Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Suisse 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.

Six mois ont passé, ou presque, depuis que la personne que vous aimiez est partie. Le tourbillon des premiers jours est retombé, et c'est souvent maintenant, dans ce calme étrange, que les questions d'argent et de papiers reviennent frapper. Je sais combien c'est lourd de devoir penser fiscalité quand on porte encore le manque. Alors avançons doucement, ensemble.

Une chose à garder en tête en Suisse : la fiscalité de la succession est presque entièrement cantonale. Chaque canton fixe ses propres délais, ses barèmes et ses procédures. Ce qui suit est la chronologie générale des six premiers mois. Vous la lirez en pensant au canton du dernier domicile de votre proche, car c'est lui qui commande.

Les délais suisses, très variables selon le canton

Entre J+30 et J+90 : le certificat d'héritier et l'inventaire

Le certificat d'héritier

C'est le document clé. Sans lui, les banques, les assurances et les registres refusent toute démarche, et tout reste bloqué. Vous l'obtenez auprès de l'autorité de votre canton :

Comptez 3 à 12 semaines selon le canton.

L'inventaire de la succession

Il est obligatoire dans plusieurs cantons. On y recense :

Entre J+90 et J+180 : les déclarations cantonales

1. La déclaration fiscale finale de votre proche

On y reporte :

Elle se dépose auprès de l'administration fiscale cantonale du dernier domicile, dans un délai de 30 à 90 jours selon le canton.

2. La déclaration de succession

3. L'impôt sur les successions et les donations, s'il est dû

Il dépend du canton et du lien de parenté.

Le conjoint survivant est exonéré partout

Si vous étiez marié ou lié par un partenariat enregistré à votre proche, sachez-le tout de suite : dans tous les cantons suisses, le conjoint est totalement exonéré des droits de succession. C'est un poids de moins, au moins.

Accepter ou renoncer à la succession

Vous avez 3 mois à compter du moment où vous avez su le décès pour décider (art. 567 CC). Trois chemins s'offrent à vous :

Si la succession est endettée, le bénéfice d'inventaire ou la répudiation sont vivement conseillés. Pour démêler tout cela, notre guide accepter ou renoncer à une succession entre dans le détail.

Toujours entre J+90 et J+180 : la finalisation

Côté banque et registre foncier

Côté survivants

Il y a aussi des droits à activer pour vous :

Si vous prenez du retard

Cela dépend du canton, mais en général :

Demander un délai de plus

C'est possible, sur un motif sérieux, auprès de l'administration fiscale cantonale : une succession internationale, une recherche d'héritiers en cours, une expertise immobilière qui prend du temps. La demande se fait par écrit, et avant que le délai ne soit dépassé.

Quelques repères pratiques en Suisse

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne respecte pas les délais

Cela varie selon le canton, en général des intérêts moratoires et une possible majoration des droits. La répudiation tardive est plus délicate encore : on risque de considérer que vous avez accepté la succession.

Puis-je demander une prolongation

Oui, dans la plupart des cas, sur un motif sérieux : succession internationale, recherche d'héritiers, contentieux, expertise immobilière compliquée. La demande se fait par écrit, auprès de l'administration fiscale concernée, avant la fin du délai.

À partir de quand courent les pénalités

En général à partir de la date du décès, pas de la date où vous avez découvert ou accepté la succession. C'est pour cela qu'il vaut mieux commencer tôt, même quand la succession paraît simple.

Combien de temps pour réclamer un capital décès ou une assurance vie

En Suisse, 5 ans seulement (art. 46 LCA), c'est bien plus court qu'ailleurs. Vérifiez vite toutes les polices, pour ne rien laisser filer.

Bonnes pratiques en Suisse

  1. Conjoint exonéré des droits de succession dans tous les cantons.
  2. Certificat d'héritier délivré par l'autorité cantonale (juge ou justice de paix).
  3. Répudiation : 3 mois à compter de la connaissance du décès (art. 567 CC).
  4. 3 piliers AVS, LPP, 3a-3b à activer pour les survivants.
  5. Successions cantonales : des barèmes très différents d'un canton à l'autre.

Voir ch.ch.

Pourquoi cette chronologie compte

Si je vous demande de regarder le canton du dernier domicile dès les premiers jours, ce n'est pas pour vous donner une corvée de plus. C'est que les délais changent énormément d'un canton à l'autre, et le système des 3 piliers (AVS, LPP, 3a-3b) ajoute une couche que beaucoup de familles ne découvrent que trop tard, une fois la fenêtre presque refermée. Le repérer tôt, c'est s'éviter de courir après le temps plus tard.

Pour vous organiser sans vous épuiser

Quand appeler un notaire ou un avocat

Faites-le dès J+30 si la succession dépasse 100 000 CHF, comprend de l'immobilier, des biens à l'étranger (la LDIP, qui règle les situations internationales), du patrimoine professionnel, ou un conflit familial. Le notaire coûte entre 0,5 et 3 % de la masse, plus des frais fixes qui varient selon le canton. La donation entre vifs reste souvent la voie la plus douce pour alléger la note, mais elle se prépare du vivant. Pour les étapes des premières semaines, voyez que faire dans les 30 jours après un décès en Suisse.

Pour aller plus loin

→ Vue d'ensemble : toutes les démarches après un décès

Sources officielles à consulter

  • ch.ch · portail officiel des autorités suisses
  • bankingombudsman.ch · recherche d'avoirs bancaires en déshérence
  • sfbvg.ch · recherche d'avoirs de prévoyance professionnelle (2e pilier)
  • ahv-iv.ch · rentes de survivants AVS (veuve, veuf, orphelin)
Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.