Après le décès d'un proche, les contrats d'énergie (électricité, gaz, eau) doivent être traités rapidement : soit résiliés si le logement va être vendu ou laissé vide, soit transférés au conjoint ou à un héritier qui continue d'occuper le logement. Sans démarche, les factures s'accumulent au nom du défunt et peuvent finir en contentieux.

Pourquoi agir vite sur les contrats d'énergie

Trois enjeux concrets :

  1. Éviter qu'une dernière facture impayée s'accumule au nom du défunt — elle deviendra dette de la succession à régler par les héritiers
  2. Éviter une coupure si vous habitez le logement et que les prélèvements automatiques s'arrêtent (compte bancaire du défunt bloqué dès l'avis de décès)
  3. Récupérer un éventuel solde créditeur si le défunt avait payé d'avance

Identifier le fournisseur — pas toujours EDF

Le marché de l'énergie est ouvert depuis 2007. Le défunt pouvait être client de plusieurs fournisseurs distincts. Trois moyens d'identifier :

  1. Regarder une facture papier récente dans les papiers du défunt
  2. Consulter les prélèvements bancaires sur les 3 derniers relevés (libellé du créancier)
  3. À défaut : appeler le Médiateur national de l'énergie au 0 800 112 212 (gratuit) qui peut vous orienter

Fournisseurs principaux en France :

Pour le gaz : Engie est l'historique mais EDF, TotalEnergies, Eni proposent aussi des contrats gaz. Souvent un même client a son électricité chez un fournisseur et son gaz chez un autre — vérifier les deux.

Scénario A : résilier le contrat (logement vide ou vendu)

C'est la démarche si le logement va être vendu, mis en vente, ou laissé vide.

Étapes

  1. Appeler le service décès du fournisseur (numéros sur les pages dédiées)
  2. Fournir : acte de décès, référence client, relevé du compteur récent
  3. Le fournisseur émet une facture de résiliation basée sur le relevé
  4. Si solde créditeur : remboursement sur RIB de la succession
  5. Si solde débiteur : la facture devient une dette de la succession

Logement vide non vendu : maintenir un contrat minimal

Conseil pratique : maintenir un contrat minimal (compteur ouvert mais consommation très faible) plutôt que résilier totalement. Avantages :

Scénario B : transférer le contrat (un proche continue d'occuper le logement)

Si vous (conjoint, enfant, colocataire) continuez d'habiter le logement, le contrat doit être mis à votre nom.

Démarche

  1. Appeler le service décès du fournisseur
  2. Demander un transfert de titulaire (pas une nouvelle souscription)
  3. Fournir : acte de décès + pièce d'identité + RIB du nouveau titulaire
  4. Pas de coupure, pas de frais d'ouverture
  5. Nouveau contrat édité au nom du repreneur sous 15 jours

Conditions tarifaires conservées

Le transfert conserve généralement les conditions tarifaires en cours du défunt (sauf si vous demandez à changer d'offre). C'est l'occasion de comparer si une offre plus avantageuse existe — mais ne précipitez rien dans la phase de deuil.

Compteur Linky : tout est automatique

Si le compteur du défunt est un Linky (la grande majorité aujourd'hui), le relevé se fait automatiquement à distance. Pas besoin de monter sur une échelle. Le fournisseur connaît la consommation exacte au jour J.

Cas particuliers à anticiper

Plusieurs fournisseurs distincts (gaz + électricité chez deux opérateurs) : prévenir chacun séparément.

Prélèvement automatique bloqué par le décès : si vous habitez le logement, le prélèvement échoue → courrier de relance → menace de coupure. Solution : transférer le contrat à votre nom avant que les relances commencent.

Trêve hivernale (1er novembre → 31 mars) : pas de coupure pendant cette période, même en cas d'impayés. Mais la facture continue à s'accumuler — à régulariser au plus vite.

Eau (Veolia, Suez, régie municipale) : démarche similaire mais auprès du distributeur d'eau de la commune. Souvent une régie municipale plutôt qu'un opérateur national.

Comment HelloMathilde vous aide

HelloMathilde vous accompagne via WhatsApp pendant 7 jours pour identifier les fournisseurs d'énergie du défunt, choisir entre résiliation et transfert selon votre situation, contacter chaque service décès avec les bons documents, et éviter les pièges (coupure, frais de remise en service, double facturation).

Questions fréquentes

Combien de temps a-t-on pour prévenir EDF ou son fournisseur d'énergie

Aucune date limite légale, mais plus on tarde, plus la facture grossit au nom du défunt. Idéal : prévenir dans les 1 à 4 semaines après le décès, surtout si le logement n'est plus occupé.

Le fournisseur peut-il couper l'électricité après un décès

Oui, mais la procédure prend du temps : courrier de relance, puis avis d'impayé, puis trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars (pas de coupure pendant cette période). Si vous habitez le logement, transférez le contrat à votre nom sans attendre les relances.

Le transfert de contrat est-il payant en cas de décès

Non. Le transfert de contrat suite à décès se fait sans frais d'ouverture ni frais de dossier. Il garde généralement les conditions tarifaires en cours, sauf demande explicite de changement d'offre.

Que faire si le fournisseur demande l'acte de notoriété pour rembourser un solde créditeur

La plupart des fournisseurs remboursent sur le simple acte de décès et un RIB. Si le service demande l'acte de notoriété (rare, pour les montants importants), le notaire le fournit dans le cadre de la succession.

Comment éviter la coupure si je viens d'emménager dans le logement du défunt

Demander immédiatement le transfert du contrat à votre nom lors de votre arrivée. Présentez l'acte de décès, une pièce d'identité, et un RIB à votre nom. Le contrat passe à votre nom sous 15 jours sans coupure.

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.