On vous a dit qu'une autopsie avait été ordonnée. Et d'un coup, le corps de votre proche ne vous appartient plus. Vous voudriez le veiller, organiser les obsèques, et on vous répond qu'il faut attendre. Je sais à quel point cette attente est dure, surtout quand le départ a déjà été brutal. Je reste là, à côté de vous, et je vous explique calmement ce qui se passe et ce que vous avez le droit de demander.

L'essentiel en 3 points

Pourquoi une autopsie est ordonnée

Quand un médecin coche la case « obstacle médico-légal » sur le certificat de décès, parce que la mort est violente, suspecte ou de cause inconnue, tout s'arrête. Aucune opération funéraire ne peut commencer, et le corps est mis à la disposition de la justice. C'est alors au procureur de la République de décider d'ordonner ou non une autopsie judiciaire. Elle se déroule dans le cadre d'une enquête ou d'une information judiciaire, sous l'autorité du procureur ou d'un juge d'instruction.

Le but n'est pas de tourmenter votre famille. Il est de déterminer les causes et les circonstances du décès. C'est aussi pour cela qu'elle peut être pratiquée même si votre proche s'y était opposé de son vivant. Et elle n'est confiée qu'à un praticien formé en médecine légale, jamais à n'importe quel médecin. Le plus souvent, le corps est confié à l'Institut médico-légal le temps de cet examen.

Je veux que vous gardiez en tête une chose simple : ce n'est pas vous qui avez perdu le contrôle. C'est une procédure encadrée, avec un cadre et des limites. Et dans ce cadre, vous avez des droits.

Ce que la loi vous garantit, à vous, les proches

La loi prévoit que le conjoint, le concubin, le partenaire de PACS, les ascendants et les descendants en ligne directe soient informés dans les meilleurs délais qu'une autopsie a été ordonnée et que des prélèvements ont été effectués. Vous n'êtes pas censé l'apprendre par hasard.

Il y a aussi un droit auquel je tiens beaucoup, parce qu'il touche au moment où l'on dit au revoir. Il ne peut pas vous être refusé d'accéder au corps avant sa mise en bière, si vous le souhaitez, sauf pour des raisons de santé publique. Et cela doit se faire dans des conditions qui garantissent le respect, la dignité, la décence et l'humanité. Vous avez le droit de voir votre proche.

Enfin, le praticien qui a procédé à l'autopsie est tenu de s'assurer de la meilleure restauration possible du corps avant de vous le remettre. Je sais que cette crainte vous traverse l'esprit. La loi y a pensé.

Les délais : combien de temps avant de pouvoir l'inhumer

C'est la question qui revient le plus, et c'est normal. Tant que le corps n'est pas restitué, les obsèques ne peuvent pas avoir lieu. Pendant le temps de l'enquête, il n'est pas à la disposition de la famille.

À l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date de l'autopsie, les proches ayant qualité pour pourvoir aux funérailles peuvent demander la restitution du corps auprès du procureur de la République ou du juge d'instruction. Une fois cette demande déposée, la justice doit y répondre par une décision écrite dans un délai de quinze jours. Vous n'êtes donc pas laissé dans le silence indéfiniment.

Les obsèques, elles, ne pourront avoir lieu qu'après qu'un officier de police judiciaire vous ait remis, sur ordre du procureur, une autorisation judiciaire appelée procès-verbal aux fins d'inhumation. C'est ce document qui débloque tout. Tant que vous ne l'avez pas, aucune entreprise de pompes funèbres ne pourra agir, et ce n'est pas de sa faute.

L'autopsie médicale, qui n'a rien à voir

Il existe une autre autopsie, dite médicale ou scientifique, qu'il ne faut pas confondre avec la judiciaire. Celle-ci se pratique hors de tout cadre judiciaire, pour obtenir un diagnostic sur les causes du décès. Elle obéit au consentement : pour un adulte, elle peut être réalisée si votre proche n'a pas exprimé d'opposition de son vivant. Ce n'est qu'à titre exceptionnel, en cas de nécessité impérieuse pour la santé publique et sans autre moyen d'obtenir une certitude, qu'elle peut avoir lieu malgré son opposition. Si on vous parle d'autopsie sans qu'il y ait eu d'obstacle médico-légal, c'est probablement de celle-là qu'il s'agit, et là, votre voix compte.

Pendant que vous attendez

Cette attente n'a pas à être du temps perdu. Pendant que l'enquête suit son cours, certaines démarches peuvent déjà avancer, et d'autres demandent simplement que vous sachiez où vous en êtes. Quand un décès survient de façon soudaine, les premiers gestes des 24 à 48 heures restent les mêmes, même si les obsèques attendent. Et si vous avez besoin d'y voir clair sur l'ensemble, je vous ai préparé un repère sur ce qu'il faut faire après le décès d'un proche.

Il y a aussi tout ce qui revient à votre famille et qui ne dépend pas de l'autopsie. Certaines aides ont des délais courts qu'il vaut mieux ne pas laisser filer. Je vous accompagne pour récupérer l'argent d'un proche décédé, comprendre le capital décès de la Sécurité sociale, ou faire valoir les droits du conjoint survivant. Ce sont des choses que vous pouvez préparer dès maintenant, à votre rythme.

Questions fréquentes

Combien de temps avant de pouvoir organiser les obsèques après une autopsie judiciaire ?

Les obsèques ne peuvent avoir lieu qu'une fois le corps restitué, et tant qu'il ne l'est pas, elles sont impossibles. À partir d'un mois après la date de l'autopsie, vous pouvez en demander la restitution au procureur ou au juge d'instruction, qui doit répondre par écrit dans les quinze jours. Les funérailles se tiendront ensuite, une fois que l'officier de police judiciaire vous aura remis le procès-verbal aux fins d'inhumation.

Puis-je voir mon proche avant la mise en bière ?

Oui. La loi prévoit qu'on ne peut pas vous refuser l'accès au corps avant sa mise en bière si vous le souhaitez, sauf pour des raisons de santé publique. Cet accès doit se dérouler dans des conditions garantissant le respect, la dignité, la décence et l'humanité. Vous avez le droit de dire au revoir.

Peut-on faire une autopsie même si mon proche s'y était opposé ?

Dans le cadre judiciaire, oui. Quand le procureur ordonne une autopsie pour une mort suspecte, violente ou inexpliquée, elle peut être pratiquée même si votre proche s'y était opposé de son vivant. L'autopsie médicale, elle, est différente : pour un adulte, elle suppose l'absence d'opposition exprimée, sauf nécessité impérieuse exceptionnelle pour la santé publique.

Le corps va-t-il m'être rendu dans un état correct ?

Le praticien qui a procédé à l'autopsie est tenu par la loi de s'assurer de la meilleure restauration possible du corps avant de vous le remettre. C'est une obligation, pas un geste laissé au hasard. Et vous conservez le droit d'accéder au corps avant sa mise en bière.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.