L'essentiel en 3 points

Le logement où votre proche vivait porte encore sa présence, et il faut pourtant s'en occuper vite. C'est l'une des choses les plus dures à affronter dans les premières semaines. Je reste avec vous pour démêler ce qui dépend du statut de votre proche.

Trois situations possibles, trois chemins différents. S'il était locataire, le bail peut souvent rester dans la famille. S'il était propriétaire, le logement entre dans la succession et passe par le notaire. S'il était copropriétaire, le syndic doit être prévenu. Voici comment avancer dans chacun de ces cas, sans rien laisser traîner.

Si votre proche était locataire

Reprendre le bail, pour vous ou un proche

La loi du 6 juillet 1989 (article 14) protège ceux qui vivaient avec votre proche. Le bail peut se transmettre, et plusieurs personnes peuvent le reprendre :

Si vous étiez le conjoint, rien à faire de particulier : la reprise est automatique, sans avenant. Pour les autres situations, il faut adresser une demande écrite au bailleur, avec l'acte de décès et les justificatifs qui prouvent que vous viviez bien là.

Mettre fin au bail si personne ne reste

Si aucun proche ne souhaite garder le logement, ce sont les héritiers qui résilient le bail au nom de la succession. Bonne nouvelle dans ce moment compliqué : en cas de décès, le préavis est réduit à 1 mois au lieu de 3.

Récupérer le dépôt de garantie

Le bailleur doit rendre le dépôt de garantie à la succession dans les 2 mois suivant l'état des lieux de sortie, une fois déduites d'éventuelles dégradations.

Si votre proche était propriétaire

Le bien passe par la succession

Le logement entre dans l'actif successoral, et c'est le notaire qui pilote sa transmission. Les étapes :

  1. Évaluation du bien, à sa valeur au jour du décès, pour la déclaration de succession
  2. Inscription des héritiers comme nouveaux propriétaires au Service de Publicité Foncière
  3. Attestation immobilière rédigée par le notaire, qui vaut titre de propriété pour les héritiers
  4. Droits de succession calculés sur la valeur du bien, selon votre lien avec le défunt et les abattements applicables

Les décisions qui vous reviennent

Vous n'êtes pas obligé de tout trancher dans l'urgence. Plusieurs options s'offrent à vous :

Le crédit immobilier en cours

Le plus souvent, une assurance emprunteur décès prend le relais et rembourse le capital restant. Signalez le décès à la banque sans attendre pour activer cette garantie. Sans assurance, la dette rejoint la succession.

Si votre proche était copropriétaire

Prévenir le syndic

Adressez au syndic l'acte de décès puis l'acte de notoriété dès qu'il est disponible. Il met à jour le registre des copropriétaires.

Les appels de charges

Les charges continuent au nom de la succession, puis des héritiers une fois la propriété transmise. Les héritiers sont solidairement responsables des charges dues par votre proche.

Les travaux votés en assemblée

Si des travaux avaient été votés avant le décès sans être encore réalisés, la succession reste redevable de la quote-part. Pensez à vérifier les procès-verbaux d'AG des 3 dernières années.

Taxe foncière et taxe d'habitation

Quelques situations à part

Un logement vide en attendant la vente

Un logement inoccupé, c'est un risque : vandalisme, dégradations, fuites qui passent inaperçues. Quelques gestes simples vous protègent :

Location-vente ou usufruit

Ces montages sont juridiquement délicats. Le notaire doit reprendre les actes dans le détail. Aucune démarche type ici, chaque situation est unique.

Un bien immobilier à l'étranger

Un bien situé hors de France relève en général du droit du pays où il se trouve, avec parfois une convention applicable selon les pays. Un notaire spécialisé en droit international privé saura vous guider.

Questions fréquentes

Le conjoint survivant peut-il toujours rester dans le logement

Le conjoint marié bénéficie d'un droit au logement temporaire d'1 an dans le logement principal du couple, gratuitement, quel que soit le statut, locataire ou propriétaire. Au-delà, un droit viager reste possible selon le régime matrimonial et la succession. Voir Droits du conjoint survivant.

Que faire du crédit immobilier si votre proche avait emprunté seul

L'assurance emprunteur décès rembourse en général le capital restant. Signalez le décès à la banque rapidement, avec l'acte de décès. Sans cette assurance, la dette rejoint la succession et peut justifier une renonciation. Voir Accepter ou renoncer à une succession.

Combien de temps a-t-on pour vider le logement loué

Aucun délai légal strict, mais le bailleur facture le loyer jusqu'à l'état des lieux de sortie. Le préavis est réduit à 1 mois en cas de décès, au lieu de 3. L'idéal reste d'organiser le vide-maison sous 1 à 3 mois.

Le syndic peut-il refuser que les héritiers reprennent le bien

Non. La transmission par succession est de droit, automatique dès l'enregistrement de la mutation au Service de Publicité Foncière. Le syndic met à jour le registre, il n'a aucun pouvoir d'opposition.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.