Perdre un frère ou une soeur, c'est perdre la personne qui a connu votre enfance, vos parents au même âge, les histoires que personne d'autre ne raconte pareil. Et souvent, autour de vous, on s'inquiète d'abord pour les parents, pour le conjoint. Votre peine, elle, reste un peu sur le côté. Je voulais commencer par vous le dire clairement : votre douleur est légitime, et vous avez le droit de prendre votre place. Je reste à vos côtés pour le reste, doucement.

L'essentiel en 3 points

Quand le chagrin n'a pas de place réservée

Il y a quelque chose de particulier dans le deuil d'un frère ou d'une soeur. La relation fraternelle est l'une des plus longues d'une vie. Elle traverse l'enfance, les parents, parfois des décennies. Et pourtant, au moment du décès, l'attention se porte souvent ailleurs : sur le conjoint, sur les enfants, sur les parents. Vous, vous restez en marge.

À cette perte peut s'ajouter une forme de double peine. Le sentiment d'être moins légitime à exprimer votre douleur. La difficulté, aussi, de voir vos parents absorbés par leur propre deuil, parfois en train d'idéaliser celui ou celle qui est parti. Si vous ressentez cela, sachez que vous n'êtes pas sans soutien, et que ce n'est pas de la jalousie. C'est un chagrin qui cherche simplement un endroit où exister.

Prenez le temps qu'il vous faut. Vous pouvez tout à fait avancer dans les démarches tout en vous autorisant à vous arrêter, à pleurer, à parler. Les deux ne s'opposent pas.

Les premières démarches, sans vous noyer

Dans les tout premiers jours, il y a des gestes concrets à poser. Obtenir l'acte de décès, prévenir les bons organismes, organiser les obsèques. Selon les circonstances, ce n'est pas vous qui êtes en première ligne : si le défunt avait un conjoint ou des enfants, ce sont souvent eux qui mènent ces démarches. Mais il arrive que ce soit vous, surtout si votre frère ou votre soeur vivait seul.

Si vous êtes celui ou celle qui s'en occupe, je vous ai préparé un fil clair pour ne rien oublier dans les premiers gestes des 24-48 heures. Vous aurez besoin de l'acte de décès très vite : c'est le document qui ouvre presque toutes les autres portes. Et pour avoir une vue d'ensemble du chemin, que faire après le décès d'un proche vous donne le panorama complet, étape par étape.

La succession entre frères et soeurs

C'est une question qui revient souvent, et qui peut surprendre. En droit français, les héritiers sont classés en quatre ordres, et chaque ordre exclut le suivant. Les frères et soeurs appartiennent au deuxième ordre, aux côtés des parents. Concrètement, cela veut dire que vous n'héritez de votre frère ou de votre soeur que s'il ou elle n'avait pas de descendants : pas d'enfants, pas de petits-enfants. S'il y a des enfants, ce sont eux qui héritent.

Quand le défunt n'avait ni enfant ni conjoint, la répartition dépend de ses parents.

Si les deux parents sont vivants, la succession se partage ainsi : un quart pour chacun des parents, soit la moitié au total, et l'autre moitié pour les frères et soeurs ou leurs descendants.

Si un seul parent survit, ce parent reçoit un quart, et les frères et soeurs ou leurs descendants reçoivent les trois quarts.

Si les deux parents sont décédés, les frères et soeurs recueillent la totalité de la succession, partagée en parts égales entre eux.

À noter : les parents disposent d'un droit de retour. Ils peuvent reprendre les biens qu'ils avaient donnés à leur enfant de son vivant. Et si votre frère ou votre soeur ne laissait aucun descendant, aucun frère ou soeur, ni neveu ou nièce, ce sont les parents qui héritent, chacun pour moitié.

Demi-frères, demi-soeurs et neveux

Deux précisions qui comptent, parce qu'elles touchent souvent les familles recomposées et les fratries marquées par un deuil ancien.

Les demi-frères et demi-soeurs ont exactement les mêmes droits que les frères et soeurs dans la succession. Le lien de demi-sang ne réduit rien.

Et la représentation joue en faveur des neveux et nièces. Si l'un de vos frères ou l'une de vos soeurs est décédé avant le défunt, ses enfants viennent recueillir sa part. Ils prennent sa place dans le partage.

Les droits de succession à connaître

Hériter d'un frère ou d'une soeur, ce n'est pas la même fiscalité qu'hériter d'un parent. Les droits sont plus élevés, et il vaut mieux le savoir à l'avance pour ne pas être pris au dépourvu.

L'abattement applicable sur la part reçue entre frères et soeurs est de 15 932 €. Au-delà, le barème est de 35 % jusqu'à 24 430 € après abattement, puis 45 % au-delà.

Il existe cependant une exonération totale, dans une situation précise. Un frère ou une soeur peut être totalement exonéré de droits de succession s'il ou elle remplit trois conditions en même temps au moment du décès : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité ne permettant pas de travailler ; et avoir vécu de façon constante avec le défunt durant les cinq années précédant son décès.

Si une partie de cet argent vous revient, je vous aide aussi à ne rien laisser de côté. Certaines sommes dorment, oubliées, et personne ne pense à les réclamer. Je vous explique tout dans récupérer l'argent d'un proche décédé.

Questions fréquentes

Hérite-t-on toujours de son frère ou de sa soeur ?

Non. Frères et soeurs n'héritent que si le défunt n'avait pas de descendants, c'est-à-dire ni enfants ni petits-enfants. S'il y a des enfants, ce sont eux qui héritent en premier. La présence ou non des parents du défunt change ensuite la répartition de votre part.

Les demi-frères et demi-soeurs ont-ils les mêmes droits ?

Oui. Les demi-frères et demi-soeurs ont exactement les mêmes droits que les frères et soeurs dans la succession. Le fait de partager un seul parent ne diminue en rien leurs droits.

Que se passe-t-il si un frère ou une soeur est décédé avant ?

C'est la représentation qui s'applique. Les enfants du frère ou de la soeur décédé avant le défunt, c'est-à-dire ses neveux et nièces, viennent recueillir sa part. Ils prennent sa place dans le partage de la succession.

Comment exprimer un deuil que personne ne semble voir ?

Le deuil fraternel est souvent peu reconnu, parce que l'attention se porte sur le conjoint, les enfants ou les parents. Votre douleur reste pourtant entière. Autorisez-vous à en parler à une personne de confiance, et n'attendez pas qu'on vous donne la permission de pleurer. Vous l'avez déjà.

Pour aller plus loin

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.