L'essentiel en 3 points

Vous venez de perdre quelqu'un, et voilà qu'il faut déjà penser à l'électricité, au gaz, à l'eau. C'est troublant de devoir s'occuper de ça si vite. Pourtant ces contrats ne s'arrêtent pas tout seuls. Tant que personne ne prévient le fournisseur, les prélèvements continuent au nom de votre proche, et une facture impayée peut devenir une dette pour la succession.

Je reste avec vous le temps de démêler tout ça. On va d'abord savoir qui sont les fournisseurs, puis choisir entre deux chemins : résilier si le logement va être vendu ou laissé vide, ou transférer le contrat à votre nom si vous continuez d'y habiter. Vous n'avez rien à faire dans l'urgence ce soir. Mais quelques gestes simples, dans les semaines qui viennent, vous éviteront des relances et une coupure.

Pourquoi s'en occuper assez tôt

Je ne veux pas vous alarmer, alors disons les choses simplement. Il y a trois raisons concrètes de ne pas laisser traîner, et aucune n'est dramatique.

D'abord, la dernière facture. Tant qu'elle court au nom de votre proche, elle devient une dette de la succession, à régler par les héritiers. Et plus on attend, plus elle grossit. Ensuite, le risque de coupure si vous habitez le logement et que les prélèvements s'arrêtent : le compte bancaire est bloqué dès l'avis de décès, le prélèvement échoue, et les relances commencent à arriver. Enfin, l'inverse peut être vrai aussi. Si votre proche avait payé d'avance, il reste un solde à récupérer, et cet argent vous revient.

Trouver le fournisseur, ce n'est pas forcément EDF

Le marché de l'énergie est ouvert depuis 2007. Votre proche pouvait être client de plusieurs fournisseurs différents, parfois un pour l'électricité et un autre pour le gaz. Ne partez donc pas du principe que c'est forcément EDF.

Concrètement, vous avez trois façons de retrouver les bons interlocuteurs. La plus rapide, c'est une facture papier récente, glissée quelque part dans les papiers de votre proche. Sinon, regardez les prélèvements bancaires des trois derniers relevés : le libellé du créancier y apparaît, et c'est souvent là qu'on reconnaît le nom du fournisseur. Et si vous ne trouvez vraiment rien, le Médiateur national de l'énergie au 0 800 112 212 (appel gratuit) peut vous orienter.

Côté noms, deux fournisseurs reviennent tout le temps :

Pour le gaz, Engie est l'historique, mais EDF, TotalEnergies et Eni proposent aussi des contrats gaz. Ce qui compte ici, c'est de bien vérifier les deux énergies : un même foyer a souvent l'électricité chez un fournisseur et le gaz chez un autre.

Premier chemin : résilier le contrat

C'est la voie à prendre quand le logement va être vendu, mis en vente, ou laissé vide. Voici comment cela se passe, sans surprise.

Vous commencez par appeler le service décès du fournisseur, avec sous les yeux l'acte de décès, la référence client et un relevé du compteur récent. À partir de ce relevé, le fournisseur établit une facture de résiliation. Si le solde est créditeur, vous êtes remboursé sur le RIB de la succession. S'il est débiteur, la facture devient une dette de la succession. C'est tout : pas de préavis à respecter, pas de frais cachés.

Logement vide mais pas encore vendu

Voici un point que beaucoup ignorent et qui peut vous faire économiser. Si le logement reste vide en attendant la vente, ne coupez pas tout. Mieux vaut garder un contrat minimal, compteur ouvert et consommation très faible. Vous évitez ainsi les frais de remise en service (environ 50 € par compteur), vous gardez un éclairage pour les visites du notaire ou des acquéreurs, et le compteur Linky reste actif pour les relevés à distance.

Deuxième chemin : transférer le contrat

Si vous, conjoint, enfant ou colocataire, continuez d'habiter le logement, le contrat doit simplement passer à votre nom. Pas besoin de tout couper pour tout rouvrir, ce serait du temps et des frais perdus pour rien.

Là encore, tout part d'un appel au service décès du fournisseur. Demandez bien un transfert de titulaire, et non une nouvelle souscription : la nuance change tout. Munissez-vous de l'acte de décès, de votre pièce d'identité et de votre RIB. Il n'y a aucune coupure, aucun frais d'ouverture, et le nouveau contrat est édité à votre nom sous 15 jours.

Vous gardez les mêmes conditions

Le transfert conserve en général les conditions tarifaires en cours de votre proche, sauf si vous demandez à changer d'offre. C'est l'occasion de comparer, si une offre plus avantageuse existe. Mais ne précipitez rien pendant le deuil. Ce choix-là peut attendre, il sera toujours temps d'y revenir l'esprit plus clair.

Le compteur Linky fait le travail pour vous

Si le compteur est un Linky, ce qui est le cas dans la grande majorité des logements aujourd'hui, le relevé se fait automatiquement à distance. Personne n'a besoin de monter sur une échelle ni de relever des chiffres à la main. Le fournisseur connaît déjà la consommation exacte au jour du décès. Une petite chose en moins à gérer.

Quelques situations à garder en tête

Quelques cas reviennent souvent, et il vaut mieux les avoir en tête avant d'appeler.

Si votre proche avait deux fournisseurs distincts, le gaz d'un côté et l'électricité de l'autre, il faut prévenir chacun séparément. C'est facile à oublier. Si vous habitez le logement, méfiez-vous du prélèvement bloqué par le décès : il échoue, un courrier de relance arrive, puis la menace de coupure, et le transfert à votre nom, fait à temps, évite toute cette cascade. Gardez aussi à l'esprit la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars : pendant cette période, aucune coupure n'est possible, même en cas d'impayés, mais la facture continue de courir et reste à régulariser dès que possible. Enfin, l'eau suit sa propre logique. Gérée par Veolia, Suez ou une régie municipale, la démarche ressemble aux autres, mais elle se fait auprès du distributeur d'eau de la commune, souvent une régie plutôt qu'un opérateur national.

Comment je vous accompagne

Si vous le souhaitez, je vous prépare un plan personnalisé, étape par étape : identifier les fournisseurs de votre proche, choisir entre résiliation et transfert selon votre situation, contacter chaque service décès avec les bons documents, et déjouer les pièges habituels (la coupure, les frais de remise en service, la double facturation). Vous n'avancez pas seul.

Questions fréquentes

Combien de temps a-t-on pour prévenir EDF ou son fournisseur

Aucune date limite légale ne vous est imposée. Mais plus on tarde, plus la facture grossit au nom de votre proche. L'idéal est de prévenir dans les 1 à 4 semaines après le décès, surtout si le logement n'est plus occupé.

Le fournisseur peut-il couper l'électricité après un décès

Oui, mais la procédure prend du temps : un courrier de relance, puis un avis d'impayé, et la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars pendant laquelle aucune coupure n'est possible. Si vous habitez le logement, transférez le contrat à votre nom sans attendre les relances.

Le transfert de contrat est-il payant en cas de décès

Non. Le transfert après décès se fait sans frais d'ouverture ni frais de dossier. Il garde en général les conditions tarifaires en cours, sauf si vous demandez vous-même à changer d'offre.

Que faire si le fournisseur réclame l'acte de notoriété pour rembourser un solde

La plupart des fournisseurs remboursent sur simple acte de décès accompagné d'un RIB. Si le service réclame l'acte de notoriété, ce qui reste rare et concerne les montants importants, le notaire le fournit dans le cadre de la succession.

En 5 étapes : résilier l'énergie après un décès

Que ce soit EDF, Engie, TotalEnergies ou un autre fournisseur, suivez cette procédure.

  1. Identifier le fournisseur, Repérez le nom du fournisseur d'électricité ou de gaz sur une facture récente ou via un relevé bancaire (prélèvement mensuel).
  2. Rassembler les pièces, Acte de décès, dernière facture, RIB pour le solde, justificatif d'identité du conjoint survivant ou d'un héritier.
  3. Choisir : résiliation ou transfert, Résiliation simple si le logement est vidé. Transfert au nom du conjoint survivant si la personne y vit toujours (sans coupure).
  4. Effectuer la démarche en ligne ou par téléphone, Espace client, formulaire dédié décès, ou ligne téléphonique du fournisseur (souvent gratuit). Lettre recommandée si refus écrit nécessaire.
  5. Suivre le décompte final, Le fournisseur envoie un dernier décompte (consommation jusqu'à la date du décès ou de l'inventaire). Si crédit : versé sur le RIB. Si débit : à régler par la succession.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.