Une enveloppe de l'hôpital arrive, parfois plusieurs semaines après. Un séjour, des jours d'hospitalisation, un reste à charge. Et cette question qui serre le ventre: est-ce à moi de payer? Posez l'enveloppe un instant. Je reste avec vous, on va regarder cela ensemble, doucement.
L'essentiel en 3 points
- Le forfait journalier hospitalier reste à la charge du patient, mais votre mutuelle le prend souvent en charge: vérifiez le contrat avant de payer quoi que ce soit.
- Ces frais deviennent une dette de la succession. Ce que vous réglez dépend du choix que vous faites entre accepter, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer.
- Vous avez un délai pour décider. Rien ne vous oblige à payer dans l'urgence avec votre argent personnel.
D'où vient cette facture
Pendant une hospitalisation, certains frais restent à la charge du patient. Le forfait journalier hospitalier couvre les frais d'hébergement et d'entretien entraînés par le séjour: c'est la participation financière du patient, et elle reste à sa charge. Depuis le 1er mars 2026, son montant est fixé à 23 € par jour à l'hôpital ou en clinique, et à 17 € par jour dans le service psychiatrique d'un établissement de santé. À cela peut s'ajouter le ticket modérateur, la part des dépenses de santé qui reste à la charge de l'assuré après le remboursement de l'Assurance Maladie. Ce sont ces sommes-là, le plus souvent, que l'hôpital réclame.
Avant tout, regardez du côté de la mutuelle
Beaucoup de familles paient une facture qui ne leur revenait pas. Alors prenez ce réflexe en premier. Le forfait journalier hospitalier n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie, mais il peut être pris en charge par la complémentaire santé si le contrat le prévoit. Et la couverture minimale d'un contrat responsable inclut justement la prise en charge intégrale du forfait journalier en cas d'hospitalisation. Le ticket modérateur, lui aussi, peut être couvert par la mutuelle. Si votre proche avait une complémentaire santé, cette facture est peut-être déjà destinée à son organisme, pas à vous. Cherchez le contrat, appelez la mutuelle, demandez-leur ce qui reste réellement dû. Ce premier coup de fil change souvent tout.
Ce qui reste dû devient une dette de la succession
S'il reste vraiment quelque chose à régler, cette somme n'est pas une dette personnelle qui vous tombe dessus. Elle entre dans la succession de votre proche, au même titre que ses autres comptes et obligations. Et c'est là que votre choix d'héritier compte, parce qu'il décide de ce que vous aurez à payer.
En cas d'acceptation pure et simple de la succession, l'héritier doit payer les dettes du défunt et les frais occasionnés par le décès, y compris sur ses biens personnels, à proportion de sa part d'héritage. C'est l'option la plus engageante. En cas d'acceptation à concurrence de l'actif net, l'héritier ne paie pas les dettes qui dépassent la valeur des biens du défunt: vos économies personnelles restent à l'abri. Et en cas de renonciation, l'héritier n'est pas tenu de payer les dettes de la succession. Vous disposez d'un délai pour exercer cette option, et ce choix détermine si vous devrez ou non régler ces frais. Je vous explique tout cela plus calmement dans le guide pour récupérer l'argent d'un proche décédé.
Vous n'avez pas à payer dans la précipitation
C'est le point que je veux vous laisser. Une facture d'hôpital qui arrive n'est pas une mise en demeure de vider votre compte aujourd'hui. Tant que vous n'avez pas accepté la succession purement et simplement, vous n'engagez pas votre argent personnel. Prenez le temps de vérifier la mutuelle, de regarder ce que contient la succession, et seulement ensuite de décider. Si l'hôpital relance, expliquez que vous êtes en cours de règlement de la succession. C'est une réponse normale et entendue.
Pour le reste des démarches, je vous accompagne pas à pas dans que faire après le décès d'un proche. Et si certaines factures touchent au compte de votre proche, le déblocage du compte bancaire après décès vous aidera à y voir clair sur ce qui peut être payé depuis la succession.
Questions fréquentes
L'hôpital peut-il me forcer à payer avec mon argent personnel?
Non, pas tant que vous n'avez pas accepté la succession purement et simplement. Si vous acceptez à concurrence de l'actif net, vous ne payez pas les dettes qui dépassent la valeur des biens de votre proche, et vos biens personnels restent protégés. Si vous renoncez, vous n'êtes pas tenu de régler les dettes de la succession. Vous gardez un délai pour faire ce choix.
La mutuelle de mon proche prend-elle en charge ces frais?
Souvent, oui. Le forfait journalier hospitalier peut être pris en charge par la complémentaire santé si le contrat le prévoit, et la couverture minimale d'un contrat responsable l'inclut même intégralement. Le ticket modérateur aussi peut être couvert. C'est la première chose à vérifier avant de payer.
Combien coûte le forfait journalier hospitalier?
Depuis le 1er mars 2026, il est de 23 € par jour à l'hôpital ou en clinique, et de 17 € par jour dans le service psychiatrique d'un établissement de santé. Mais avant de multiplier ces montants par le nombre de jours, vérifiez si la mutuelle de votre proche les couvrait, car c'est très fréquemment le cas.
Cette facture fait-elle partie de la succession?
Oui. Les frais de séjour qui restent dus deviennent une dette de la succession de votre proche. La part que vous aurez à régler dépend de votre option d'héritier: accepter, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer. Vous trouverez plus de repères dans le guide pour récupérer l'argent d'un proche décédé.
Pour aller plus loin
- Mutuelles seniors et frais d'obsèques : ce qu'elles couvrent
- Frais funéraires et contrat prévoyance obsèques après un décès
- Comment réduire les frais de succession : 8 stratégies légales (2026)
- Décès en EHPAD : se faire rembourser les frais
- Que faire après le décès d'un proche : par où commencer dans les premières heures ?
Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr · portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr · déclaration de succession, droits de succession, revenus du défunt
- ameli.fr · capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr · pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr · fichier central des dispositions de dernières volontés