Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en Belgique 2026, qui couvre les étapes après un décès : démarches, organismes, délais, fiscalité.

Vous venez de perdre un proche qui vivait seul, en location, et voilà qu'il faut penser à ce logement vide, à ce bail qui continue, à ce bailleur à prévenir. Au milieu de la peine, cette question paraît presque indécente. Pourtant elle a son importance, parce qu'en Belgique le bail ne s'arrête pas tout seul au décès, et les loyers continuent de courir tant que rien n'est fait. Je vais vous expliquer doucement comment ça marche, selon la région où vivait votre proche, pour que vous sachiez quoi faire et dans quel ordre.

Ce qu'il faut comprendre d'abord

En Belgique, contrairement à la France, le décès du locataire ne met pas fin au bail automatiquement. C'est ce que rappellent notaire.be et Droits Quotidiens.

Concrètement, le bail continue après le décès, et ce sont les héritiers qui reprennent les obligations du locataire, dont le loyer. Mais les règles précises changent selon la région et selon que votre proche vivait seul ou avec quelqu'un. Reprenons chaque cas.

Les règles changent selon la région

En Wallonie

D'après logement.wallonie.be, décès bailleur/preneur, le bail prend fin de date à date, trois mois après le décès du locataire. Il est résilié de plein droit à ce terme, sauf si le conjoint marié, le cohabitant légal survivant, ou toute autre personne ayant signé le contrat décide de continuer le bail.

Pour un proche qui vivait seul en Wallonie, cela veut dire :

À Bruxelles

D'après Droits Quotidiens, bail Bruxelles décès, le bail prend fin sous deux conditions réunies : aucun membre du ménage du défunt n'occupe le logement, et les loyers et charges ne sont pas payés pendant deux mois après le décès.

Pour un proche qui vivait seul à Bruxelles, cela donne :

En Flandre

Les règles ressemblent à celles de la Wallonie, avec une résiliation possible trois mois après le décès. Le décret flamand sur le logement vient compléter le Code civil belge. Pour le détail de votre situation, le mieux est de vous renseigner auprès de la commune ou du Service des Logements Sociaux flamand.

Quand un conjoint ou un cohabitant légal reste sur place

Si votre proche ne vivait pas tout à fait seul, la règle est plus douce. Droits Quotidiens et notaire.be le formulent ainsi : l'époux ou le cohabitant légal du locataire décédé reste titulaire du bail, même s'il n'a jamais signé le contrat.

Donc :

Le cohabitant de fait, lui, n'est pas dans le même cas. Quand deux personnes vivaient ensemble sans s'être enregistrées à la commune, il n'y a pas de transfert automatique du bail, ni en Wallonie ni à Bruxelles. La solution, alors, c'est de négocier un nouveau bail à son nom avec le bailleur. C'est souvent accepté quand la personne est solvable et qu'elle vivait là depuis longtemps.

Les démarches, dans l'ordre

Prévenir le bailleur

Un appel d'abord, puis un courrier recommandé accompagné de l'acte de décès. Dites-lui clairement si votre proche vivait seul ou non, et ce que vous comptez faire du logement.

Décider du sort du bail

Selon la région, vous avez le choix de conserver le logement et de payer les trois mois en Wallonie (ou d'attendre les deux mois d'impayés à Bruxelles), de donner congé selon les règles légales, ou de trouver un terrain d'entente avec le bailleur.

Donner le préavis

Le délai est en général de trois mois, comme pour un locataire vivant. Cela se fait par lettre recommandée à l'adresse du bailleur. Pendant ce préavis, les trois mois de loyer restent dus, sauf si le bailleur accepte de les réduire.

Faire l'état des lieux de sortie

On compare avec l'état des lieux d'entrée, on note les éventuelles dégradations, et on signe le document des deux côtés.

Récupérer la garantie locative

Elle est restituée dans les 30 à 60 jours après la remise des clés, et versée sur le compte de la succession ou de l'héritier qui s'en occupe.

Ce que cela coûte à la succession

Les loyers et charges dépendent de la région. En Wallonie, trois mois sont automatiquement dus quand le défunt vivait seul. À Bruxelles, tout dépend de ce que vous décidez : résilier ou laisser passer les deux mois d'impayés. Si vous donnez un préavis classique, comptez trois mois supplémentaires en cas de résiliation amiable.

Au total, il faut souvent prévoir entre trois et six mois de loyer à la charge de la succession après le décès, plus les charges, les taxes et d'éventuelles régularisations.

Tout n'est pas figé pour autant. Une négociation amiable avec le bailleur reste possible, et s'il retrouve vite un nouveau locataire, il peut accepter de mettre fin au bail avant le terme.

Quelques situations particulières

Le logement social suit une procédure propre, à mener auprès du SLRB à Bruxelles, de la SWL en Wallonie ou de la VMSW en Flandre. Le transfert au conjoint ou au cohabitant reste possible sous conditions, et il faut prévenir vite le bailleur social.

Le bail commercial obéit à d'autres règles, fixées notamment par l'article 1742 du Code civil belge. Le transfert aux héritiers est envisageable, avec une procédure qui varie selon le secteur.

Il arrive aussi qu'un proche entré en maison de repos ait gardé son logement loué, au cas où. Là, il faut le libérer et le restituer, sachant que les loyers continuent normalement de courir entre-temps.

Enfin, la garantie locative peut prendre plusieurs formes : un compte bancaire bloqué, la caution personnelle d'un proche, ou une caution de l'État via le CPAS. Elle est rendue après un état des lieux de sortie conforme, et peut être partiellement retenue en cas de dégâts ou d'arriérés.

Questions fréquentes

Mon père vivait seul en location à Liège. Combien de loyers dois-je payer ?

Trois mois au minimum. En Wallonie, le bail est résilié de plein droit trois mois après le décès. Vous pouvez toujours discuter avec le bailleur pour raccourcir ce délai si le logement peut être reloué plus tôt.

Mon parent vivait seul à Bruxelles. Le bail continue-t-il ?

En théorie oui, jusqu'à ce que les loyers ne soient pas payés pendant deux mois. En pratique, mieux vaut résilier vite par un préavis, en général de trois mois, pour limiter les frais.

J'habitais avec ma mère décédée à Charleroi. Puis-je garder le bail ?

Si vous étiez son conjoint marié ou son cohabitant légal enregistré, oui, automatiquement. Si vous viviez ensemble sans enregistrement (cohabitant de fait), ce n'est pas automatique, mais vous pouvez négocier un nouveau bail avec le bailleur.

Le bailleur peut-il m'obliger à payer les trois mois de loyer ?

En Wallonie, oui : la résiliation de plein droit après trois mois est prévue par la loi, et ces loyers sont dus par la succession. Une réduction n'est possible que par accord amiable avec le bailleur.

Comment récupérer la garantie locative bloquée à la banque ?

Présentez à la banque qui détient le compte bloqué l'acte de décès, le certificat d'hérédité, l'état des lieux de sortie conforme et le RIB de la succession ou de l'héritier qui s'en occupe.

En résumé

  1. En Belgique, le bail ne se résilie pas tout seul au décès, contrairement à la France.
  2. En Wallonie, résiliation de plein droit trois mois après le décès quand le défunt vivait seul.
  3. À Bruxelles, résiliation possible si le logement n'est plus occupé et que les loyers restent impayés deux mois.
  4. Le conjoint marié ou le cohabitant légal continue le bail automatiquement.
  5. Le cohabitant de fait n'a pas de transfert automatique : il négocie avec le bailleur.
  6. Pour la succession, il faut souvent prévoir entre trois et six mois de loyer.
  7. La garantie locative est restituée 30 à 60 jours après l'état des lieux de sortie.

Voir aussi : Logement et bail du défunt en Belgique, guide complet sur les démarches logement BE.

Pour aller plus loin

→ Vue d'ensemble : toutes les démarches après un décès

Sources officielles à consulter

  • belgium.be · portail officiel des autorités belges
  • finances.belgium.be · déclaration de succession et avoirs dormants (MyMinfin)
  • socialsecurity.be · sécurité sociale et démarches après un décès
  • sfpd.fgov.be · pension de survie et indemnité de funérailles (Service fédéral des Pensions)
  • notaire.be · succession, certificat d'hérédité et déblocage des comptes
Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.