Un collègue vient de partir, et le bureau n'a plus la même couleur. Sa chaise, sa tasse, son rire dans le couloir. Vous ne savez plus très bien quoi faire de vos journées, ni comment vous tenir devant les autres. C'est normal. On passe parfois plus d'heures avec nos collègues qu'avec notre propre famille, et personne ne nous apprend à dire au revoir à l'un d'eux. Je suis là pour vous aider à trouver les bons gestes, doucement.

L'essentiel en 3 points

Ce que la loi prévoit, et ce qu'elle ne prévoit pas

Je préfère vous le dire franchement, pour que vous ne soyez pas pris au dépourvu. Il n'existe aucun congé légal pour le décès d'un collègue de travail. La loi réserve le congé pour décès aux membres de la famille proche : conjoint, partenaire de PACS, concubin, enfant, parents, beaux-parents, frère, sœur. Un collègue, même très cher, n'ouvre pas ce droit.

Cela ne veut pas dire que votre peine n'est pas légitime. Cela veut dire qu'aucune case n'a été prévue pour elle. Si la journée vous semble impossible, parlez-en à votre responsable ou aux ressources humaines. Beaucoup d'entreprises savent accorder une demi-journée, un aménagement, une souplesse, simplement parce que c'est humain. Vous avez le droit de demander.

Les premiers jours au bureau

Il y a souvent un flottement, les premières heures. On ne sait pas si on peut parler de lui, si on doit faire comme si de rien n'était, si on a le droit d'être triste alors qu'on n'était que collègues. Vous avez le droit.

Dire son prénom fait du bien. Évoquer un souvenir, même un petit, même drôle, n'est pas un manque de respect, c'est au contraire une façon de le garder un instant parmi vous. Si quelqu'un dans l'équipe est plus touché que les autres, un café partagé, une main sur l'épaule, une phrase simple comme « je pense à toi » valent bien mieux que de grands discours. On n'a pas besoin de trouver les mots justes. On a besoin d'être là.

Écrire à la famille, ou être présent aux obsèques

C'est souvent le geste qui pèse le plus, et qui compte le plus. Pour la famille, savoir que la personne aimée était entourée, appréciée, respectée au travail, c'est un réconfort réel. Vous n'avez pas à écrire une lettre parfaite. Quelques lignes sincères suffisent : ce qu'il vous a apporté, un trait de caractère que vous gardez, votre soutien.

Si l'équipe souhaite être présente aux obsèques, le mieux est de se renseigner avec délicatesse, parfois par le biais de l'employeur, pour savoir si la famille y est ouverte et où la cérémonie a lieu. Si vous découvrez le décès de façon brutale et que tout va vite, je vous explique ailleurs comment se déroulent les 48 premières heures après un décès soudain. Cela peut vous aider à comprendre le tempo de la famille, qui n'est pas le vôtre.

Une collecte, une attention collective

Beaucoup d'équipes ressentent le besoin de faire quelque chose ensemble. Une collecte pour des fleurs, un don à une association choisie par la famille, un livre de souvenirs où chacun écrit un mot. Ce sont de beaux gestes, à condition de rester sobres et de toujours demander à la famille ce qui lui ferait du bien. Le deuil des proches n'est pas le vôtre. Votre rôle est de l'accompagner, pas de l'organiser à sa place.

Quand la famille a besoin d'aide sur les démarches

Il arrive que la famille se tourne vers les collègues, parce que vous êtes le lien avec l'entreprise. Vous pouvez les orienter avec douceur, sans jamais faire à leur place.

Sachez que le décès d'un salarié rompt automatiquement son contrat de travail. C'est un cas de force majeure, sans procédure de licenciement. L'employeur doit alors remettre aux ayants droit un solde de tout compte et un certificat de travail, et mettre à jour le registre du personnel. Surtout, l'entreprise doit verser à la famille les sommes dues au défunt : salaires et primes acquis, indemnité de congés payés non pris, droits accumulés comme un compte épargne-temps, aides conventionnelles éventuelles, droits issus de l'épargne salariale. L'employeur doit aussi informer les organismes de retraite et de prévoyance du décès.

Ce sont parfois des montants importants, qui reviennent à la famille de plein droit. Si vous sentez qu'elle est perdue, vous pouvez lui indiquer en douceur qu'il existe un capital décès versé par l'employeur dans certains cas, et plus largement des moyens de récupérer l'argent qui revient à un proche décédé. Pour la suite, le guide des démarches après le décès d'un proche accompagne la famille pas à pas.

Quand le décès survient au travail

C'est l'épreuve la plus dure, et je veux la nommer avec sobriété. Quand un accident du travail ou de trajet entraîne le décès d'un salarié, l'entreprise a des obligations très rapides. L'employeur doit informer l'inspection du travail dans les 12 heures qui suivent le décès. Il doit aussi déclarer l'accident à la CPAM, ou à la MSA, dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés.

Si vous avez été témoin, ou simplement présent, sachez que la sidération est normale. Prenez soin de vous et des autres. Demandez du soutien. Et si la famille cherche à comprendre ce qui s'est passé, vous pouvez l'orienter vers l'aide aux démarches après un décès, sans porter seul un poids qui n'est pas le vôtre.

Questions fréquentes

Ai-je droit à un congé pour le décès d'un collègue ?

Non, aucun congé légal n'est prévu pour le décès d'un collègue de travail. Le congé pour décès est réservé aux membres de la famille proche. Si vous en avez besoin, parlez-en à votre employeur, qui peut vous accorder une souplesse à titre humain.

Que dire à la famille de mon collègue décédé ?

Restez simple et sincère. Quelques lignes suffisent : ce que votre collègue vous a apporté, un trait que vous gardez de lui, votre soutien. Savoir qu'il était apprécié au travail est un vrai réconfort pour ses proches.

La famille me demande de l'aide pour les démarches, que faire ?

Vous pouvez l'orienter avec douceur, sans agir à sa place. L'entreprise doit lui remettre un solde de tout compte, un certificat de travail, et lui verser les sommes dues au défunt. Vous pouvez aussi l'aiguiller vers le guide des démarches après un décès et les moyens de récupérer l'argent qui revient à la famille.

Faut-il organiser une collecte au bureau ?

Rien n'est obligatoire. Si l'équipe en ressent le besoin, une collecte pour des fleurs, un don à une association ou un mot collectif sont de beaux gestes. Demandez toujours à la famille ce qui lui ferait du bien, et restez dans la sobriété.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.