📘 Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en France 2026 — vue d'ensemble des étapes, lois, délais et fiscalité.
📌 L'essentiel en 3 points
- Ouverture juridique automatique au jour du décès (article 720 Code civil). L'ouverture matérielle chez le notaire = premier RDV dans les 2-4 semaines.
- Acte de notoriété : gratuit chez le greffier du tribunal judiciaire pour les successions < 5 910,61 € sans immobilier ni testament. Notarié dans les autres cas (~150-400 €).
- Durée moyenne 6-12 mois pour une succession amiable. Partage judiciaire (désaccord entre héritiers) : 2-5 ans.
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L'ouverture de succession est le point de départ juridique de toute la procédure successorale. Elle a lieu automatiquement au jour du décès (article 720 du Code civil), mais beaucoup de démarches concrètes doivent suivre — premier rendez-vous chez le notaire, acte de notoriété, inventaire des biens. Voici toutes les étapes et le sens de chaque acte.
L'ouverture de succession en droit français : 3 dates à distinguer
| Date | Événement |
|---|---|
| Jour du décès | Ouverture juridique automatique de la succession (article 720 Code civil) |
| Dans les 7-30 jours | Premier rendez-vous chez le notaire (recommandé, pas obligatoire) |
| Dans les 6 mois | Délai légal pour déposer la déclaration de succession aux impôts |
La date juridique d'ouverture n'a pas besoin d'être "déclarée" — elle est automatique. Mais l'ouverture matérielle (chez le notaire) demande l'initiative de la famille.
Les 5 grandes étapes après le décès
Étape 1 : la prise de contact avec le notaire (1 à 4 semaines après le décès)
Le notaire n'est pas toujours obligatoire (voir notre guide notaire et succession 2026) — mais il l'est dès qu'il y a :
- Un bien immobilier
- Un testament
- Un montant brut > 5 910,61 €
- Une donation entre époux
- Un régime matrimonial à liquider
Pour le choix du notaire, vous êtes libre — pas obligé de prendre celui du défunt. Voir notre guide choisir un notaire après un décès.
Étape 2 : l'acte de notoriété (1 à 2 mois après l'ouverture)
C'est le premier acte officiel de la succession. Il identifie les héritiers et prouve leur qualité. C'est avec cet acte qu'on peut :
- Débloquer les comptes bancaires du défunt
- Faire vendre des actions détenues
- Recevoir le capital décès des organismes
- Prouver son rôle auprès des organismes administratifs
Acte notarié vs acte sous seing privé
| Acte de notoriété notarié | Acte de notoriété par greffier |
|---|---|
| Délivré par un notaire | Délivré par le greffier du tribunal judiciaire |
| Payant (~150-400 € selon la complexité) | Gratuit |
| Possible dans tous les cas | Possible uniquement si succession < 5 910,61 €, sans bien immobilier, sans testament |
| Force probante maximale | Force probante limitée |
Étape 3 : l'inventaire et l'évaluation du patrimoine (1 à 3 mois)
Le notaire (ou les héritiers eux-mêmes pour les petites successions) recense :
À l'actif :
- Comptes bancaires : interrogation FICOBA par le notaire pour identifier tous les comptes
- Biens immobiliers : estimation France Domaine ou expert immobilier
- Mobilier : forfait 5 % de l'actif ou inventaire chiffré
- Voitures, parts de société, bijoux, œuvres d'art
- Assurances-vie : recherche AGIRA si suspectées, et traitement spécifique (généralement hors succession civile)
Au passif :
- Dettes existantes au jour du décès
- Frais funéraires déductibles jusqu'à 1 500 € (article 775 CGI)
- Frais de dernière maladie restés à charge
Actif net = actif − passif. C'est sur cette base que se calcule le partage et la fiscalité.
Étape 4 : la déclaration de succession aux impôts (avant la fin du 6ᵉ mois)
Le notaire prépare et dépose le formulaire 2705-S auprès du service de l'enregistrement de la DGFiP. C'est le moment du calcul des droits de succession :
- Application des abattements selon le lien de parenté (voir notre guide complet droits de succession 2026)
- Application du barème progressif
- Paiement comptant, fractionné ou différé selon les cas
Voir aussi nos guides détaillés :
Étape 5 : le partage des biens entre héritiers
C'est l'étape la plus longue et la plus émotionnelle. Trois options :
Partage amiable
- Tous les héritiers d'accord
- Acte de partage chez le notaire
- Délai variable : quelques semaines à plusieurs mois
Partage judiciaire
- Désaccord entre héritiers
- Procédure devant le tribunal judiciaire
- Délai : 2 à 5 ans parfois plus
- Coût : plusieurs milliers d'euros d'avocat + frais judiciaires
Indivision maintenue
- Les héritiers gardent les biens à plusieurs
- Possible jusqu'à 5 ans renouvelables (article 1873-3 Code civil)
- Souvent utilisée pour les biens immobiliers en attente de vente
Choisir entre acte sous seing privé et acte notarié : quand et pourquoi
| Type d'acte | Avantage | À privilégier quand |
|---|---|---|
| Sous seing privé (entre particuliers, sans notaire) | Gratuit | Petite succession sans immobilier, héritiers d'accord, montant < 5 910 € |
| Notarié (devant notaire) | Force probante maximale, opposable à tous | Bien immobilier, testament, montant élevé, conflit potentiel entre héritiers |
L'acte notarié est obligatoire dans la plupart des cas réels. L'acte sous seing privé est marginal mais juridiquement valable.
Quand l'ouverture de succession bloque
Héritier introuvable
- Le notaire fait des recherches généalogiques (souvent via un généalogiste successoral payé sur la succession)
- En cas d'échec : passage par le service des Domaines (succession vacante puis en déshérence si personne ne se manifeste)
Héritier mineur ou majeur protégé
- Représentation obligatoire (parents, tuteur, curateur)
- Souvent autorisation du juge des tutelles pour les actes importants
Désaccord entre héritiers
- Médiation possible (à l'amiable ou via le notaire)
- En dernier recours, partage judiciaire
Trois ou plus héritiers d'unions différentes
- Particularités fiscales (chacun a son abattement personnel selon son lien avec le défunt)
- Souvent plus complexe — choisir un notaire expérimenté en succession recomposée
Sources légales et officielles
- Code civil : articles 720 à 892 (successions), 757 à 766 (droits du conjoint survivant), 763 (logement)
- Code général des impôts : articles 777, 779, 796-0 bis (exonération conjoint)
- Code de la Sécurité sociale : article L353-1 (pension de réversion)
- service-public.fr — fiches F1199 (PACS et succession), F14199 (succession)
- DGFiP — impots.gouv.fr/particulier/succession
- Barèmes 2026 vérifiés au moment de la publication.
Cet article a une valeur informative générale. Pour votre situation précise (régime matrimonial, testament, présence d'enfants d'unions différentes), consultez un notaire — le premier rendez-vous est généralement gratuit.
Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr — portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr — déclaration de succession, droits de succession, déclaration de revenus du défunt
- ameli.fr — capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr — pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr/fcddvPublic/ — fichier central des dispositions de dernières volontés