L'essentiel en 3 points
- Vérifier en premier les contrats du défunt (classeur, espace en ligne, relevés bancaires) pour identifier toutes les prestations dues.
- Faire la demande RAPIDEMENT (dans les 6 mois idéalement), même si le délai légal est plus long.
- L'assurance-vie a un régime fiscal très favorable, 152 500 € exonérés par bénéficiaire en France pour versements avant 70 ans.
Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en France 2026, vue d'ensemble des étapes, lois, délais et fiscalité.
Votre proche avait peut-être une assurance vie. Vous n'en êtes pas sûr, ou vous savez qu'il y en a une mais vous ne savez pas par où commencer. C'est une des démarches les plus simples à régler sur le papier, et pourtant une de celles qui s'enlisent le plus, faute de savoir qui contacter et dans quel ordre.
Je vais vous montrer comment retrouver tous les contrats, comment les déclarer aux assureurs, et comment faire respecter le délai légal de versement. Avancez à votre rythme. Vous n'avez pas besoin de tout faire aujourd'hui.
L'assurance vie ne se range pas avec le reste de la succession
C'est le point qu'on comprend rarement au début, et il change tout. Une assurance vie avec une clause bénéficiaire désignée ne fait pas partie de la succession. Le capital part directement au bénéficiaire que votre proche avait nommé. Pas aux héritiers légaux, sauf s'ils étaient eux-mêmes désignés.
Concrètement, le bénéficiaire peut être quelqu'un qui n'aurait touché aucun héritage par la loi. Un concubin, un ami, une association. Et la fiscalité suit ses propres règles, plus douces que celles de la succession classique. C'est ce que nous verrons plus bas.
Étape 1 : retrouver les contrats de votre proche
Commencez par ce que vous avez sous la main.
- Ses papiers : les contrats d'origine, les courriers annuels des assureurs, les relevés de situation.
- Ses relevés bancaires : repérez les prélèvements récurrents au profit d'un assureur.
- L'AGIRA (Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance). C'est l'organisme central qui interroge tous les assureurs français pour retrouver les contrats d'assurance vie d'une personne décédée. La demande est gratuite, sur agira.asso.fr, avec l'acte de décès. Vous avez une réponse sous 15 jours.
Étape 2 : contacter chaque assureur
Pour chaque contrat retrouvé, vous envoyez à l'assureur :
- l'acte de décès original,
- une copie du contrat si vous l'avez,
- l'acte de notoriété établi par le notaire (il identifie les héritiers et les bénéficiaires),
- la pièce d'identité et le RIB du bénéficiaire désigné,
- le formulaire propre à l'assureur, à lui demander.
Les principaux assureurs vie en France, pour vous repérer :
- AXA (page dédiée à venir)
- CNP Assurances (n°1 en France) (à venir)
- Crédit Agricole Assurances / Predica (à venir)
- Generali, Allianz, Aviva/Aéma, Groupama, MAAF, MACIF, GMF (à venir)
Étape 3 : un mois pour vous verser le capital
Une fois que l'assureur a reçu le dossier complet, la loi lui laisse un mois maximum pour verser le capital. C'est inscrit à l'article L132-23-1 du Code des assurances.
S'il dépasse ce délai, il vous doit des intérêts de retard au taux légal majoré. Cette règle existe pour vous protéger, et elle est solide.
Retenez bien une chose : le mois ne part pas du décès, il part de la réception du dossier complet. S'il manque une pièce, l'assureur peut faire traîner sans être en faute. C'est pour cela que je vous conseille d'envoyer un dossier complet dès le premier courrier, plutôt que de le compléter par morceaux.
Ce que vous paierez, ou pas, en impôts
Le régime de l'assurance vie est nettement plus favorable que celui de la succession classique.
Pour les versements faits avant les 70 ans de votre proche
- Un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (et non par contrat).
- Au-delà, taxation à 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %.
Pour les versements faits après ses 70 ans
- Un abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires et tous contrats confondus).
- Au-delà, le capital rejoint la succession et suit les taux classiques selon votre lien avec le défunt.
- Les plus-values générées par ces versements, elles, restent exonérées.
Le cas du conjoint et du partenaire de PACS
Exonération totale. Aucune fiscalité sur l'assurance vie, quel que soit le montant, et quel que soit l'âge du défunt à la souscription.
Comment je vous accompagne
HelloMathilde vous prépare un plan personnalisé pour cette étape : retrouver tous les contrats d'assurance vie de votre proche (recherche AGIRA et lecture des relevés bancaires), monter chaque dossier de réclamation auprès des assureurs, et faire valoir le délai légal d'un mois si l'un d'eux laisse traîner. Pour comprendre qui touche quoi, lisez aussi notre page sur la clause bénéficiaire d'assurance vie.
Questions fréquentes
Que faire si le défunt n'avait pas désigné de bénéficiaire précis
Si la clause indique "mes héritiers" ou "à défaut, mes héritiers" (la formule par défaut de beaucoup de contrats), le capital est versé selon les règles de la succession, donc aux héritiers légaux, dans les mêmes proportions. Dans ce cas, l'assurance vie perd ses avantages fiscaux et redevient un bien de la succession comme un autre.
Le bénéficiaire peut-il refuser le capital
Oui. Le bénéficiaire désigné peut renoncer au capital. L'assureur applique alors la clause de second rang, souvent "à défaut, mes héritiers". Cette renonciation est écrite et définitive. Elle a parfois un sens, par exemple pour transmettre directement à la génération suivante.
Combien de temps avez-vous pour réclamer
10 ans à compter du décès, selon l'article L132-9-3 du Code des assurances. Passé ce délai, le bénéficiaire perd son droit et le capital revient à l'État, c'est ce qu'on appelle la déshérence. Voilà pourquoi la recherche AGIRA est si importante dès les premières semaines.
L'assurance vie échappe-t-elle aux droits de succession
En grande partie oui, dans la limite des abattements vus plus haut. C'est ce qui fait de l'assurance vie l'outil de transmission préféré en France : le bénéficiaire désigné reçoit un capital largement défiscalisé par rapport aux héritiers classiques.
Que se passe-t-il si l'assureur dépasse le délai d'un mois
Au-delà du mois qui suit la réception du dossier complet, l'assureur vous doit des intérêts de retard : le taux légal majoré de 50 % les deux premiers mois, puis doublé au-delà. Si rien ne bouge, vous pouvez saisir le médiateur de l'assurance, et en dernier recours le tribunal civil.
En 5 étapes : réclamer une assurance vie après un décès
Suivez cette procédure dans l'ordre pour toucher le capital dans les délais légaux.
- Identifier le contrat, interrogez le FCDDV via le notaire ou AGIRA.
- Rassembler les pièces, acte de décès, pièce d'identité, RIB, clause bénéficiaire.
- Notifier l'assureur, lettre recommandée avec accusé de réception ou espace client.
- Suivre le délai, l'assureur a 1 mois après dossier complet (art. L.132-23-1).
- Recevoir le versement et déclarer fiscalement, abattement 152 500 € sous conditions.
Pour aller plus loin
- Récupérer l'argent d'un proche décédé
- Assurance-vie et décès : comment le bénéficiaire doit-il procéder ?
- Assurance-vie et succession : règles fiscales 2026
- Le coût caché d'une succession en France 2026 : ce que personne ne facture
- Que faire après le décès d'un proche : par où commencer dans les premières heures ?
- Droits du conjoint survivant : ce que prévoit la loi en France
- Retrouver un compte bancaire inconnu du défunt en France
- Réclamer l'assurance vie Generali après un décès : agent ou conseiller dédié
Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr · portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr · déclaration de succession, droits de succession, revenus du défunt
- ameli.fr · capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr · pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr · fichier central des dispositions de dernières volontés