L'essentiel en 3 points
- Les abattements varient selon le lien de parenté : 100 000 € parent-enfant en France, exonération entre époux. Vérifier service-public.fr et impots.gouv.fr pour les chiffres exacts.
- Le notaire coûte 1 500 à 8 000 € pour une succession simple (émoluments réglementés). Demander un devis écrit avant de mandater.
- En cas de conflit entre héritiers, tenter la médiation avant le partage judiciaire, qui prend 2 à 5 ans et coûte beaucoup plus cher.
Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en France 2026, vue d'ensemble des étapes, lois, délais et fiscalité.
Vous venez de perdre un proche, et on vous parle déjà de notaire. C'est beaucoup, et c'est normal de ne pas savoir par où commencer. Je vais vous expliquer simplement à quoi sert cette personne, quand elle devient incontournable, et ce qu'elle coûte, pour que ce rendez-vous ne soit pas une zone d'ombre de plus.
Le notaire est l'acteur central de la succession en France. Dès qu'il y a un bien immobilier (ou un testament, ou des dispositions un peu particulières), son intervention devient obligatoire. Voyons ensemble comment le choisir, ce qu'il fait pour vous, et combien prévoir.
Quand le notaire est-il obligatoire
Sa présence est légalement obligatoire dans ces situations :
- Présence d'un bien immobilier dans la succession
- Existence d'un testament ou d'une donation entre époux
- Donation antérieure du défunt à rapporter à la succession
- Contrat de mariage ou régime matrimonial particulier
- Actif successoral total supérieur à 5 000 € pour débloquer les comptes bancaires
Dans la pratique, pour 95 % des successions françaises, le notaire intervient. Si votre situation entre dans l'un de ces cas, vous n'avez pas à hésiter : c'est lui qui sécurise tout.
Comment choisir son notaire
Vous êtes libre de votre choix
Vous pouvez choisir n'importe quel notaire en France, pas forcément celui du défunt ni celui de la commune. Cette liberté compte vraiment : un notaire qui traîne ralentit toute la succession, et donc le moment où vous pourrez tourner la page.
Ce qui fait un bon notaire
- La proximité géographique, utile pour les rendez-vous en personne, surtout s'il y a un bien immobilier dans le secteur.
- L'expérience des successions complexes, indispensable si la succession est internationale, s'il y a une entreprise familiale ou un démembrement. Demandez alors un notaire spécialisé.
- La réactivité, qui se teste dès le premier appel. Un notaire qui rappelle dans la semaine, c'est bon signe. Pas de retour sous quinze jours, c'est un signal qui doit vous alerter.
L'annuaire officiel
Notaires.fr est l'annuaire officiel du Conseil Supérieur du Notariat. Vous pouvez y chercher par ville ou par spécialité (international, entreprise, etc.).
Plusieurs héritiers, plusieurs notaires
Un seul notaire mène la succession, choisi ensemble par les héritiers. Mais chacun peut être conseillé en parallèle par son propre notaire, sans frais supplémentaires côté succession : le notaire chargé du dossier est payé par la succession.
Les étapes de la succession chez le notaire
Étape 1 : ouverture du dossier (1 à 4 semaines après le décès)
- Rendez-vous initial avec les héritiers.
- Réunion des documents : acte de décès, livret de famille, contrat de mariage, testament éventuel.
- Vérification du fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) sur adsn.notaires.fr, pour repérer un testament déposé.
Étape 2 : acte de notoriété (1 à 2 mois)
Le document officiel qui identifie les héritiers et leurs parts respectives. Pour entrer dans le détail, voir notre article Acte de notoriété : à quoi ça sert.
Étape 3 : inventaire et évaluation (2 à 4 mois)
- Inventaire de tous les biens : immobilier, comptes bancaires, assurance vie hors succession, meubles, véhicules.
- Évaluation des biens à leur valeur au jour du décès.
- Identification des dettes éventuelles.
- Demande FICOBA pour repérer tous les comptes bancaires.
Étape 4 : déclaration de succession (avant 6 mois)
Le document fiscal envoyé à la DGFiP, avec le calcul des droits de succession. Le délai est impératif : 6 mois après le décès (1 an si le décès a eu lieu à l'étranger). Au-delà, des pénalités s'appliquent automatiquement.
Étape 5 : partage et clôture (3 à 12 mois après l'ouverture)
- Si les héritiers sont d'accord, c'est un partage amiable.
- En cas de désaccord, on bascule vers un partage judiciaire, long et coûteux.
- Le dossier se clôt avec le versement des soldes aux héritiers.
Comptez en moyenne 6 à 12 mois pour une succession simple, et jusqu'à 2 à 3 ans pour une succession complexe.
Tarifs notariaux : réglementés mais coûteux
Les émoluments du notaire sont réglementés par décret. Aucune négociation n'est possible sur les actes obligatoires. Voici comment se compose la facture :
| Poste | Montant indicatif |
|---|---|
| Émoluments fixes (acte de notoriété, déclaration de succession) | 200 à 600 € |
| Émoluments proportionnels (sur actif successoral) | 0,5 % à 2 % selon barème |
| Débours (frais administratifs, hypothèques, FICOBA) | 200 à 800 € |
| TVA 20 % sur émoluments | , |
Pour une succession moyenne de 150 000 €, comptez 2 500 € à 5 000 € d'émoluments au total. Pour anticiper l'ensemble, voir notre article Le coût caché d'une succession.
Comment je vous accompagne
HelloMathilde peut vous préparer un plan personnalisé pour y voir clair : comprendre quand le notaire est obligatoire, vous orienter vers un notaire fiable via l'annuaire du CSN, préparer les pièces du premier rendez-vous et anticiper les frais. Vous pouvez aussi parcourir notre checklist pour préparer sa succession.
Questions fréquentes
Peut-on faire une succession sans notaire
Oui, mais seulement si toutes ces conditions sont réunies : pas de bien immobilier, pas de testament, pas de donation antérieure, et un actif total inférieur à 5 000 €. Dans ce cas, les héritiers font eux-mêmes la déclaration de succession via le formulaire Cerfa 2705-SD. C'est rare en pratique.
Combien de temps prend une succession chez le notaire
Comptez 6 à 12 mois pour une succession simple, avec un actif clair et des héritiers d'accord. Pour une succession complexe (litiges entre héritiers, succession internationale, entreprise familiale), cela peut aller jusqu'à 2 à 3 ans. La déclaration de succession à la DGFiP, elle, doit être faite dans les 6 mois pour éviter les pénalités.
Le notaire choisit-il l'ordre des héritiers
Non. L'ordre des héritiers est fixé par la loi (Code civil), selon le degré de parenté avec le défunt, et peut être modifié par un testament ou un contrat de mariage. Le notaire constate cet ordre légal et le formalise dans l'acte de notoriété, mais il ne décide rien.
Le notaire connaît-il tous les comptes et contrats du défunt
Pas automatiquement. Il mène des recherches officielles : FICOBA pour les comptes bancaires, FCDDV pour les testaments déposés, AGIRA pour les assurances vie. Ces recherches ne sont pas exhaustives à 100 %, alors vos papiers et ceux du défunt peuvent vraiment l'aider.
Pour aller plus loin
- Acte de notoriété : à quoi ça sert et comment l'obtenir
- Préparer sa succession en France : checklist avant 60 ans
- Le coût caché d'une succession en France 2026 : ce que personne ne facture
- Que faire après le décès d'un proche : par où commencer dans les premières heures ?
- Accepter ou renoncer à une succession : 3 options à connaître
- Comprendre le cadastre et le SPF après un décès : publicité foncière
- Que faire la première semaine après un décès : journée par journée
- Contacter la Chambre des Notaires après un décès : recherche du notaire
Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr · portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr · déclaration de succession, droits de succession, revenus du défunt
- ameli.fr · capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr · pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr · fichier central des dispositions de dernières volontés