens des groupes. Espaces PAD propose pour les adultes les « Espaces Coquelicots » : dix rencontres en groupe, en général un soir de semaine de 19h à 21h, tous les quinze jours, animées par deux psychologues. On y vient pour mettre des mots sur l'émotion et retrouver un lien vivant avec le disparu. Si le groupe vous fait peur, sachez qu'Espaces PAD propose aussi des entretiens individuels, en couple ou en famille.

Du côté des soins palliatifs, le soutien ne s'arrête pas à la mort. La Fédération Wallonne des Soins Palliatifs offre un accompagnement du deuil, dont un « Carnet de deuil » pour transformer les émotions par l'expression créative, et des journées sur le chemin du deuil. Au sein des plateformes de soins palliatifs, des psychologues formés vous écoutent par téléphone, en visioconférence ou en présentiel, seul ou en famille.

Demander de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse. C'est se donner les moyens de tenir.

Questions fréquentes

Combien de temps dure le deuil d'un parent ?

Il n'y a pas de durée fixe. Le deuil n'est pas une ligne droite, et chaque deuil est singulier. C'est au fil des mois que la vie reprend petit à petit son cours : l'envie de rire revient, les projets refont surface. Donnez-vous le droit d'aller à votre rythme, sans calendrier imposé.

Est-ce normal de ressentir de la colère ou de la culpabilité ?

Oui. La colère, la révolte, la culpabilité, le sentiment d'impuissance font partie du chemin. Ce sont des émotions normales, des amortisseurs qui aident à se rendre compte peu à peu de la réalité. Elles diminuent avec le temps. Si elles vous submergent, un psychologue formé au deuil peut vous aider à les traverser.

Où trouver de l'aide pour faire mon deuil en Belgique ?

En Wallonie, l'AViQ propose des ressources et des professionnels de l'accompagnement du deuil. Espaces PAD anime des groupes pour adultes, les « Espaces Coquelicots », et des entretiens individuels ou familiaux. Les plateformes de soins palliatifs mettent à disposition des psychologues formés, par téléphone, visioconférence ou en présentiel.

Dois-je m'occuper des démarches tout de suite ?

Les premiers jours, votre chagrin passe avant les papiers. Quelques formalités ont des délais, mais beaucoup peuvent attendre un peu. Pour le décès d'un parent, ces repères vous aident à savoir que faire et à obtenir l'acte de décès sans vous précipiter. Avancez une étape à la fois.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

  • belgium.be · portail officiel des autorités belges
  • finances.belgium.be · déclaration de succession et avoirs dormants (MyMinfin)
  • socialsecurity.be · sécurité sociale et démarches après un décès
  • sfpd.fgov.be · pension de survie et indemnité de funérailles (Service fédéral des Pensions)
  • notaire.be · succession, certificat d'hérédité et déblocage des comptes
Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.