L'essentiel en 3 points
- Les abattements varient selon le lien de parenté : 100 000 € parent-enfant en France, exonération entre époux. Vérifier finances.belgium.be et notaire.be pour les chiffres exacts.
- Le notaire coûte 1 500 à 8 000 € pour une succession simple (émoluments réglementés). Demander un devis écrit avant de mandater.
- En cas de conflit entre héritiers, tenter la médiation avant le partage judiciaire, qui prend 2 à 5 ans et coûte beaucoup plus cher.
Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Belgique 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.
Vous venez de perdre votre conjoint, et on vous demande déjà de comprendre ce à quoi vous avez droit. C'est beaucoup, trop tôt. Je vais rester près de vous et vous expliquer les choses simplement, parce qu'en Belgique vos droits dépendent d'un détail qui change tout : votre statut de couple, marié, cohabitant légal ou cohabitant de fait.
Je vous accompagne sur l'essentiel : ce que la loi vous reconnaît selon votre situation, la protection du logement où vous vivez, la pension de survie, et les démarches à engager dans les semaines qui viennent. Vous n'avez pas à tout retenir aujourd'hui. Avancez à votre rythme.
Marié, cohabitant légal, cohabitant de fait : trois niveaux de protection
Le statut de votre couple au moment du décès change presque tout. C'est dur à entendre, mais mieux vaut le savoir tôt.
Mariage. En tant que conjoint marié, vous êtes héritier légal. La protection est forte : usufruit successoral, droits sur le logement familial, exonération ou taux préférentiels en matière de droits de succession (variables selon la région), pension de survie sous conditions.
Cohabitation légale. Enregistrée à la commune, elle vous donne plusieurs protections : un droit d'usufruit limité au logement familial et à son mobilier, et un alignement fiscal en grande partie sur le conjoint marié dans plusieurs régions.
Cohabitation de fait. Sans enregistrement, elle n'a en principe aucun effet successoral automatique. Le cohabitant de fait n'hérite de rien sans testament, et la fiscalité sur les legs est très défavorable (taux de non-parents).
C'est cette différence qui explique pourquoi tant de couples belges franchissent le pas de la cohabitation légale ou du mariage, ne serait-ce que pour des raisons patrimoniales.
L'usufruit successoral du conjoint marié
S'il y a des enfants, vous recevez en principe l'usufruit de l'ensemble de la succession. Les enfants reçoivent la nue-propriété.
Concrètement, en tant que conjoint survivant, vous :
- Conservez l'usage des biens (vous habitez le logement, vous utilisez les objets)
- Percevez les revenus (loyers, intérêts, dividendes)
- Ne pouvez pas vendre ou donner les biens sans l'accord des nus-propriétaires
- À votre propre décès, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété revient aux enfants
L'usufruit peut être converti en pleine propriété d'une partie des biens, ou en rente, ou en capital, par accord entre vous et les enfants ou par décision judiciaire. Cette conversion est parfois judicieuse en présence d'une famille recomposée ou d'un patrimoine difficile à partager.
S'il n'y a pas d'enfant, vous recevez en principe la totalité de la succession, avec quelques nuances en présence des parents du défunt selon les biens propres ou communs.
Les règles précises sont sur notaire.be.
Le droit au logement familial
C'est souvent la première inquiétude, et l'une des protections les plus importantes. Le conjoint marié et le cohabitant légal bénéficient de droits spécifiques sur le logement familial et son mobilier.
Si vous êtes marié : vous avez l'usufruit du logement familial et du mobilier qui le garnit, qui s'impute sur votre part successorale ou s'y ajoute selon les régimes patrimoniaux.
Si vous êtes cohabitant légal : la loi prévoit un droit d'usufruit limité au logement familial et au mobilier, même en présence d'enfants du défunt issus d'une autre union. C'est une protection forte.
Si vous êtes cohabitant de fait : il n'y a aucun droit légal automatique sur le logement. Votre situation dépend du type de bail (si vous êtes cotitulaire) et d'un éventuel testament. Le maintien dans le logement peut être incertain.
La pension de survie
Indépendamment de la succession, vous pouvez prétendre à une pension de survie versée par le Service fédéral des Pensions (SFP) à partir des cotisations du défunt.
Conditions générales :
- Avoir été marié ou cohabitant légal (selon les régimes ; le mariage reste la condition la plus fréquente)
- Atteindre un âge minimal fixé par la réglementation
- Ne pas dépasser certaines limites de revenus (selon le régime et la situation)
- Ne pas s'être remarié dans certaines hypothèses
Une allocation de transition (anciennement allocation veuvage) peut être versée temporairement aux survivants n'ayant pas encore l'âge de la pension de survie, sous conditions.
Voir notre guide complet sur la pension de survie en Belgique et le portail mypension.be.
Vos démarches, dans l'ordre
Dans les semaines qui suivent, voici ce qu'il y a à faire. Pas tout d'un coup.
- Saisir un notaire pour ouvrir la succession, surtout en présence d'un bien immobilier ou d'un testament
- Vérifier l'existence d'un testament auprès du Registre central des testaments (CRT), via le notaire
- Demander la pension de survie au SFP, ainsi que les pensions complémentaires éventuelles
- Régler la situation bancaire : tous les comptes sont bloqués au décès, y compris les comptes joints. Voir déblocage compte bancaire en Belgique
- Notifier le bailleur si vous êtes locataire, pour clarifier la transmission du bail
- Vérifier les contrats d'assurance-vie souscrits par le défunt
- Vérifier les pensions complémentaires liées à l'employeur du défunt (2e pilier)
- Préparer la déclaration de succession auprès de la région compétente. Voir déclaration de succession en Belgique
Quand votre situation est particulière
Famille recomposée. En présence d'enfants d'unions précédentes, votre usufruit a des conséquences sur ce que recevront les enfants. Une conversion d'usufruit peut éviter les blocages. Le notaire conseille la stratégie adaptée à votre cas.
Conjoint étranger ou mariage célébré à l'étranger. Vérifiez la transcription du mariage sur les registres belges. À défaut, faire valoir vos droits patrimoniaux peut devenir difficile.
Cohabitant légal de longue date. La cohabitation légale enregistrée à la commune suffit pour faire valoir vos droits sur le logement familial et bénéficier d'avantages fiscaux. Sa rupture (séparation, mariage avec un tiers) doit être enregistrée pour produire effet.
Concubin de fait notoire de longue date. Sans enregistrement légal et sans testament, le concubin n'a aucun droit. Rédiger un testament ou enregistrer une cohabitation légale du vivant restent les seules vraies protections.
Conjoint sous administration provisoire. L'administrateur provisoire (judiciaire ou parental) peut être amené à exercer vos droits, sous le contrôle du juge selon les actes envisagés.
Mariage très récent suivi d'un décès rapide. Vous restez héritier légal quelle que soit la durée du mariage, mais la pension de survie peut être soumise à une condition de durée minimale de mariage selon les régimes.
Questions fréquentes
Le conjoint marié hérite-t-il de tout en Belgique
En présence d'enfants, il reçoit en principe l'usufruit de toute la succession, et les enfants reçoivent la nue-propriété. En l'absence d'enfants, il reçoit en principe la totalité, avec quelques nuances selon les biens propres et le contrat de mariage.
Le cohabitant légal a-t-il des droits successoraux
Oui, mais limités : il bénéficie d'un usufruit légal sur le logement familial et son mobilier. Il n'hérite pas du reste du patrimoine, sauf testament en sa faveur.
Le cohabitant de fait peut-il rester dans le logement
Cela dépend. S'il est cotitulaire du bail, oui. Si le défunt était propriétaire, il n'a pas de droit légal automatique et doit négocier avec les héritiers ou s'appuyer sur un testament.
Que se passe-t-il en cas de remariage du conjoint survivant
Le remariage met fin à la pension de survie dans la plupart des régimes belges, sauf exceptions. Vérifiez auprès du SFP. La part successorale déjà reçue n'est pas remise en cause.
Le notaire reste votre interlocuteur central pour faire le point sur votre situation. Vous n'avez pas à tout porter seul.
Pour être accompagné pas à pas, découvrez HelloMathilde : un plan personnalisé qui remet vos démarches dans l'ordre, vous dit qui prévenir et repère l'argent qui peut vous revenir.
Pour aller plus loin
- Pension de survie en Belgique : conditions, montant, démarches
- Déblocage du compte bancaire après décès en Belgique
- Déclaration de succession en Belgique : les règles par région
- Anticiper sa succession en Belgique : donation, testament et droits régionaux
- Droits de succession en Région flamande 2026 : barèmes, abattements et exonérations
- Héritage des enfants mineurs en Belgique : règles et juge de paix
Sources officielles à consulter
- belgium.be · portail officiel des autorités belges
- finances.belgium.be · déclaration de succession et avoirs dormants (MyMinfin)
- socialsecurity.be · sécurité sociale et démarches après un décès
- sfpd.fgov.be · pension de survie et indemnité de funérailles (Service fédéral des Pensions)
- notaire.be · succession, certificat d'hérédité et déblocage des comptes