💚 Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession au Québec 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.

Au Québec, une succession peut comporter une dimension internationale dans plusieurs situations : biens à l'étranger détenus par le défunt, défunt résidant hors Canada au moment du décès, héritiers à l'étranger. Ces situations soulèvent des questions de droit international privé, de coopération entre administrations, et de fiscalité parfois complexe.

Cet article fait le tour des règles principales applicables au Québec, des étapes pratiques, et des cas particuliers.

Trois grandes situations

1. Défunt résidant au Québec avec des biens à l'étranger. Le droit québécois s'applique en principe à la succession (loi du dernier domicile du défunt), mais les biens immobiliers à l'étranger suivent souvent la loi locale. Coordination avec les administrations étrangères.

2. Défunt résidant à l'étranger avec des biens au Québec. La loi étrangère du domicile du défunt peut s'appliquer à la succession mobilière, mais les biens immobiliers situés au Québec suivent en principe la loi québécoise. Une demande de mutation par décès au Québec peut être nécessaire pour les biens immobiliers.

3. Héritiers ou liquidateur à l'étranger. La gestion à distance complique la liquidation. Procurations, traductions, communications consulaires.

Les règles précises de droit international privé sont dans le Code civil du Québec.

Le rôle du notaire

L'accompagnement d'un notaire avec compétence internationale est en pratique essentiel pour ce type de succession. Le notaire :

La Chambre des notaires du Québec (cnq.org) renseigne sur les notaires spécialisés.

Reconnaissance des actes étrangers au Québec

Pour utiliser un acte étranger au Québec, il faut souvent :

Les actes étrangers d'état civil (acte de décès, acte de naissance) doivent être validés selon ces procédures avant utilisation.

Les biens immobiliers à l'étranger

Si le défunt possédait un bien immobilier à l'étranger :

Le notaire québécois coordonne avec un confrère ou un avocat local.

Les biens mobiliers à l'étranger

Pour les comptes bancaires, valeurs mobilières, et autres biens mobiliers à l'étranger :

Le Registre canadien des comptes et placements n'existe pas au sens d'une recherche centralisée internationale — il faut interroger chaque institution.

Les conventions fiscales

Le Canada (et donc le Québec) a signé de nombreuses conventions fiscales avec d'autres pays pour éviter la double imposition. Ces conventions peuvent prévoir :

L'application des conventions est complexe — un fiscaliste spécialisé est recommandé pour les patrimoines significatifs.

Cas particuliers

Défunt québécois ayant émigré. Si le défunt avait quitté le Québec avant le décès, son dernier domicile détermine la loi applicable. Le notaire vérifie les éléments factuels (déclarations fiscales, résidence effective, intentions).

Conjoint à l'étranger. Le conjoint peut faire valoir ses droits (succession, patrimoine familial pour mariage / union civile) avec preuves traduites et légalisées.

Enfants à l'étranger. Les héritiers étrangers peuvent recevoir leur part. Des règles de transfert de fonds et de fiscalité locale peuvent s'appliquer.

Biens dans plusieurs pays. Une succession peut être ouverte dans plusieurs pays simultanément, avec coordination entre notaires et autorités. Compliqué et coûteux.

Patrimoine d'entreprise transfrontalier. Très complexe. Avocat fiscaliste spécialisé et notaire international indispensables.

Successions très anciennes : si un héritier découvre tardivement un bien à l'étranger laissé par un défunt depuis longtemps, des recherches consulaires et notariales spécialisées peuvent être engagées.

Démarches concrètes

  1. Saisir un notaire avec compétence internationale dès l'identification de la dimension internationale
  2. Inventorier tous les biens à l'étranger avec leur localisation précise
  3. Rassembler les documents : actes de décès, testaments, contrats de mariage
  4. Demander les apostilles ou légalisations nécessaires
  5. Identifier la loi applicable à chaque catégorie
  6. Coordonner les procédures dans chaque pays
  7. Vérifier les conventions fiscales applicables
  8. Anticiper les délais : très significatifs en cas de coordination internationale

FAQ

Quelle loi s'applique à une succession internationale ?

En principe, la loi du dernier domicile du défunt s'applique aux biens mobiliers, et la loi du lieu de situation aux biens immobiliers. Mais des règles spéciales et des conventions internationales peuvent modifier l'application.

Combien de temps prend une succession internationale ?

Beaucoup plus longtemps qu'une succession domestique. Compter plusieurs mois à plusieurs années selon la complexité et les pays concernés.

Faut-il payer des droits de succession dans plusieurs pays ?

Cela peut arriver, notamment pour les biens immobiliers situés à l'étranger. Les conventions fiscales évitent en général la double imposition mais leur application demande expertise.

Le testament fait à l'étranger est-il valable au Québec ?

Cela dépend du droit du pays de rédaction et du droit québécois (règles de validité formelle). Un testament respectant les formes du pays de rédaction ou de la nationalité du testateur est généralement valable au Québec.

Comment transférer des fonds reçus en héritage de l'étranger ?

Les transferts internationaux peuvent être soumis à des règles de change, de fiscalité, et de déclaration. Consulter la banque réceptrice et un fiscaliste pour les obligations déclaratives.

En résumé

Trois points :

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Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.