Quand on perd quelqu'un, l'énergie de son logement fait partie de ces choses auxquelles on ne pense pas tout de suite. Le compteur, lui, continue de tourner, et les prélèvements aussi. Rien ne s'arrête automatiquement au décès. Tant que personne n'a prévenu le fournisseur, l'argent part du compte du défunt mois après mois.

Voici comment vous y prendre, calmement. On va identifier son fournisseur, choisir entre résilier et transférer, puis envoyer la bonne demande avec les bons documents. La résiliation pour décès est sans frais et sans préavis dans la plupart des contrats. Et si le conjoint reste dans le logement, on transfère le contrat plutôt que de le couper.

L'essentiel en 3 points

Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Belgique 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.

Comprendre le marché belge avant d'appeler

Avant de décrocher le téléphone, ça aide de savoir à qui on a affaire. Le marché belge de l'énergie est ouvert à la concurrence depuis 2007, et plusieurs fournisseurs majeurs se partagent les foyers : Engie Electrabel, l'opérateur historique, Luminus, le challenger principal qui est une filiale d'EDF, puis Eneco, TotalEnergies Belgique, Mega, Bolt et Octa+.

Une particularité à garder en tête, parce qu'elle déroute souvent : le marché est régionalisé. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles ont chacune leur régulateur et leurs spécificités. Ça peut sembler compliqué, mais de votre côté, après un décès, la règle se résume à une phrase. Votre interlocuteur, c'est toujours le fournisseur commercial, jamais le régulateur.

Les régulateurs régionaux belges

Si vous croisez ces sigles dans les papiers de votre proche, sachez juste à quoi ils servent, pour ne pas vous tromper de porte. Contrairement à la France où la CRE et le Médiateur national de l'énergie sont uniques, la Belgique compte 3 régulateurs régionaux et 1 fédéral :

Encore une fois, pour les démarches après décès, ce sont les fournisseurs commerciaux qui sont vos interlocuteurs, pas ces régulateurs.

Retrouver le fournisseur de votre proche

Il arrive souvent qu'on ne sache pas chez qui la personne était abonnée. Pas de panique, plusieurs traces vous mettront sur la voie. Cherchez d'abord une facture papier récente dans son courrier. Regardez ensuite ses prélèvements bancaires, où le nom du créancier apparaît dans le libellé. Jetez aussi un œil au compteur lui-même, qui porte parfois le marquage du fournisseur.

Si vous ne trouvez vraiment rien, il reste un recours. Vous contactez le gestionnaire de réseau de distribution, le GRD, de la commune :

Le GRD ne vend pas l'énergie, mais il sait quel fournisseur est responsable du point de fourniture, ce qu'on appelle le code EAN. Un appel suffit en général à lever le doute.

Les principaux fournisseurs belges et leurs contacts

Voici les coordonnées dont vous aurez besoin, fournisseur par fournisseur. Gardez l'acte de décès à portée de main quand vous appelez, c'est ce qu'on vous demandera en premier.

Engie Electrabel (opérateur historique)

Luminus

Eneco

TotalEnergies Belgique

Mega, Bolt, Octa+

Ce sont des fournisseurs alternatifs plus petits, aux prix souvent compétitifs mais au service client variable. Pour eux, les démarches passent par leurs sites web respectifs.

Les étapes communes, dans l'ordre

Maintenant qu'on sait qui appeler, voici le chemin, pas à pas.

1. Identifier le contrat électricité ET le contrat gaz

C'est une spécificité belge qu'il faut vraiment avoir en tête. Votre proche avait souvent deux contrats distincts, un pour l'électricité et un pour le gaz, parfois même chez deux fournisseurs différents. Vérifiez bien les deux, pour ne rien laisser tourner dans le vide.

2. Choisir : résilier ou transférer

Tout dépend de ce que devient le logement. S'il est vide ou vendu, vous résiliez. Là, c'est gratuit en cas de décès, la loi vous protège. Vous joignez l'acte de décès à un courrier recommandé, vous communiquez le relevé final du compteur, et la facture de solde est émise dans les 6 semaines.

Si au contraire le conjoint ou un enfant continue d'habiter le logement, vous transférez le contrat à cette personne. Pas de coupure d'énergie, le courant ne s'interrompt jamais, et un nouveau contrat est simplement ouvert au nom de celui qui reste.

3. Réunir les pièces à fournir

Rassemblez ces documents avant de lancer la démarche, ça vous évitera des allers-retours :

4. Le cas du compteur intelligent (Smart Meter)

Une chose qui vous simplifie la vie quand elle se présente. La Belgique déploie progressivement les compteurs intelligents, surtout en Flandre, plus lentement en Wallonie. Si votre proche en avait un, le relevé se fait automatiquement à distance. Vous n'avez aucun relevé manuel à transmettre.

Ce à quoi penser quand le logement reste vide

Quand plus personne ne vit sur place, le logement demande quelques précautions de sécurité, et je préfère vous les dire clairement.

Le gaz vient en premier. Une fuite dans un logement vide est un risque majeur, alors fermez la vanne d'arrivée de gaz dès que vous le pouvez si personne ne va plus y vivre. Pour l'électricité, gardez plutôt un contrat minimal actif. Couper complètement vous expose à des frais de remise en service plus tard, de l'ordre de 50 € en moyenne. Quant à l'eau, sa gestion dépend de la commune. En Belgique, la distribution est assurée par les régies communales ou intercommunales : Vivaqua à Bruxelles, la SWDE en Wallonie, De Watergroep en Flandre.

Et le mazout, si le chauffage n'est pas au gaz

Un cas qu'on oublie facilement. Beaucoup de logements belges, surtout en Wallonie rurale, sont chauffés au mazout. Là, il n'y a pas d'abonnement à résilier. Mais votre proche avait peut-être un contrat d'entretien de chaudière, alors pensez à prévenir l'installateur.

Bonnes pratiques en Belgique

Au-delà de l'énergie, quelques repères qui vous éviteront des mauvaises surprises dans la succession.

L'information du décès est transmise automatiquement à la mutualité du défunt via la Banque Carrefour de la sécurité sociale (BCSS). Dans la plupart des cas, vous n'avez donc pas à prévenir la mutualité vous-même. Côté succession, la déclaration se dépose dans les 4 mois après le décès si celui-ci a eu lieu en Belgique, contre 6 mois en France, et ce délai passe à 5 mois si le décès est survenu dans l'EEE, 6 mois hors EEE. Les droits de succession, eux, sont régionalisés : les barèmes diffèrent beaucoup selon la région du défunt, qu'il soit en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles-Capitale, et c'est le notaire qui calcule le montant précis.

Si les comptes sont bloqués, sachez qu'une avance légale de 5 000 € maximum reste débloquable sur les comptes du défunt pour faire face aux dépenses urgentes, un mécanisme proche du L312-1-4 français. Enfin, le notaire n'est pas obligatoire pour les petites successions sans bien immobilier ni testament, contrairement à la France, mais il reste recommandé dès qu'il y a un patrimoine important.

Spécificités juridiques belges à connaître

Trois différences avec la France valent la peine d'être connues. Il n'y a pas de "pension de réversion" comme en France : elle est remplacée par la pension de survie, gérée par le Service fédéral des Pensions, aux conditions différentes. La cohabitation légale, ensuite, n'est pas le PACS français, c'est un statut belge spécifique avec ses propres droits successoraux. Et le registre belge des testaments s'appelle le DAVO (Direction Application Volontés), l'équivalent du FCDDV français.

Pour les démarches générales, vous pouvez aussi consulter le portail officiel belgium.be.

Questions fréquentes

Combien de temps a-t-on pour faire les démarches énergie en Belgique

Pour la déclaration de succession, comptez 4 mois après le décès, avec un mois supplémentaire dans certains cas. Pour la pension de survie, il n'y a pas de délai strict, mais faites la demande dans les meilleurs délais auprès du Service fédéral des Pensions.

La cohabitation légale belge donne-t-elle les mêmes droits que le mariage

Pour certaines prestations sociales, oui, comme la mutualité ou les allocations familiales. Mais pour la pension de survie et la succession, les droits sont différents de ceux du mariage. Vérifiez les conditions précises selon votre statut.

Comment trouver la mutualité du défunt

L'information figure en général sur sa carte d'identité belge (eID), via le système BCSS. Sinon, regardez ses anciens documents médicaux ou demandez à la commune. Les principales mutualités belges sont la Mutualité Chrétienne, Solidaris, Partenamut, la Mutualité Libérale et la Mutualité Neutre.

Quelle différence entre les 3 régions belges pour la succession

Les droits de succession sont régionalisés. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale ont chacune leurs barèmes. Le défunt est rattaché à la région où il avait sa résidence fiscale principale dans les 5 ans précédant le décès. Un notaire belge calcule le montant précis.

Pour aller plus loin

→ Vue d'ensemble : toutes les démarches après un décès

Sources officielles à consulter

  • belgium.be · portail officiel des autorités belges
  • finances.belgium.be · déclaration de succession et avoirs dormants (MyMinfin)
  • socialsecurity.be · sécurité sociale et démarches après un décès
  • sfpd.fgov.be · pension de survie et indemnité de funérailles (Service fédéral des Pensions)
  • notaire.be · succession, certificat d'hérédité et déblocage des comptes
Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.