L'essentiel en 3 points
- Les conditions varient : mariage, durée minimum, âge, ressources. Consulter service-public.fr et impots.gouv.fr pour les conditions exactes du régime concerné.
- Faire la demande DÈS LE DÉCÈS, même si tout n'est pas clair. L'effet rétroactif est limité, chaque mois passé sans déclaration peut être perdu.
- Cumul avec sa propre pension possible mais souvent sous plafond de ressources, la pension de réversion peut être réduite si le plafond est dépassé.
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Vous venez de perdre votre conjoint, et au milieu de tout ce qu'il faut affronter, on vous parle d'un droit dont vous ne savez presque rien. La pension de réversion fait partie de ces démarches qu'on ignore, qu'on repousse, ou qu'on croit hors de portée. C'est l'un des droits les plus mal compris du système de retraite français, et beaucoup de conjoints survivants passent à côté sans le savoir.
Je vais vous accompagner pas à pas. D'abord ce qu'est vraiment cette pension, ensuite les conditions à remplir, la démarche à suivre, et les pièges où l'on tombe souvent. Pour les chiffres précis (taux, plafonds, montants), je vous renverrai vers les portails officiels info-retraite.fr et lassuranceretraite.fr, qui restent à jour de la réglementation. Je préfère vous diriger vers la bonne source que de risquer un chiffre périmé.
Ce qu'est la pension de réversion
La pension de réversion est une fraction de la retraite que percevait, ou qu'aurait perçue, votre conjoint décédé. Elle vous est versée pour compenser, en partie, la perte de revenu du foyer. C'est un mécanisme de solidarité entre époux.
Elle répond à des conditions précises, et elle change selon le régime auquel le défunt cotisait : régime général de la Sécurité sociale, régimes complémentaires (Agirc-Arrco), régimes des fonctionnaires, des indépendants, régimes spéciaux. Une même personne a souvent cotisé à plusieurs d'entre eux au fil de sa carrière.
Retenez ceci, car c'est le point qui fait perdre le plus de droits : la pension de réversion n'est pas automatique. Il faut en faire la demande. Tant qu'elle n'est pas demandée, elle n'est pas versée. Ne pas la demander, c'est s'en priver entièrement.
Qui peut en bénéficier
Les règles diffèrent d'un régime à l'autre, mais quelques principes reviennent presque partout.
Être marié
C'est la condition la plus stricte, et celle qui surprend le plus. Le partenaire pacsé et le concubin n'ont pas droit à la pension de réversion dans le système français, dans la quasi-totalité des régimes. Seul le conjoint marié, présent ou ancien, peut y prétendre.
Les conditions d'âge
La plupart des régimes fixent un âge minimal pour percevoir la réversion, et cet âge varie. Pour les régimes complémentaires Agirc-Arrco, il est en général plus élevé que pour le régime général. Vérifiez sur info-retraite.fr selon votre situation.
Les conditions de ressources
Le régime général impose une condition de ressources : vos revenus ne doivent pas dépasser un plafond. Au-dessus, la pension est réduite, parfois supprimée. À l'inverse, les régimes complémentaires (Agirc-Arrco) et certains régimes de la fonction publique n'imposent pas cette condition.
Plusieurs mariages au cours de la vie du défunt
Si votre conjoint a été marié plusieurs fois, la pension est partagée entre les conjoints survivants, au prorata de la durée de chaque mariage. Cela inclut un éventuel ex-conjoint divorcé non remarié.
La démarche, étape par étape
Étape 1, identifier les régimes concernés
Votre conjoint a probablement cotisé à plusieurs régimes : le régime général comme salarié, l'Agirc-Arrco en complémentaire, peut-être un régime de fonctionnaire ou d'indépendant. Chacun traite la réversion de son côté.
Pour les retrouver tous, le bon réflexe est le portail unique info-retraite.fr, qui agrège les données de l'ensemble des régimes français.
Étape 2, faire une demande unique en ligne
Le portail info-retraite.fr propose une demande unique de pension de réversion. Un seul formulaire en ligne, transmis ensuite automatiquement à tous les régimes auxquels le défunt a cotisé. C'est la voie la plus simple et la plus rapide.
Vous pouvez aussi écrire à chaque régime séparément si vous préférez, mais la demande unique en ligne reste en principe la plus efficace.
Étape 3, rassembler les pièces
Selon les régimes, on vous demandera :
- Acte de décès du conjoint
- Livret de famille
- Acte de mariage (et le cas échéant jugement de divorce, acte de remariage)
- Justificatifs de ressources (avis d'imposition récents)
- RIB du compte sur lequel la pension sera versée
- Pièce d'identité
Étape 4, attendre la notification
Chaque régime instruit votre demande, puis vous notifie sa décision : acceptation avec montant, refus motivé, ou demande de pièces complémentaires. Les délais vont de quelques semaines à plusieurs mois, selon la complexité du dossier.
Étape 5, vérifier le calcul
À réception de la notification, prenez le temps de vérifier : montant de la pension du défunt, taux appliqué, durée du mariage, conditions de ressources. Si quelque chose ne vous semble pas juste, vous pouvez engager un recours dans les délais indiqués.
Des situations particulières à connaître
Conjoint divorcé non remarié
Le conjoint divorcé qui ne s'est pas remarié peut conserver un droit à la réversion, calculé au prorata de la durée du mariage. Si le défunt a eu plusieurs unions, la part de chacun dépend de la durée respective de chaque mariage.
Remariage du conjoint survivant
Selon les régimes, vous remarier peut entraîner la perte ou la suspension de la pension. Pour le régime général, certaines règles s'appliquent. Pour les régimes complémentaires Agirc-Arrco, le remariage entraîne en général la perte du droit. Vérifiez systématiquement avant de vous engager.
Conjoint pacsé ou concubin
Le partenaire pacsé et le concubin survivants n'ont pas droit à la réversion dans la grande majorité des régimes français. Ils peuvent en revanche relever d'autres dispositifs selon leur situation : assurance-vie, prévoyance, capital décès si le défunt était salarié. Voir notre guide capital décès employeur.
Décès d'un fonctionnaire
Les règles sont particulières. La réversion n'est pas soumise à condition de ressources, mais elle dépend du nombre de trimestres cotisés et d'autres paramètres. Selon les cas, votre interlocuteur direct est le service des retraites de l'État ou la CNRACL.
Décès d'un indépendant
Les règles s'approchent de celles du régime général, avec quelques spécificités liées à la SSI (Sécurité sociale des indépendants), désormais intégrée au régime général. Vérifiez sur info-retraite.fr.
Conjoint résidant à l'étranger
La pension peut être versée à un conjoint qui réside à l'étranger, sous conditions. Justifier de la résidence et de l'identité peut demander des démarches consulaires.
Décès en activité
Si votre conjoint était encore en activité au moment du décès, la réversion est calculée comme s'il était parti à la retraite ce jour-là. Le capital décès de la Sécurité sociale s'ajoute, pour les ayants droit d'un salarié. Voir notre guide capital décès employeur.
Les erreurs où l'on tombe souvent
- Ne pas demander la pension, en croyant qu'elle viendra d'elle-même. Elle ne vient jamais d'office.
- Demander trop tard. La pension n'est versée qu'à compter de la date de la demande, avec un effet rétroactif limité. Faites la démarche dès que possible après le décès.
- Oublier les régimes complémentaires. La demande unique en ligne via info-retraite.fr couvre l'ensemble et vous évite cet oubli.
- Confondre pension de réversion et capital décès. Ce sont deux dispositifs distincts, qui peuvent parfois se cumuler.
- Ne pas signaler un changement de situation. Un remariage, un déménagement à l'étranger, une évolution de vos ressources peuvent modifier le montant et déclencher des sommes à rembourser.
Questions fréquentes
Quel est le pourcentage de la pension du défunt
Le taux dépend du régime : par exemple environ 54 % pour le régime général, 60 % pour l'Agirc-Arrco, 50 % pour la fonction publique selon les paramètres. Les chiffres exacts sont publiés sur info-retraite.fr et peuvent évoluer.
Combien de temps avant de percevoir la première pension
En général de quelques semaines à plusieurs mois, selon la complexité du dossier. La pension est en principe versée chaque mois à compter de la date de votre demande, avec parfois un rappel rétroactif limité.
Le PACS donne-t-il droit à la pension de réversion
Non, dans la quasi-totalité des régimes français, le partenaire pacsé n'y a pas droit. Seul le mariage ouvre ce droit. Le partenaire pacsé peut en revanche relever d'autres mécanismes, comme l'assurance-vie ou le capital décès si le défunt était salarié.
La pension de réversion est-elle imposable
Oui, elle est en principe soumise à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales, selon les règles en vigueur. Elle se déclare dans la catégorie des pensions de retraite. Voir notre guide déclaration impôts après décès.
Pour aller plus loin
- Récupérer l'argent d'un proche décédé
- Capital décès employeur : comment l'obtenir et qui peut en bénéficier
- Que faire après le décès d'un proche : par où commencer dans les premières heures ?
- Déblocage du compte bancaire après décès : ce qu'il faut savoir et comment procéder
- Prévenir la MSA après un décès : démarches régime agricole
- Prévenir l'IRCANTEC après un décès : réversion fonctionnaires contractuels
- Prévenir l'ENIM après un décès : régime des marins, pension survivant
- Prévenir la CPRP SNCF après un décès : régime cheminots
Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr · portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr · déclaration de succession, droits de succession, revenus du défunt
- ameli.fr · capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr · pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr · fichier central des dispositions de dernières volontés