Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Suisse 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.
Perdre son enfant, c'est ce que rien ne prépare à vivre. Vous n'avez pas à porter en plus le poids des formulaires et des coups de fil. Je reste à vos côtés, et nous avançons à votre rythme, une chose après l'autre.
Voici ce que je vais clarifier avec vous : les démarches administratives des premiers jours, les congés et les prestations auxquels vous avez droit en Suisse, les obsèques d'un enfant, et les personnes vers qui vous tourner quand la nuit est longue. Rien d'urgent ne se décide seul, et presque tout peut attendre que vous soyez prêt.
Les démarches des premiers jours
Un médecin constate le décès et établit le certificat. À partir de là, tout s'enchaîne sans que vous ayez à courir.
Le décès est annoncé à l'office d'état civil de l'arrondissement du lieu de décès. C'est lui qui établit l'acte de décès, le document dont vous aurez besoin pour la suite.
Vient ensuite l'organisation des obsèques. De nombreux opérateurs proposent des forfaits adaptés à des tarifs réduits pour les enfants. Demandez-le simplement, sans crainte de mal faire.
Restent les notifications à quelques interlocuteurs : l'école, le médecin, la caisse-maladie, l'AVS si l'enfant avait des droits, les employeurs des parents, et la caisse de pension pour d'éventuelles prestations. Vous trouverez les repères officiels sur ch.ch.
Vos congés et les prestations
Vous avez le droit de vous arrêter. Plusieurs appuis existent, et il vaut la peine de les vérifier dès que vous en avez la force.
Un congé pour décès est prévu dans les conditions fixées par votre contrat de travail et la convention collective. Au-delà, un arrêt de travail médical peut le compléter, parce que ce deuil-là touche le corps autant que le cœur.
Pour les parents assurés, le 2ème pilier (LPP) peut ouvrir des prestations. Le détail se trouve dans notre guide sur le 2ème pilier et le décès en Suisse. Une précision utile : la rente d'orphelin de l'AVS concerne un enfant dont un parent est décédé, ce n'est donc pas une prestation liée au décès de votre enfant lui-même.
Pour le soutien psychologique, la caisse-maladie, les hôpitaux et les associations spécialisées peuvent prendre le relais.
Les obsèques d'un enfant
Les règles sont les mêmes que pour un adulte, avec quelques douceurs propres aux plus petits :
- Des forfaits adaptés, à des tarifs réduits, souvent symboliques
- Des communes qui prennent en charge gratuitement dans certains cas
- Des rituels personnalisés que les opérateurs vous proposent volontiers
Rien ne vous oblige à décider vite. Vous pouvez prendre le temps de comparer deux ou trois devis et de choisir ce qui ressemble à votre enfant.
Les situations particulières
Chaque histoire est différente. Voici les cas qui reviennent souvent.
Parents séparés. Vous restez décisionnaires conjointement.
Décès accidentel ou suspect. Une enquête peut être ouverte et retarder la remise du corps. C'est éprouvant, mais l'équipe vous tient informés.
Décès par suicide d'un adolescent. La ligne 143 La Main Tendue accompagne aussi les proches, à toute heure.
Décès à l'hôpital. L'établissement organise un accompagnement. Un recours reste possible en cas de suspicion de faute.
Décès survenu à l'étranger. S'ajoutent le rapatriement et les démarches auprès du consulat.
Enfant placé. Les parents biologiques restent décisionnaires, sauf décision contraire.
Fratrie présente. Les frères et sœurs ont besoin d'un accompagnement à leur mesure, que proposent les associations et les services hospitaliers.
À ne pas faire dans l'urgence
Quelques gestes que beaucoup de parents regrettent ensuite, et que je vous évite volontiers :
- Imposer aux enfants survivants un retour rapide à la "normale" sans espace pour parler
- Renoncer aux rituels d'adieu en pensant épargner la fratrie : leur absence rend le deuil plus difficile à long terme
- Signer le devis funéraire dans la précipitation, sans comparer
- Négliger le suivi psychologique au-delà des premiers mois : le deuil d'un enfant demande souvent un accompagnement de plusieurs années
- Sous-estimer ce que cela fait traverser au couple : un suivi spécifique est utile, et il n'a rien d'un aveu de faiblesse
Les démarches qui reviennent plus tard
Au-delà des premières semaines, certaines choses ressurgissent. Vous n'avez pas à toutes les garder en tête, je vous les rappellerai le moment venu :
- Mises à jour fiscales : retrait de l'enfant du foyer fiscal, déclaration adaptée
- Allocations familiales : ajustement avec la caisse de compensation
- Caisse-maladie : radiation effective et remboursements éventuels
- Établissements scolaires : restitution des prestations payées d'avance
- Sport et loisirs : résiliation des inscriptions, restitution éventuelle des cotisations
Ce qui change selon votre canton
Le cadre fédéral est commun, mais plusieurs choses concrètes dépendent de votre canton :
- Les carrés dédiés aux enfants dans les cimetières communaux, parfois gratuits
- Les forfaits funéraires symboliques chez les opérateurs locaux, à demander explicitement
- Les programmes d'accompagnement psychologique, dont la couverture varie selon les caisses-maladie cantonales
- Les cellules de crise scolaires, organisées différemment d'un établissement à l'autre
Le service social de l'hôpital, l'aumônerie hospitalière et les associations locales sauront vous orienter vers les ressources de votre région.
Le soutien de votre employeur
Beaucoup d'employeurs disposent d'un Programme d'aide aux employés (PAE), que le service RH peut mobiliser confidentiellement. Il ouvre souvent :
- Un suivi psychologique anonyme et pris en charge
- Un aménagement des horaires et de la charge de travail
- Une reprise progressive après l'arrêt initial
Certaines caisses de pension prévoient aussi des prestations en cas de décès d'un enfant à charge. Cela vaut la peine de poser la question au service RH et à la caisse de pension.
Vers qui vous tourner en Suisse
Vous n'avez pas à traverser cela seul. Ces personnes sont là, jour et nuit :
- 143 La Main Tendue (24h/24, gratuit), écoute et prévention du suicide
- 147 Pro Juventute pour les jeunes et les familles
- Les services psychologiques des hôpitaux universitaires
- La Fondation As'trame (Suisse romande), accompagnement du deuil de l'enfant
- Le Verein Regenbogen (Suisse alémanique), deuil périnatal et pédiatrique
Questions fréquentes
Combien de jours de congé puis-je prendre pour le décès de mon enfant
Cela dépend de votre contrat de travail et de la convention collective, et varie selon l'employeur et le canton. Pour la durée minimale légale et conventionnelle, le congé est accordé sans condition. Au-delà, un congé supplémentaire sans solde peut se négocier, et un arrêt médical reste possible en complément.
Y a-t-il une aide financière
Plusieurs appuis selon votre situation : les assurances sociales, la caisse-maladie, et le 2ème pilier s'il est applicable. Le service RH et la caisse de pension de l'employeur vous diront ce à quoi vous avez droit.
Le soutien psychologique est-il pris en charge
Oui, plusieurs dispositifs existent via la caisse-maladie, et les hôpitaux comme les associations spécialisées complètent ce soutien.
Mon enfant pouvait-il avoir un patrimoine à transmettre
Oui, s'il avait reçu un héritage auparavant. Une succession s'ouvre alors, et les parents en sont en principe les héritiers. Le notaire vous accompagne pour cette part des choses.
Pour être accompagné, découvrez Mathilde.
Pour aller plus loin
- Décès d'un bébé et mort périnatale en Suisse : démarches
- Que faire après le décès d'un proche en Suisse : par où commencer ?
- 2ème pilier LPP après décès en Suisse : prestations pour les survivants
- Décès d'un enfant en voiture : ce qui se passe ensuite
- Décès par noyade d'un enfant : les démarches
Sources officielles à consulter
- ch.ch · portail officiel des autorités suisses
- bankingombudsman.ch · recherche d'avoirs bancaires en déshérence
- sfbvg.ch · recherche d'avoirs de prévoyance professionnelle (2e pilier)
- ahv-iv.ch · rentes de survivants AVS (veuve, veuf, orphelin)