💚 Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession au Québec 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.

Au Québec, le capital d'une assurance-vie est en principe versé directement au bénéficiaire désigné, hors succession. C'est un outil de transmission simple et efficace, particulièrement utile pour protéger un conjoint de fait (qui n'hérite pas automatiquement) ou faire un legs ciblé.

Cet article explique les démarches du bénéficiaire, la fiscalité, la recherche d'un contrat quand on pense être bénéficiaire sans en être sûr, et les cas particuliers.

L'assurance-vie est hors succession

Au décès de l'assuré, le capital est versé au bénéficiaire désigné directement, sans passer par la succession. Cela signifie :

C'est la raison pour laquelle l'assurance-vie est un outil de planification patrimoniale très utilisé au Québec.

Exception : si le bénéficiaire désigné est la succession elle-même, le capital entre dans l'actif successoral et suit les règles ordinaires.

Comment savoir si on est bénéficiaire

Plusieurs pistes :

Dans les papiers du défunt : polices d'assurance, courriers d'assureurs, factures ou prélèvements bancaires vers un assureur.

Auprès de l'employeur du défunt : de nombreuses assurances-vie collectives sont souscrites via l'employeur et auprès d'un assureur de groupe.

Auprès de la banque ou caisse populaire : certains contrats sont adossés à des produits bancaires.

Auprès de la Chambre de la sécurité financière ou des Services de recherche de contrats d'assurance : certaines organisations proposent une recherche centralisée pour les familles.

Dans la déclaration de revenus du défunt : les primes d'assurance-vie peuvent y figurer.

Auprès des proches : un conseiller financier ou un agent avec qui le défunt était en contact peut se souvenir.

Les documents à fournir

Une fois le contrat identifié, l'assureur demande généralement :

L'assureur a un délai maximum pour verser le capital après réception du dossier complet, encadré par la réglementation québécoise.

La fiscalité de l'assurance-vie au Québec

Règles principales :

Pour le bénéficiaire : le capital d'assurance-vie est en principe non imposable pour le bénéficiaire, à la différence des revenus de placement ordinaires.

Pour la succession : si le bénéficiaire désigné est la succession, le capital entre dans l'actif et peut être imposé selon les règles de la succession (notamment impôts sur les gains en capital réputés au décès).

Contrats à valeur accumulée (type universel) : les règles peuvent être plus complexes. Il peut y avoir un impôt sur la croissance du contrat avant le décès, selon les règles fiscales.

Les règles précises sont sur revenuquebec.ca et sur le site de l'Agence du revenu du Canada.

Cas particuliers

Bénéficiaire mineur. Le capital est versé pour son compte. Les représentants légaux administrent les fonds, avec supervision possible du Curateur public du Québec pour les sommes importantes. Voir héritage des enfants mineurs au Québec.

Plusieurs bénéficiaires désignés. Répartition selon la clause (parts égales, pourcentages, nominatif). Si un bénéficiaire est décédé avant l'assuré, sa part suit les règles de la clause (aux autres bénéficiaires ou à ses propres héritiers).

Bénéficiaire introuvable. L'assureur doit rechercher activement. Si le bénéficiaire ne se manifeste pas, les capitaux peuvent être transférés à la Direction des biens non réclamés du Québec après un délai, puis éventuellement à l'État.

Clause ambiguë ou testament révocant la clause. Le Code civil du Québec organise la priorité selon la date des actes. Un notaire éclaire en cas de doute.

Bénéficiaire acceptant du vivant de l'assuré : la désignation peut être irrévocable dans certaines conditions, empêchant l'assuré de la modifier sans accord.

Assurance-vie collective employeur : règles spécifiques selon le contrat-cadre. Le service RH de l'employeur guide.

Bénéficiaire conjoint de fait : protection très utile puisque le conjoint de fait n'hérite pas automatiquement au Québec. La désignation expresse est indispensable.

FAQ

Dans quel délai faut-il réclamer une assurance-vie au Québec ?

Le capital reste dû au bénéficiaire pendant un délai de prescription encadré par la loi québécoise sur les assurances. Il est recommandé de réclamer dès que possible, sans attendre.

L'assurance-vie est-elle imposable pour le bénéficiaire ?

En principe non, le capital d'une assurance-vie classique est non imposable pour le bénéficiaire. Les contrats à valeur accumulée peuvent suivre des règles différentes.

Peut-on être bénéficiaire sans le savoir ?

Oui, c'est fréquent. L'assuré désigne librement son bénéficiaire sans obligation de l'informer. En cas de doute, rechercher auprès de l'employeur, de la banque, et dans les papiers du défunt.

Le conjoint est-il automatiquement bénéficiaire ?

Non, seulement s'il est expressément désigné dans la clause. La clause par défaut peut désigner "mon conjoint" sans le nommer — à vérifier auprès de l'assureur.

Les créanciers du défunt peuvent-ils saisir l'assurance-vie ?

En principe non, puisque le capital est hors succession. Des exceptions existent si des primes manifestement exagérées ont été versées au détriment des créanciers (règles de protection des créanciers).

En résumé

Trois points :

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Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.