💚 Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Belgique 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.
En Belgique, tous les comptes du défunt sont bloqués au décès, y compris les comptes joints avec un conjoint, un cohabitant ou un proche. C'est une particularité importante par rapport à la France ou au Québec où le compte joint reste souvent accessible au cotitulaire survivant.
Cet article explique le mécanisme du blocage, les exceptions, le partage du solde, et les démarches.
Pourquoi tous les comptes sont bloqués
Dès information du décès, la banque belge bloque l'ensemble des avoirs détenus par le défunt :
- Comptes individuels
- Comptes joints
- Comptes en indivision
- Coffres bancaires
- Portefeuilles de titres
- Épargnes diverses
L'objectif : sécuriser l'actif successoral le temps que les héritiers soient identifiés et que l'administration fiscale puisse intervenir.
C'est une différence majeure avec d'autres pays où le compte joint continue à fonctionner. En Belgique, même le conjoint cotitulaire perd l'accès aux fonds tant que le déblocage n'est pas formalisé.
Voir notre guide général sur le déblocage compte bancaire après décès en Belgique.
Les exceptions au blocage
La loi prévoit plusieurs assouplissements :
Frais d'obsèques : la banque peut payer directement à l'opérateur funéraire sur présentation de la facture, dans une limite légale.
Avance au conjoint survivant ou cohabitant légal : pour couvrir les besoins quotidiens, dans les conditions et limites légales.
Paiement de certaines factures urgentes : sur autorisation expresse de la banque.
Au-delà, aucune autre opération n'est autorisée sans déblocage formel via attestation ou acte d'hérédité.
Le partage du solde du compte joint
Continuer à utiliser le compte joint (après déblocage) ne signifie pas que le solde appartient entièrement au survivant. La part du défunt entre dans la succession :
- La règle générale est que le solde appartient pour moitié à chacun des cotitulaires
- La moitié appartenant au défunt est intégrée à l'actif successoral
- La présomption peut être renversée si l'un des cotitulaires apporte la preuve que les fonds provenaient majoritairement de lui
Cette démonstration se fait au notaire avec pièces à l'appui.
Le déblocage : attestation ou acte d'hérédité
Pour débloquer les comptes (y compris les comptes joints), la banque exige un :
- Attestation d'hérédité délivrée gratuitement par le bureau Sécurité juridique du SPF Finances pour les successions simples
- Acte d'hérédité délivré par un notaire pour les cas plus complexes (testament, héritier mineur, immobilier, patrimoine significatif)
Voir notre guide sur le déblocage du compte bancaire en Belgique pour le détail.
Cas particuliers
Compte joint conjoint marié. Bloqué au décès comme tous les autres. Avances possibles dans les limites légales.
Compte joint cohabitant légal. Mêmes règles, avec accès aux avances pour le cohabitant survivant dans des conditions similaires.
Compte joint cohabitant de fait. Sans testament, le cohabitant de fait n'est pas héritier. La part du défunt dans le compte revient aux héritiers légaux. Le cohabitant doit restituer s'il avait gardé l'accès.
Procuration accordée par le défunt. Cesse automatiquement au décès. Toute opération via la procuration après le décès est annulable.
Compte joint avec un parent ou un enfant. Mêmes règles. Attention aux présomptions de donation déguisée si le compte a servi à transférer des fonds importants — à examiner avec un notaire.
Compte en débit au décès. La dette est partagée selon les règles civiles ; le survivant peut être tenu de combler une partie.
Compte joint à l'étranger. Règles dépendant du pays de domiciliation et conventions internationales.
Erreurs à éviter
- Vider le compte joint avant l'information à la banque : qualifié de recel successoral, sanctions civiles
- Continuer à utiliser la carte bancaire du défunt : opérations frauduleuses
- Ne pas conserver les justificatifs d'opérations avant et après le décès
- Ne pas informer la banque rapidement : prélèvements continuent
FAQ
Le compte joint conjoint est-il bloqué en Belgique ?
Oui. À la différence de la France, tous les comptes sont bloqués au décès, y compris les comptes joints. Les avances au conjoint sont possibles dans les limites légales.
Combien de temps pour le déblocage ?
Quelques semaines pour une attestation d'hérédité (cas simples), plusieurs semaines à mois pour un acte d'hérédité (cas complexes).
Le conjoint peut-il vider le compte joint après le décès ?
Juridiquement, dès qu'il y a accès, oui — mais la moitié du solde appartient à la succession et devra être restituée. Vider sans en référer = recel successoral.
Le compte joint paie-t-il les obsèques ?
Le cotitulaire peut régler les obsèques après déblocage. Avant déblocage, la banque peut payer directement l'opérateur sur facture dans la limite légale.
Que devient le PEL ou le Livret au nom du défunt ?
Bloqués comme les autres avoirs individuels. Leur valeur entre dans la succession. La banque transmet les modalités à la famille et au notaire.
En résumé
Trois points :
- Le compte joint est bloqué au décès en Belgique, y compris pour le conjoint marié
- Les avances au conjoint et le paiement des obsèques sur facture restent possibles
- Le déblocage passe par l'attestation ou l'acte d'hérédité
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Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr — portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr — déclaration de succession, droits de succession, déclaration de revenus du défunt
- ameli.fr — capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr — pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr/fcddvPublic/ — fichier central des dispositions de dernières volontés