Vous venez de perdre votre grand-père, votre grand-mère. Et autour de vous, certains semblent penser que c'est dans l'ordre des choses. Je voulais vous dire que votre chagrin compte. Quel que soit son âge, quelle que soit la façon dont c'est arrivé. Restez là, je vous accompagne doucement.
L'essentiel en 3 points
- Le deuil d'un grand-parent est parfois un deuil non reconnu : on minimise votre peine par des phrases comme « c'était prévisible, à son âge ». C'est faux. Le décès d'une personne âgée n'atténue en rien le chagrin que vous ressentez.
- Le deuil se vit en phases qui se chevauchent, qui ne suivent pas un ordre fixe, et qui se vivent différemment d'une personne à l'autre. Le choc peut durer quelques jours ou quelques semaines, l'adaptation peut prendre des mois, parfois des années.
- Vous n'êtes pas sans soutien. Au Québec, Info-Social 811 (option 2) répond 24 heures sur 24, et MonDeuil.ca propose même un module gratuit dédié au deuil d'un grand-parent.
Quand on vous dit que c'était « prévisible »
C'est une des choses les plus dures, je trouve. On perd quelqu'un qu'on aime, et quelqu'un vous répond « au moins, elle a vécu bien et longtemps ». Comme si la durée d'une vie effaçait le manque.
Ce manque, lui, est entier.
On appelle parfois ça un deuil non reconnu. Les autres considèrent le décès comme naturel, attendu, et du coup ils ne voient pas votre peine. Vous, vous portez la tristesse en silence, parce que vous avez l'impression de ne pas y avoir droit.
Vous y avez droit. Le fait qu'un décès soit considéré comme naturel n'atténue aucunement le chagrin personnel ressenti. Votre grand-parent, c'était une présence dans votre vie. Des odeurs, des phrases, des dimanches. Ça ne se remplace pas.
Une relation qui n'appartient qu'à vous
Votre lien avec ce grand-parent était unique. Différent de celui de votre frère, de votre cousine, de votre mère. Et c'est pour ça que votre deuil l'est aussi.
MonDeuil.ca le dit avec justesse : votre relation, comme celle de tous les autres membres de votre famille, a quelque chose d'unique, tout comme votre deuil.
Alors ne vous comparez pas. Si vous pleurez plus, ou moins, ou autrement que les autres, ce n'est ni trop ni pas assez. Ce sont les circonstances et les facteurs particuliers de votre histoire qui façonnent votre chemin. Le vôtre, pas celui d'un autre.
Les phases du deuil, sans la pression de bien les faire
On parle souvent de « phases » du deuil, et ça peut donner l'impression qu'il faut les cocher dans l'ordre. Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
Le choc et le déni. Au début, parfois, on ne réalise pas. On fonctionne, on organise, on répond aux gens. Cette phase peut durer quelques minutes, quelques jours, ou quelques semaines.
La désorganisation. Puis tout se mélange. La fatigue, les larmes qui viennent sans prévenir, les jours qui se ressemblent. Cette période peut durer plusieurs semaines ou plusieurs mois.
La réorganisation. Et lentement, on se réapprend à vivre avec. Pas sans la personne, mais avec son absence apprivoisée. Cette phase peut s'étendre sur plusieurs mois, parfois plusieurs années.
Ce qu'il faut retenir : les personnes en deuil ne traversent pas forcément toutes ces phases, ni dans cet ordre. Plusieurs peuvent se chevaucher. Et on peut revenir à une étape qu'on croyait passée. Un anniversaire, une chanson, une photo, et vous voilà au début. C'est normal.
Et les démarches, au milieu de tout ça
Le chagrin ne laisse pas toujours le temps de souffler. Il y a des choses à faire, parfois vite. Selon que le décès est survenu à la maison ou à l'hôpital, les premiers gestes ne sont pas les mêmes.
Si votre grand-parent était aussi le parent que vous accompagniez, vous trouverez des repères dans que faire après le décès d'un proche, et plus précisément sur le décès d'un parent. Si le départ est venu après une longue épreuve, j'ai écrit aussi sur le décès après une longue maladie.
Une chose à la fois. Vous n'avez pas à tout porter aujourd'hui.
Vers qui me tourner au Québec
Vous n'êtes pas obligé de traverser ça en solitaire. Voici les ressources que je garde toujours sous la main, toutes québécoises et fiables.
Info-Social 811, option 2. Une consultation téléphonique et un soutien psychosocial, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Tel-Écoute, la Ligne Le Deuil. Au 1-888-533-3845 (1 888 LE DEUIL), pour parler à quelqu'un qui connaît le deuil.
Deuil-Jeunesse. Au 1-855-889-3666, avec des interventions individuelles et familiales, pour les adultes comme pour les enfants. Précieux si des petits-enfants plus jeunes vivent eux aussi cette perte.
MonDeuil.ca. Une ressource gratuite et confidentielle, recommandée par le Québec, et son module sur le deuil d'un grand-parent, en cinq chapitres.
Si la douleur devient trop lourde, la ligne de prévention du suicide répond au 1-866-277-3553, et un soutien aux proches aidants au 1-855-852-7784. En cas d'urgence, le 911. Vous pouvez aussi vous appuyer sur votre CLSC, votre CISSS ou CIUSSS, votre médecin ou votre pharmacien.
Questions fréquentes
Est-ce normal d'avoir autant de peine pour un grand-parent âgé ?
Oui. Le fait qu'un décès soit perçu comme naturel n'atténue en rien le chagrin que vous ressentez. Votre lien était réel, votre peine l'est tout autant. Ne laissez personne décider à votre place de ce que vous avez le droit de ressentir.
Combien de temps dure le deuil d'un grand-parent ?
Il n'y a pas de durée fixe. Le choc peut durer de quelques jours à quelques semaines, la période de désorganisation plusieurs semaines ou mois, et l'adaptation plusieurs mois, parfois plusieurs années. Les phases se chevauchent et ne suivent pas d'ordre précis. Votre rythme est le bon.
Comment aider mes enfants à vivre le deuil de leur arrière-grand-parent ?
Parlez-leur avec des mots simples et vrais, et laissez-les exprimer ce qu'ils ressentent. Au Québec, Deuil-Jeunesse (1-855-889-3666) propose des interventions familiales pour les adultes et les enfants, et MonDeuil.ca consacre un chapitre entier à accompagner les enfants dans ce deuil.
Vers qui me tourner si je ne vais vraiment pas bien ?
Appelez Info-Social 811 (option 2), disponible 24 heures sur 24. Si vous traversez des pensées sombres, la ligne de prévention du suicide répond au 1-866-277-3553, et le 911 en cas d'urgence. Votre médecin, votre pharmacien ou votre CLSC peuvent aussi vous orienter.
Pour aller plus loin
- Faire le deuil d'un parent : un chemin à votre rythme
- Perdre un parent : les démarches au Québec, pas à pas
- Perdre un frère ou une soeur : démarches et deuil
- Deuil anticipé : perdre un proche encore vivant (Québec)
- Faire le deuil d'un ami : un deuil bien réel (Québec)
- Que faire après le décès d'un proche au Québec : par où commencer ?
Sources officielles à consulter
- quebec.ca · portail officiel du gouvernement du Québec
- revenuquebec.ca · succession, déclarations et biens non réclamés
- retraitequebec.gouv.qc.ca · prestation de décès et rente de conjoint survivant (RRQ)
- cnq.org · Chambre des notaires du Québec, recherche testamentaire