Coordonnées de URSSAF

Nom complet
Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales
Téléphone
3957
Site officiel
www.urssaf.fr
Formulaire Guichet Unique INPI · déclaration de cessation
Guichet Unique INPI · déclaration de cessation
Délai légal
90 jours après le décès

Pièces à fournir

  • Acte de décès original
  • Livret de famille
  • Pièce d'identité du déclarant
  • RIB du demandeur
  • Justificatif du lien avec le défunt

Vous venez de perdre un proche, et voilà qu'on vous parle de cotisations, de cessation d'activité, d'URSSAF. Au milieu du chagrin, ces mots administratifs sonnent presque indécents. Je vais rester avec vous le temps qu'il faut pour démêler tout ça, calmement, étape par étape.

L'URSSAF, c'est l'organisme qui collecte les cotisations sociales. Son nom complet, c'est Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales, mais retenez juste qu'elle s'occupe de l'argent que les indépendants, les employeurs et certains particuliers versent à la Sécu. Quand la personne décédée cotisait, deux choses se règlent avec elle : on arrête son activité, et on remet les compteurs de cotisations à plat.

Faut-il vraiment prévenir l'URSSAF

Tout dépend de ce que faisait votre proche. Vous avez une démarche à faire si la personne décédée était :

Si votre proche était seulement salarié, ou retraité sans activité indépendante, vous pouvez souffler : il n'y a rien à faire de votre côté auprès de l'URSSAF. Son employeur ou sa caisse de retraite s'en charge automatiquement.

Que faire, selon ce que faisait votre proche

Si la personne était travailleur indépendant

Il faut déclarer la fin de son activité. Cela passe par un seul endroit, le Guichet Unique de l'INPI : formalites.entreprises.gouv.fr. C'est une déclaration unique qui fait plusieurs choses d'un coup :

Si la personne était employeur en entreprise individuelle

Là, c'est plus lourd, je ne vais pas vous le cacher. En plus de la cessation d'activité (la même que ci-dessus), il y a les salariés à gérer :

Pour ce cas, ne restez pas seul : un notaire et un comptable vous feront gagner un temps et une énergie précieux.

Si la personne employait quelqu'un à domicile (CESU, Pajemploi)

Remettre les cotisations à plat

Le dernier décompte

Les cotisations sociales de votre proche sont recalculées au prorata, c'est-à-dire en fonction du nombre de jours où il a réellement travaillé dans l'année. Si trop a été versé, la différence revient à la succession. Si pas assez, c'est la succession qui complète.

Un délai à connaître : 90 jours

Une déclaration des revenus des deux dernières années doit être faite dans les 90 jours qui suivent la cessation, autrement dit dans les 90 jours après le décès pour un travailleur indépendant. C'est court, gardez-le en tête.

Ce qui arrive si on ne fait rien pendant 2 ans

Si aucune déclaration n'est faite pendant deux années de suite, l'URSSAF radie d'office le travailleur indépendant. Ce n'est jamais une bonne chose pour la succession : cela peut déclencher des relances pour des cotisations forfaitaires impayées, des courriers qui tombent au pire moment.

Joindre l'URSSAF

Le capital décès, ce n'est pas l'URSSAF

On confond souvent les deux, alors je vous le dis clairement. Le capital décès des travailleurs indépendants (vous trouverez le montant à jour sur ameli.fr) n'est pas versé par l'URSSAF, mais par la SSI, la Sécurité Sociale des Indépendants, rattachée au régime général depuis 2018. Tout est expliqué sur notre page Sécurité Sociale des Indépendants.

La règle est simple à retenir : l'URSSAF s'occupe des cotisations, ce que votre proche versait. La SSI et la CPAM s'occupent des prestations, ce que vous pouvez recevoir. Deux démarches qui avancent en parallèle, mais qui ne se parlent pas.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne respecte pas les délais

Les conséquences changent selon l'organisme. Cela peut être des pénalités financières (des intérêts de retard de 0,2 % par mois, plus une majoration de 10 % pour la déclaration de succession à la DGFiP), une perte de droits (le capital décès se prescrit après 2 ans), un blocage administratif (un véhicule devient inutilisable après 3 mois) ou des factures qui s'accumulent. Le délai le plus serré à garder en tête, c'est la déclaration de succession à la DGFiP : 6 mois.

Le notaire est-il obligatoire pour tout cela

Non, mais il est vraiment recommandé. Il devient obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier dans la succession ou un testament. Pour une succession sans bien immobilier et inférieure à 50 000 €, vous pouvez faire la déclaration vous-même avec le formulaire Cerfa 2705-SD. Dans les faits, plus de 95 % des successions françaises passent quand même par un notaire.

Et les cotisations impayées avant le décès

Elles deviennent une dette de la succession. Les héritiers qui acceptent la succession en sont responsables, solidairement. C'est l'une des raisons qui poussent certains à choisir l'acceptation à concurrence de l'actif net, qui limite la responsabilité aux biens du défunt, ou la renonciation à la succession. On en parle sur notre page Accepter ou renoncer à une succession.

Et si je découvre un document important du défunt trop tard

Cela arrive plus souvent qu'on ne le croit : un testament rangé quelque part, un compte oublié, un véhicule non déclaré. Vous gardez la possibilité d'agir tant que les délais de prescription ne sont pas dépassés : 2 ans pour le capital décès de la Sécu, 10 ans pour l'assurance vie, et c'est sans limite pour les biens immobiliers, même si les pénalités fiscales montent avec le temps. Parlez-en au notaire, il peut souvent régulariser, même tardivement.

Quelques réflexes qui vous éviteront des allers-retours

  1. Demandez 10 copies de l'acte de décès à la mairie du lieu de décès, c'est gratuit. Chaque organisme réclame son propre exemplaire original.
  2. Identifiez vite le notaire chargé de la succession. C'est lui qui pilote la plupart des démarches longues : publicité foncière, déclaration de succession, attestation immobilière, succession bancaire.
  3. Surveillez les délais : 6 mois pour la déclaration de succession à la DGFiP (1 an si le décès a eu lieu à l'étranger), 3 mois pour la carte grise, 30 jours pour l'eau, et dès 48 h pour la réexpédition du courrier.
  4. Gardez une trace écrite de chaque démarche. Pour les courriers officiels, un envoi recommandé avec accusé de réception vous protège.
  5. Conservez les originaux. Les copies certifiées conformes ont été supprimées par le décret 2001-899, mais certaines administrations réclament encore l'original. Vous le récupérez après usage si on vous le demande.

Un dernier mot

La plupart de ces démarches sont en réalité prises en charge par le notaire, dans le cadre de la succession dans son ensemble. Choisir un notaire dans les deux à quatre semaines après le décès vous évite bien des retards et des pénalités. Même quand sa présence n'est pas obligatoire, parce que l'héritage est simple, il vous fait gagner du temps. Voir Choisir un notaire après un décès.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde n'est ni mandaté ni affilié à URSSAF. Les informations ci-dessus sont à vérifier auprès de l'organisme directement. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal.