📘 Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en France 2026 — vue d'ensemble des étapes, lois, délais et fiscalité.
📌 L'essentiel en 3 points
- Notaire obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier, un testament, une donation entre époux, ou un patrimoine brut > 5 910,61 € (loi Sueur 2015-177).
- 5 étapes : prise de contact → acte de notoriété (1-2 mois) → inventaire → déclaration aux impôts (avant 6 mois) → partage.
- Liberté de choix : vous n'êtes pas obligé·e de prendre le notaire du défunt. Tarifs réglementés (décret 78-262), demandez un devis détaillé.
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Le notaire est l'officier public qui authentifie les actes de la succession. En France, son intervention est obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier, un testament, une donation entre époux, ou un montant brut supérieur à environ 5 910 €. Voici ce qu'il fait, combien il coûte, et comment bien le choisir.
Quand le notaire est obligatoire (et quand il ne l'est pas)
Cas où le notaire est obligatoire
- Présence d'un bien immobilier dans la succession (maison, appartement, terrain)
- Existence d'un testament (authentique, olographe ou mystique)
- Donation entre époux ("donation au dernier vivant")
- Montant brut de la succession supérieur à 5 910,61 € (loi Sueur n° 2015-177, plafond plafonné à actualisation périodique — vérifier sur service-public.fr)
- Régime matrimonial à liquider (communauté universelle, séparation de biens...)
- Présence d'une société dans le patrimoine
- Héritier mineur ou majeur protégé
Cas où le notaire n'est pas obligatoire
- Succession exclusivement mobilière (comptes bancaires, voiture, meubles)
- Montant brut inférieur à 5 910,61 €
- Pas de testament ni de donation
- Tous les héritiers sont majeurs et capables
Dans ces cas, les héritiers peuvent obtenir un acte de notoriété auprès du greffier du tribunal judiciaire (gratuit) et débloquer les comptes bancaires avec ce document.
Les 5 grandes étapes d'une succession chez le notaire
1. La prise de contact et le rendez-vous initial
Vous appelez ou rencontrez le notaire avec l'acte de décès, vos pièces d'identité, le livret de famille du défunt, ses dernières factures et relevés bancaires. Le notaire ouvre le dossier et établit la liste des démarches.
2. L'acte de notoriété (1 à 2 mois)
Le notaire identifie les héritiers via le livret de famille, le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) pour vérifier l'existence d'un testament, et délivre l'acte de notoriété qui prouve la qualité d'héritier. C'est avec cet acte que les héritiers peuvent débloquer les comptes bancaires, contacter les organismes, etc.
3. L'inventaire et l'évaluation du patrimoine (1 à 3 mois)
Le notaire dresse la liste précise :
- Actifs : immobilier (estimation), comptes bancaires, assurance-vie hors succession, voitures, mobiliers, parts de société
- Passifs : crédits en cours, factures impayées, dettes fiscales, frais d'obsèques (déductibles jusqu'à 1 500 €)
L'évaluation immobilière passe souvent par France Domaine ou un expert immobilier. Le notaire peut aussi consulter le fichier FICOBA pour identifier tous les comptes bancaires du défunt.
4. La déclaration de succession (avant la fin du 6ᵉ mois)
Le notaire prépare et dépose le formulaire 2705-S auprès du service de l'enregistrement des impôts. C'est le moment du calcul des droits de succession (voir notre guide complet droits de succession 2026). Délai légal : 6 mois après le décès, sinon pénalités de 0,20 %/mois + majoration 10 %.
5. Le partage des biens (variable)
C'est l'étape la plus longue et la plus émotionnelle. Le notaire prépare l'acte de partage qui définit ce que chaque héritier reçoit. Trois options :
- Partage amiable : tous les héritiers d'accord (acte signé chez le notaire)
- Partage judiciaire : désaccord, le tribunal tranche (très long et coûteux)
- Indivision maintenue : les héritiers gardent le bien à plusieurs (jusqu'à 5 ans renouvelables)
Combien coûte un notaire pour une succession ?
Les tarifs sont réglementés par décret (décret n° 78-262 du 8 mars 1978, mis à jour) — un notaire ne peut pas pratiquer de prix libres sur les actes obligatoires de succession.
Les émoluments proportionnels du notaire (barème dégressif)
Sur l'actif brut successoral :
| Tranche d'actif | Taux émoluments notaire |
|---|---|
| 0 à 6 500 € | 1,935 % |
| 6 500 à 17 000 € | 1,064 % |
| 17 000 à 60 000 € | 0,726 % |
| Au-delà de 60 000 € | 0,532 % |
Ce sont les émoluments du notaire personnel — qui ne sont qu'une partie des frais totaux.
Les frais totaux (ce qu'on appelle "frais de notaire")
Le terme "frais de notaire" est trompeur : ils incluent en réalité :
- Émoluments du notaire (~15-20 % du total)
- Droits d'enregistrement et taxes (~70-80 % — c'est l'État, pas le notaire)
- Débours (recherches, copies certifiées, déplacements — quelques centaines d'euros)
Pour une succession de 300 000 € avec un bien immobilier, comptez en moyenne 1,5 % à 2,5 % du montant total en frais de notaire — soit 4 500 € à 7 500 € — dont une grosse partie revient à l'État.
Comment réduire la facture ?
- Demander un devis détaillé au notaire (obligatoire et gratuit)
- Comparer 2-3 notaires — les tarifs sont identiques mais le niveau de service varie
- Préparer en amont : rassembler les pièces, lister les biens, identifier les comptes → réduit le temps de travail facturé en débours
- Voir notre article le coût caché d'une succession
Comment bien choisir son notaire pour une succession
Le principe de liberté de choix : vous n'êtes pas obligé de prendre le notaire du défunt. Vous pouvez choisir librement le vôtre.
Critères de choix
- Proximité géographique : pratique pour les rendez-vous fréquents (l'office traite mieux les biens locaux)
- Spécialisation succession : tous les notaires font de la succession, mais certains en ont fait leur cœur de métier
- Disponibilité et réactivité : demandez le délai moyen de traitement d'un dossier complet
- Tarification transparente : devis écrit, distinction émoluments / droits / débours
- Réputation : avis Google, bouche-à-oreille, annuaire officiel notaires.fr
Comment trouver le bon notaire
- Annuaire notaires.fr : annuaire officiel du Conseil Supérieur du Notariat — voir notre guide consulter le CSN après un décès
- Chambre départementale des notaires : peut vous orienter vers un notaire spécialisé en succession — voir notre guide contacter la Chambre des Notaires
- Rendez-vous gratuit : la plupart des notaires offrent un premier RDV gratuit de 30-45 min pour évaluer le dossier
Questions fréquentes (transverses succession)
Combien de temps a-t-on pour régler une succession en France
La déclaration de succession doit être déposée aux impôts dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a lieu hors de France métropolitaine). Au-delà, des pénalités de retard s'appliquent : 0,20 % par mois sur les droits dus + majoration de 10 % (article 1727 CGI). Pour le partage des biens entre héritiers, il n'y a pas de délai légal strict, mais l'indivision peut se compliquer dans le temps.
Faut-il obligatoirement passer par un notaire en France
Le notaire est obligatoire dès que la succession contient un bien immobilier, un testament, une donation entre époux, ou si le montant brut dépasse 5 910,61 € (loi Sueur n° 2015-177, plafond actualisé 2024 — vérifier en cours). Pour les petites successions sans immobilier ni testament, les héritiers peuvent gérer eux-mêmes via la mairie, la banque, et un acte de notoriété délivré par le greffier du tribunal.
Peut-on refuser une succession en France
Oui, c'est l'option héritier prévue à l'article 768 du Code civil : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer. La renonciation se fait par déclaration au greffe du tribunal judiciaire du lieu de la succession ou chez le notaire. Délai pour décider : 4 mois minimum, puis sommation possible par les créanciers. Une fois renoncé, on ne peut pas revenir en arrière sauf cas exceptionnels (article 807 Code civil).
Le conjoint survivant est-il exonéré de droits de succession
Oui, totalement. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint marié et le partenaire PACSé sont entièrement exonérés de droits de succession (article 796-0 bis CGI). Cette exonération est uniforme quel que soit le montant transmis. Le concubin n'a en revanche aucun droit automatique ni exonération — d'où l'importance d'un testament ou d'une donation au dernier vivant pour les couples non mariés / non PACSés.
Sources légales et officielles
- Code civil : articles 720 à 892 (régime des successions), articles 768 à 781-1 (option de l'héritier)
- Code général des impôts (CGI) : articles 777 (barème droits de succession), 779 (abattements), 790 G (donations)
- Code des assurances : article L132-23-1 (délai versement assurance-vie)
- service-public.fr — fiches F14199 (succession), F1270 (déclaration), F16871 (droits)
- DGFiP — impots.gouv.fr/particulier/succession
- Conseil Supérieur du Notariat — notaires.fr
- Barèmes 2026 vérifiés au moment de la publication. Les chiffres peuvent évoluer chaque loi de finances — toujours vérifier sur impots.gouv.fr avant action.
Cet article a une valeur informative générale, il ne remplace pas le conseil d'un notaire ou d'un avocat pour votre situation précise. Les délais et abattements dépendent de votre lien de parenté avec le défunt et de la date du décès.
Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr — portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr — déclaration de succession, droits de succession, déclaration de revenus du défunt
- ameli.fr — capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr — pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr/fcddvPublic/ — fichier central des dispositions de dernières volontés