Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Belgique 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.
Quand on perd un proche, la banque est souvent l'une des premières portes auxquelles on se heurte. Les comptes se ferment d'un coup, et on se retrouve à devoir avancer les frais funéraires sans pouvoir toucher à l'argent qui pourtant existe. C'est une situation que beaucoup de familles découvrent au pire moment.
Je vais vous accompagner pas à pas. On va voir ce qui se passe vraiment au décès du titulaire, comment débloquer une avance pour les dépenses urgentes, quels papiers réunir, et comment s'y prendre avec les principales banques belges. Le système belge a ses propres règles, plus souples qu'en France sur certains points.
Ce qui se passe au décès du titulaire
Dès qu'une banque belge apprend le décès d'un client, elle bloque immédiatement plusieurs choses. Les comptes individuels du défunt d'abord, qu'il s'agisse des comptes courants ou des comptes épargne. Les comptes-titres et les placements ensuite. Et le coffre-fort, qui est scellé.
Les comptes joints, eux, continuent de fonctionner pour le co-titulaire. Attention toutefois aux conditions, qui varient selon les banques : certaines limitent l'accès à 50 % des avoirs en attendant la suite de la succession.
L'avance pour les dépenses urgentes
La loi belge prévoit une bouffée d'air pour ne pas avoir à tout sortir de sa propre poche. Le conjoint marié, le cohabitant légal ou les héritiers peuvent disposer d'une avance sur les comptes du défunt pour faire face aux dépenses urgentes, comme les frais funéraires et les premières factures.
Cette avance est plafonnée à 5 000 €, ou à 50 % des soldes disponibles des comptes communs ou en indivision, en retenant le plus petit des deux montants. Pour l'obtenir, présentez l'acte de décès, votre pièce d'identité et un justificatif de votre lien avec le défunt. Ce mécanisme reprend l'esprit de l'avance française prévue par l'article L312-1-4.
Le certificat d'hérédité, la clé du déblocage
Pour débloquer définitivement les avoirs, la banque réclame un certificat d'hérédité. Ce document atteste deux choses : l'identité des héritiers qui peuvent prétendre aux avoirs, et la confirmation que les héritiers et le défunt n'avaient pas de dettes à la date du décès.
Vous pouvez l'obtenir de deux manières. Le bureau de l'enregistrement du SPF Finances le délivre gratuitement, pour les successions simples. Un notaire belge le délivre aussi, contre paiement, pour les situations plus complexes.
C'est là une vraie différence avec la France. Là où le notaire y est presque incontournable, les héritiers belges peuvent souvent obtenir ce certificat sans notaire, directement au bureau de l'enregistrement, pour les petites successions sans complication.
Les démarches, dans l'ordre
1. Retrouver les banques du défunt
Cherchez les cartes bancaires dans le portefeuille, les relevés dans le courrier, et repérez les prélèvements récurrents qui trahissent un compte actif.
2. Contacter chaque banque
Voici les points d'entrée des principaux établissements :
- BNP Paribas Fortis : déclaration de décès en ligne sur bnpparibasfortis.be/deces
- Belfius : agence locale ou téléphone du service successions
- KBC : agence locale (réseau dense en Flandre)
- ING Belgium : centre client succession
- Argenta : réseau d'agences agents
3. Réunir les pièces
- Acte de décès (original ou copie)
- Pièce d'identité du déclarant
- Justificatif du lien avec le défunt
- Numéro de compte du défunt, si vous le connaissez
- RIB pour l'avance ou le versement final
- Certificat d'hérédité, à fournir une fois obtenu
4. Retrouver tous les comptes avec le PCC
Si vous craignez d'oublier un compte, la Belgique dispose du Point de Contact Central des comptes et contrats financiers (PCC), géré par la Banque Nationale de Belgique. Il recense tous les comptes bancaires belges du défunt. La demande passe par le notaire ou se fait directement. C'est l'équivalent du FICOBA français.
Les frais et le coffre-fort
Les banques belges appliquent des frais de gestion de succession, de l'ordre de 100 à 300 € selon l'établissement et la complexité du dossier. Ils sont prélevés sur l'actif successoral. Certaines banques sont sensiblement plus chères que d'autres sur ce point : le notaire peut vous orienter selon le profil du défunt.
Le coffre-fort, lui, reste scellé dès l'annonce du décès. Il ne s'ouvre qu'en présence du notaire ou de tous les héritiers, sur rendez-vous, avec un inventaire notarié.
Les crédits en cours
Si le défunt avait des crédits hypothécaires ou à la consommation, deux cas se présentent. S'il existe une assurance solde restant dû (ASRD), souscrite la plupart du temps avec le crédit, elle rembourse le solde au décès. Signalez-la sans tarder à la banque pour l'activer. Sans cette assurance, la dette intègre la succession.
Questions fréquentes
Combien de temps a-t-on pour les démarches bancaires en Belgique
Pour la déclaration de succession, comptez 4 mois après le décès, avec un mois supplémentaire dans certains cas. Pour la pension de survie, il n'y a pas de délai strict, mais faites la demande au plus tôt auprès du Service fédéral des Pensions.
La cohabitation légale donne-t-elle les mêmes droits que le mariage
Pour certaines prestations sociales, comme la mutualité et les allocations familiales, oui. Mais pour la pension de survie et la succession, les droits diffèrent de ceux du mariage. Vérifiez les conditions précises selon votre statut.
Comment retrouver la mutualité du défunt
L'information figure en général sur sa carte d'identité belge (eID), via le système BCSS. Sinon, examinez ses anciens documents médicaux ou demandez à la commune. Les principales mutualités sont la Mutualité Chrétienne, Solidaris, Partenamut, la Mutualité Libérale et la Mutualité Neutre.
Pourquoi la succession dépend-elle de la région
Les droits de succession sont régionalisés : la Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale ont chacune leurs barèmes. Le défunt est rattaché à la région où il avait sa résidence fiscale principale dans les cinq ans précédant le décès. Un notaire belge fera le calcul précis.
Bonnes pratiques en Belgique
- L'information du décès est transmise automatiquement à la mutualité du défunt via la Banque Carrefour de la sécurité sociale (BCSS). Dans la plupart des cas, vous n'avez pas à la prévenir vous-même.
- Délai de déclaration de succession : 4 mois après le décès en cas de décès en Belgique, 5 mois si le décès survient dans l'EEE, 6 mois hors EEE.
- Droits de succession régionalisés : les barèmes diffèrent nettement selon la région du défunt (Flandre, Wallonie, Bruxelles-Capitale). Le notaire fait le calcul précis.
- Avance légale de 5 000 € maximum débloquable sur les comptes du défunt pour les dépenses urgentes, dans l'esprit de l'article français L312-1-4.
- Notaire pas obligatoire pour les petites successions sans immobilier ni testament, à la différence de la France. Il reste recommandé dès qu'il y a un patrimoine important.
Spécificités juridiques BE à connaître
- Pas de pension de réversion comme en France : elle est remplacée par la pension de survie (Service fédéral des Pensions), avec des conditions différentes.
- Cohabitation légale ≠ PACS français : c'est un statut belge spécifique, avec ses propres droits successoraux.
- DAVO (Direction Application Volontés) : le registre belge des testaments, équivalent du FCDDV français.
Voir aussi le portail officiel belgium.be pour les démarches générales.
Pour aller plus loin
- Que faire après le décès d'un proche en Belgique : par où commencer ?
- Déblocage du compte bancaire après décès en Belgique
- Compte joint bloqué après un décès en Belgique : que faire
- Déclaration de succession en Belgique : les règles par région
- Droits de succession en Belgique : combien allez-vous payer ?
- La voiture d'un proche décédé en Belgique : que faire (DIV)
- Prévenir Crelan en cas de décès en Belgique : démarches succession
- Abonnements numériques du défunt en Belgique : streaming, presse, cloud
Sources officielles à consulter
- belgium.be · portail officiel des autorités belges
- finances.belgium.be · déclaration de succession et avoirs dormants (MyMinfin)
- socialsecurity.be · sécurité sociale et démarches après un décès
- sfpd.fgov.be · pension de survie et indemnité de funérailles (Service fédéral des Pensions)
- notaire.be · succession, certificat d'hérédité et déblocage des comptes