Vous avez perdu un ami. Pas un membre de votre famille au sens où les papiers l'entendent, mais quelqu'un qui comptait. Et autour de vous, parfois, on ne mesure pas. Je suis là. Asseyez-vous une minute avec moi.
L'essentiel en 3 points
- Le deuil d'un ami est un deuil entier. La force de la peine ne se mesure pas au lien de sang.
- En Belgique, des associations et des psychologues accompagnent justement les deuils que l'entourage ne valide pas toujours.
- Mettre la perte en mots, la dire, fait partie du chemin. Vous n'avez pas à traverser ça seul.
Votre peine est légitime, même si on ne vous le dit pas
Il y a des deuils que le monde reconnaît tout de suite. La perte d'un parent, d'un conjoint, d'un enfant. On vous écrit, on vous appelle, on vous laisse du temps. Et puis il y a les autres. La perte d'un ami proche en fait souvent partie. Vous n'avez peut-être pas eu de congé. On vous a peut-être dit, sans méchanceté, « mais ce n'était pas de la famille ». Ces mots-là, ils font mal, parce qu'ils ajoutent un silence à votre chagrin.
En Belgique, l'ASBL Vivre Son Deuil donne le nom juste à ce que vous vivez. On parle de deuils non reconnus, ces deuils que l'entourage ou la société ne valide pas toujours. La perte d'un ami proche se range exactement là. Et la mission de cette association tient en une phrase qui vous concerne : reconnaître et accompagner la souffrance de toute personne touchée par un deuil. Toute personne. Sans hiérarchie du lien. Un ami compte autant qu'un frère.
Alors je vous le dis posément. Ce que vous ressentez n'est pas exagéré. Vous avez le droit à la tristesse, à l'épuisement, à la colère, au vertige. Vous avez le droit de pleurer quelqu'un qui n'était pas inscrit sur votre acte de naissance mais qui était inscrit dans votre vie.
Pourquoi cette perte vous secoue autant
Un ami proche, c'est souvent celui qui connaissait une part de vous que personne d'autre ne connaît. Vos blagues anciennes, vos silences, vos histoires. Quand cette personne s'en va, c'est une partie de votre mémoire qui part avec elle. Personne ne pourra plus rire d'un souvenir précis avec vous de la même façon. C'est une solitude particulière, et elle est réelle.
Il y a aussi ce qu'on n'ose pas toujours dire. Avec un ami, on n'a pas toujours de place officielle. Pas de rang dans la cérémonie, pas de courrier de condoléances, pas de démarches qui occupent les mains. Cette absence de cadre peut donner l'impression de flotter, de ne pas savoir où poser votre peine. C'est normal. L'amitié profonde n'a pas de protocole, mais elle a un poids.
Mettre votre peine en mots
Vivre Son Deuil Belgique le formule avec une grande justesse. Accepter la réalité de la perte, c'est la dire, lui donner la possibilité d'être mise en mots. Tant que la perte reste enfermée à l'intérieur, elle tourne en rond. La dire, à voix haute, à quelqu'un qui écoute vraiment, c'est commencer à lui faire une place.
Cela peut être une lettre que vous écrivez à votre ami, même s'il ne la lira pas. Cela peut être un moment où vous racontez à quelqu'un qui il était, ce qu'il vous a apporté. Cela peut être un groupe où d'autres comprennent sans que vous ayez à vous justifier.
Vers qui vous tourner en Belgique
Vous n'avez pas à faire ça seul, et il existe des ressources pensées exactement pour des deuils comme le vôtre.
Vivre Son Deuil Belgique, ASBL active depuis 1999, propose plusieurs portes d'entrée. Une écoute téléphonique au 0477/96 10 37, du lundi au vendredi. Des groupes de parole pour adultes, des lieux où dire et entendre. Des entretiens individuels. Ses bénévoles sont formés spécifiquement à l'écoute et aux deuils non reconnus, donc à ce que vous traversez.
Du côté de l'AViQ, des psychologues formés à l'accompagnement des personnes endeuillées sont disponibles au sein des Plates-formes de soins palliatifs. Vous pouvez les joindre par téléphone, par vidéoconférence ou en entrevue présentielle. L'accompagnement peut prendre la forme de groupes de parole, d'entretiens individuels ou familiaux, et d'approches plus créatives pour apaiser et exprimer ce qui ne se dit pas avec des mots. L'AViQ oriente aussi vers Vivre Son Deuil, au 010/45.69.92 ou au 0477/96.10.37.
Et si votre ami est parti par suicide, le deuil prend une couleur encore plus lourde, faite de questions sans réponse. Le centre Un Pass dans l'Impasse dispose de psychologues formés à l'écoute des personnes endeuillées par suicide, au 081/777.150. Vous avez le droit de chercher ce soutien-là.
Si votre ami a vécu une longue maladie, sachez que les soins palliatifs en Belgique ne s'arrêtent pas au décès. Ils accompagnent aussi les proches dans le processus de deuil, et ce suivi peut se prolonger après le départ, avec écoute, soutien psychologique et bénévoles disponibles. Vous étiez peut-être à ses côtés jusqu'au bout. Cet accompagnement vous est ouvert aussi.
Quand l'amitié vous a aussi laissé des démarches
Parfois, perdre un ami proche, c'est aussi se retrouver à gérer des choses concrètes, parce qu'il n'y avait personne d'autre, ou parce que vous étiez la personne de confiance. Si c'est votre cas, vous n'avez pas à tout porter de tête. Selon la situation, vous trouverez des repères sur que faire après le décès d'un proche, sur la façon d'obtenir l'acte de décès, ou encore sur ce qui se passe pour débloquer le compte bancaire après un décès. Avancez à votre rythme, une chose à la fois.
Questions fréquentes
A-t-on le droit de faire le deuil d'un ami comme d'un membre de la famille ?
Oui. La profondeur d'un deuil ne se mesure pas au lien de sang ni au statut officiel. En Belgique, Vivre Son Deuil parle de deuils non reconnus pour ces pertes que l'entourage minimise parfois, et sa mission est d'accompagner toute personne touchée par un deuil, sans hiérarchie du lien. Votre peine est entière et elle mérite d'être prise au sérieux.
Vers qui me tourner si mon entourage ne comprend pas ma peine ?
Vous pouvez appeler l'écoute téléphonique de Vivre Son Deuil Belgique, du lundi au vendredi, au 0477/96 10 37. Cette association forme ses bénévoles précisément aux deuils non reconnus. L'AViQ propose aussi des psychologues au sein des Plates-formes de soins palliatifs, joignables par téléphone, vidéoconférence ou en présentiel.
Mon ami est parti par suicide, vers qui me tourner ?
Le centre Un Pass dans l'Impasse dispose de psychologues formés à l'écoute et au soutien des personnes endeuillées par suicide, joignables au 081/777.150. Ce type de deuil porte des questions particulières, et il existe un accompagnement pensé pour ça. Vous n'avez pas à le traverser seul.
Est-ce normal de me sentir aussi seul après cette perte ?
Oui, et cette solitude a une raison. Un ami proche partage souvent une part de votre mémoire que personne d'autre ne connaît. Mettre cette perte en mots, la dire à quelqu'un qui écoute, fait partie du chemin de deuil. Un groupe de parole ou un entretien individuel peut justement briser ce sentiment d'être incompris.
Pour aller plus loin
- Perdre un frère ou une sœur en Belgique : vos démarches
- Deuil anticipé : pleurer avant la perte, le traverser
- Faire le deuil de son parent : le chemin, à votre rythme
- Faire le deuil d'un grand-parent : des repères en douceur
- Que faire après le décès d'un proche en Belgique : par où commencer ?
Sources officielles à consulter
- belgium.be · portail officiel des autorités belges
- finances.belgium.be · déclaration de succession et avoirs dormants (MyMinfin)
- socialsecurity.be · sécurité sociale et démarches après un décès
- sfpd.fgov.be · pension de survie et indemnité de funérailles (Service fédéral des Pensions)
- notaire.be · succession, certificat d'hérédité et déblocage des comptes