En France, le don d'organes repose sur le consentement présumé : toute personne est considérée comme donneuse à son décès, sauf si elle a exprimé son refus de son vivant. Pour refuser, on s'inscrit sur le registre national des refus géré par l'Agence de la biomédecine. Pour confirmer son accord, on le dit à ses proches et l'on peut porter une carte de donneur. Dans tous les cas, l'équipe médicale consulte les proches : leur parler de son choix est essentiel.
Prendre le temps de se positionner sur le don d'organes, c'est déjà une attention que l'on porte à ses proches. C'est un de ces sujets que l'on remet volontiers à plus tard, et pourtant, en France, ne rien faire est déjà un choix : la loi considère chacun comme donneur, sauf opposition exprimée de son vivant. Que l'on soit pour, contre ou hésitant, l'essentiel est le même : clarifier sa position et, surtout, la faire connaître à ceux qui seront consultés le moment venu. Ce guide explique le principe, les façons concrètes d'exprimer son choix, et comment en parler sereinement. Les règles citées sont en vigueur en 2026 ; chaque point renvoie à la source officielle.
Le principe en France : le consentement présumé
En France, le don d'organes obéit au principe du consentement présumé. Concrètement, toute personne est considérée comme donneuse d'organes et de tissus à son décès, sauf si elle a exprimé son refus de son vivant. C'est l'inverse d'un système où il faudrait s'inscrire pour donner : ici, on est donneur par défaut, et c'est le refus qui doit être déclaré (Service-public.fr : don d'organes lors du décès ; Agence de la biomédecine : dondorganes.fr).
Ce cadre a une conséquence simple mais importante. Si vous ne souhaitez pas que vos organes soient prélevés, vous devez le faire savoir de manière reconnue. Et si vous êtes favorable au don, vous n'avez aucune formalité obligatoire à accomplir, mais il reste capital de le dire à votre entourage. Dans les deux cas, exprimer son choix de son vivant épargne à ses proches le doute au pire moment.
Les façons d'exprimer son choix
Il existe trois situations selon votre position. Voici, pour chacune, ce qui compte réellement.
Si vous êtes pour : le dire à vos proches (et la carte de donneur)
Puisque le don est présumé, il n'existe pas de registre des « pour » : vous n'avez aucune démarche administrative à accomplir pour être donneur. Le geste le plus utile est de dire clairement à vos proches que vous êtes favorable au don. Ce sont eux qui, au moment du décès, témoigneront de votre position auprès de l'équipe médicale.
Vous pouvez aussi porter une carte de donneur. Une nuance compte toutefois : cette carte n'a pas de valeur juridique et ne suffit pas à elle seule à prouver votre volonté (Agence de la biomédecine). Elle est un signe utile, un point de départ pour la conversation, mais elle ne remplace pas le fait d'en avoir parlé autour de soi.
Si vous êtes contre : le registre national des refus
Pour s'opposer au prélèvement, le moyen principal et le plus sûr est de s'inscrire sur le registre national des refus, géré par l'Agence de la biomédecine. L'inscription se fait en ligne (sur registrenationaldesrefus.fr) ou par courrier, et elle est possible dès l'âge de 13 ans. Elle peut être modifiée ou annulée à tout moment (Service-public.fr : inscription au registre national des refus).
Deux autres moyens permettent aussi d'exprimer un refus reconnu : un écrit daté et signé confié à un proche, ou une opposition orale transmise à ses proches, qui devront alors en consigner les circonstances par écrit (Agence de la biomédecine : exprimer son refus). Le registre reste néanmoins la voie la plus fiable, car l'équipe médicale le consulte systématiquement.
Le rôle décisif des proches
Au moment du décès, l'équipe médicale vérifie d'abord le registre national des refus. Si la personne n'y est pas inscrite, elle recherche ensuite sa position auprès des proches : la personne avait-elle exprimé une opinion, un refus, un accord ? (Service-public.fr). C'est pourquoi, quelle que soit votre position, en avoir parlé à votre entourage est le geste le plus important. Des proches qui connaissent votre choix n'ont pas à décider à votre place : ils transmettent simplement ce que vous aviez déjà décidé.
Don d'organes et don du corps à la science : à ne pas confondre
C'est une confusion très fréquente, et les deux démarches n'ont rien à voir. Le don d'organes vise à prélever des organes ou des tissus pour greffer et soigner d'autres patients ; il relève du consentement présumé décrit plus haut. Le don du corps à la science consiste à léguer son corps entier à une faculté de médecine pour la formation et la recherche, et suppose une inscription écrite et volontaire de son vivant : ce n'est jamais automatique.
Autrement dit, être présumé donneur d'organes ne fait pas de vous un donneur de corps à la science, et inversement. Si ce second sujet vous intéresse, c'est une décision distincte à anticiper séparément. Le don d'organes, lui, peut aussi être abordé du point de vue des proches : voir notre article sur le don d'organes au moment du décès, qui détaille la démarche côté famille.
Comment en parler à ses proches sereinement
Aborder le don d'organes en famille intimide souvent. On craint de plomber l'ambiance ou de heurter. Pourtant, dire les choses simplement soulage tout le monde. Quelques repères concrets aident à franchir le pas.
Choisissez un moment calme, sans solennité excessive : une conversation ordinaire vaut mieux qu'un discours grave. Formulez votre position en une phrase claire, « j'ai réfléchi, je suis pour » ou « je préfère m'y opposer, j'ai déclaré mon refus au registre ». Expliquez, si vous le souhaitez, pourquoi, car comprendre le sens d'un choix aide les proches à le porter sans hésiter le jour venu.
Vous pouvez aussi consigner votre position par écrit, au sein de vos volontés plus générales. Cela ne remplace ni le registre des refus, ni la parole à l'entourage, mais cela laisse une trace cohérente avec le reste de vos souhaits. Pour cet exercice, voir notre guide pour écrire ses dernières volontés ou, plus largement, préparer ses obsèques de son vivant. L'idée n'est pas de tout régler en une fois, mais d'éviter de laisser un doute à ceux qui resteront. Un proche qui sait n'a pas à interpréter ; il transmet.
Idées reçues sur le don d'organes
Plusieurs croyances découragent à tort de se positionner. Voici ce que rappellent les autorités sanitaires.
- « J'ai passé l'âge ou je suis en mauvaise santé pour donner. » Il n'y a pas d'âge limite a priori : c'est l'équipe médicale qui évalue, au cas par cas, quels organes ou tissus peuvent être prélevés (Agence de la biomédecine). Se déclarer défavorable pour cette raison n'a pas lieu d'être.
- « On pourrait vendre mes organes. » Le don est strictement gratuit et anonyme : aucune contrepartie financière n'existe, et l'identité du donneur comme du receveur reste protégée (Agence de la biomédecine).
- « Le corps serait abîmé. » Le prélèvement est un acte chirurgical encadré, réalisé dans le respect du corps, qui est restitué à la famille pour les obsèques (Agence de la biomédecine).
- « Ma famille pourra décider à ma place. » Non : les proches ne décident pas, ils témoignent de votre position. D'où l'intérêt de la leur avoir clairement exprimée.
Connaître ces points permet de choisir en confiance, sans crainte infondée, dans un sens comme dans l'autre.
Questions fréquentes
Sommes-nous tous donneurs d'organes en France ?
Oui, par principe. La loi française repose sur le consentement présumé : toute personne est considérée comme donneuse à son décès, sauf si elle a exprimé son refus de son vivant. Ce refus doit être enregistré ou connu pour être pris en compte (Service-public.fr ; Agence de la biomédecine).
Comment dire de son vivant que l'on refuse le don d'organes ?
Le moyen principal est l'inscription sur le registre national des refus, géré par l'Agence de la biomédecine, possible en ligne ou par courrier dès 13 ans, et modifiable à tout moment. On peut aussi exprimer son refus par un écrit daté et signé confié à un proche, ou le dire à ses proches qui en témoigneront (Service-public.fr : registre national des refus).
Comment faire savoir que l'on est favorable au don ?
Il n'existe pas de registre des « pour », puisque le don est présumé. Le plus important est d'en parler clairement à ses proches, car l'équipe médicale les consulte au moment du décès. Porter une carte de donneur peut aider, mais elle n'a pas de valeur juridique : la parole donnée à l'entourage prime (Agence de la biomédecine).
Le don d'organes et le don du corps à la science sont-ils la même chose ?
Non. Le don d'organes vise à greffer des organes ou tissus pour soigner des patients ; il relève du consentement présumé. Le don du corps à la science consiste à léguer son corps à une faculté de médecine pour la formation et la recherche, et nécessite une inscription écrite de son vivant. Ce sont deux démarches distinctes à anticiper séparément (Agence de la biomédecine).
Décider de donner ou non ses organes est un choix personnel, et aucune position n'est « la bonne » : ce qui compte, c'est de la clarifier et d'en parler à ses proches, pour qu'aucun doute ne pèse sur eux le moment venu. Prendre les devants sur ces questions, au milieu d'autres décisions de prévoyance, n'est pas toujours simple. HelloMathilde vous aide à savoir quelles volontés clarifier et dans quel ordre, en vous orientant toujours vers la source officielle, avec une trace claire de vos choix.
Pour aller plus loin
- Faire don des organes après un décès : démarches et limites légales
- Écrire ses dernières volontés (obsèques) : modèle et que mettre dedans
- Préparer ses obsèques de son vivant : tout choisir, tout payer
- Faire le deuil de son parent : avancer à votre rythme
Sources officielles à consulter
- service-public.gouv.fr · portail officiel de l'administration française
- impots.gouv.fr · déclaration de succession, droits de succession, revenus du défunt
- ameli.fr · capital décès Sécurité sociale et droits des ayants droit
- info-retraite.fr · pension de réversion, tous régimes
- adsn.notaires.fr · fichier central des dispositions de dernières volontés