L'essentiel en 3 points

Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Belgique 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.

Vous venez de perdre un proche, et voilà que la banque vous annonce que tout est bloqué. Pas seulement le compte du défunt, mais aussi le compte que vous partagiez avec lui. C'est brutal, et c'est l'une des premières choses qui désarçonnent les familles en Belgique. Sachez que ce blocage n'est pas dirigé contre vous. C'est une mesure de protection, et il existe des chemins clairs pour en sortir.

Je vais vous expliquer pourquoi tout se fige, ce que la banque accepte malgré tout de payer dans l'immédiat, comment débloquer les comptes avec le bon document, et les cas un peu particuliers comme le compte joint ou la cohabitation. Vous n'avez pas à tout retenir d'un coup. Vous avancez étape par étape.

Pourquoi tous les comptes sont bloqués

Dès qu'une banque belge apprend le décès d'un de ses clients, elle immobilise la totalité de ses avoirs. Concrètement, cela touche :

L'idée derrière cette règle est de sécuriser l'actif successoral. Tant que les héritiers ne sont pas identifiés et que l'administration fiscale n'a pas connaissance du patrimoine, la banque garde les fonds au repos.

C'est là que la Belgique se distingue nettement de la France, où le compte joint continue généralement à fonctionner. Ici, même le conjoint cotitulaire d'un compte joint perd l'accès aux fonds tant que le déblocage n'est pas formalisé. Si vous comptiez sur ce compte pour les dépenses du quotidien, il faut le savoir tout de suite, pour vous organiser autrement les premiers jours.

Les règles précises sont expliquées sur notaire.be et belgium.be.

Ce que la banque autorise malgré le blocage

La loi a prévu plusieurs ouvertures, pour ne pas vous laisser sans rien. Voici ce qui peut passer.

Le paiement des frais d'obsèques. La banque peut régler directement l'opérateur funéraire, sur présentation de la facture, dans une limite fixée par la loi. Demandez les modalités à votre établissement, elles se ressemblent d'une banque à l'autre mais le détail compte.

Une avance pour le conjoint survivant ou le cohabitant légal. Dans certaines conditions et limites prévues par la loi, le conjoint survivant ou le cohabitant légal peut retirer une partie des fonds avant le déblocage formel, pour couvrir les besoins quotidiens. La somme avancée viendra ensuite s'imputer sur la part successorale.

Le règlement de certaines factures urgentes. Des factures comme des frais médicaux non remboursés ou les dernières factures du défunt peuvent parfois être réglées, sur autorisation expresse de la banque, selon les pratiques de chaque établissement.

En dehors de ces assouplissements, aucune autre opération ne passe sans déblocage formel. Inutile de forcer : mieux vaut consacrer votre énergie au document qui ouvre vraiment la porte.

L'attestation ou l'acte d'hérédité : la clé du déblocage

Pour débloquer les comptes, la banque a besoin d'une preuve officielle de qui sont les héritiers. Deux documents peuvent jouer ce rôle.

L'attestation d'hérédité. Elle est délivrée gratuitement par le bureau Sécurité juridique du SPF Finances (l'ancien bureau d'enregistrement), pour les successions simples : sans testament, sans contrat de mariage, sans héritier mineur ou incapable, et en dessous de certains seuils.

L'acte d'hérédité. Il est délivré par un notaire, et devient obligatoire dans les cas plus complexes : présence d'un testament, d'un contrat de mariage, d'un héritier mineur ou incapable, d'un patrimoine immobilier.

Le bon document dépend de votre situation. Si vous hésitez, commencez par interroger un notaire. Il vous orientera vers la solution adaptée, et souvent la moins coûteuse.

Les autres avoirs à débloquer

Au-delà des comptes courants, votre proche détenait peut-être d'autres avoirs gérés par la banque. Eux aussi sont concernés :

Tout cela devra être inventorié pour la déclaration de succession. Le notaire en charge vous accompagne sur ce point, vous n'êtes pas seul à dresser la liste.

Cas particuliers

Compte joint d'un couple marié. En Belgique, même le conjoint marié cotitulaire perd l'accès au compte au décès. Le déblocage passe par l'attestation ou l'acte d'hérédité. Le conjoint survivant peut bénéficier d'avances, dans les limites légales.

Cohabitation légale enregistrée. Le cohabitant légal est traité de manière proche du conjoint marié pour les avances bancaires, dans les conditions prévues par la loi.

Cohabitation de fait. Là, les facilités d'avance ne sont pas les mêmes. Le déblocage d'un compte joint passe par les héritiers légaux du défunt.

Procuration accordée par le défunt. Toute procuration cesse automatiquement au décès. Une opération réalisée après le décès au moyen de la procuration est en principe annulable.

Compte à l'étranger. Les règles dépendent du pays où se trouve le compte. Les conventions internationales et les règles belges en matière de transmission internationale s'appliquent.

Compte en débit au décès. Les héritiers, ou la succession, restent tenus de la dette, dans la limite des règles successorales.

Patrimoine très important. Au-delà de certains seuils, l'attestation d'hérédité gratuite n'est plus possible, et le notaire reste obligatoire.

Erreurs à éviter

Questions fréquentes

Le compte joint est-il bloqué au décès en Belgique

Oui. Contrairement à la France, tous les comptes du défunt sont bloqués en Belgique, y compris les comptes joints. Le conjoint survivant ne peut plus opérer avant le déblocage formel, via attestation ou acte d'hérédité.

Combien de temps prend le déblocage

Cela dépend de votre dossier. Pour une attestation d'hérédité au bureau Sécurité juridique du SPF Finances, dans les cas simples, comptez quelques jours à quelques semaines. Pour un acte d'hérédité chez le notaire, dans les cas plus complexes, plusieurs semaines à plusieurs mois selon la complexité de la succession.

Puis-je retirer de l'argent pour les obsèques

Oui. La banque peut payer les frais d'obsèques directement à l'opérateur funéraire, sur facture, dans une limite légale. Le conjoint survivant ou le cohabitant légal peut aussi bénéficier d'une avance limitée pour les besoins quotidiens.

Faut-il un notaire dans tous les cas

Non. Pour les successions simples, sans testament, sans contrat de mariage, sans héritier mineur ou incapable, sans bien immobilier et en dessous de certains seuils, l'attestation d'hérédité gratuite du SPF Finances suffit. Dans les autres cas, le notaire est obligatoire.

Pour aller plus loin

→ Vue d'ensemble : toutes les démarches après un décès

Sources officielles à consulter

  • belgium.be · portail officiel des autorités belges
  • finances.belgium.be · déclaration de succession et avoirs dormants (MyMinfin)
  • socialsecurity.be · sécurité sociale et démarches après un décès
  • sfpd.fgov.be · pension de survie et indemnité de funérailles (Service fédéral des Pensions)
  • notaire.be · succession, certificat d'hérédité et déblocage des comptes
Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.